LES LIBERAUX ET M. DE MARTIGX'AC
Quoiqu'il en soil, i'accord n'ayant pu se faire dans les commissions, le débat vint à la tribune sur la question de priorité entre les deux lois. Au rote, on vit, par une manœuvre inattendue , une partie de la droite se joindre à la gauche et infliger ainsi un premier échec au ministère. « Je me rappelle, dit AI. Dupin dans ses Mémoires , la sensation étouffée que produisit sur nous cette coïncidence des deux ailes de l'Assemblée se levant à la fois, pour obtenir un vote qui contrariait le ministère et qui malheureusement allait compromettre son existence. Il y eut dans les centres un bruit sourd , quelque chose de semblable à un navire qui sombre. >>
Si fâcheux que fût ce vote, le fond de la question n'était pas atteint. Il était encore temps pour les libéraux de s'arrêter. La conduite de l'extrême droite , les cris de joie de la presse ultra-royaliste étaient bien faits pour leur montrer quels desseins ils avaient servis. Personne ne pouvait se faire désormais illusion sur la portée et les conséquences du conflit. Les délais qui séparaient les diverses phases de la discussion donnaient d'ailleurs tout le loisir de la réflexion et le temps du repentir. M. Royer- Collard conseillait de transiger. Il voyait avec tristesse et regret la voie où s'engageait l'opposition. M. Dupin, rendant comj)te dans ses Mémoires d'une conférence tenue chez M. Royer, où le général Sébastian i avait développé son plan de campagne, dépeint ainsi l'at-