G LE DEUXIER COM'LIT
pourra plus fermer los yeux; les niais ne pourront plus égarer l'opinion ; les ambitieux de notre bord n'en tireront plus parti à leur profit, et tous les mécomptes, toutes les haines nous serviront, ou du moins serviront au triomphe de la cause populaire. Telle est mon espérance. Ma crainte, c'est que la peur ne prenne ceux qui nous épouvantent. Car il n'y a guère d'hommes forts dans aucun parti. Quant au nôtre , il me paraît bien ridicule depuis plusieurs années. Je ne répondrais pas qu'à la première occasion, si elle se présentait bientôt, les mêmes sottises ne recommençassent.
Quoi de plus significatif, par e.xemple, que le changement à vue qui se produit autour de La Fayette ? Malgré les manifestations qui avaient signalé son retour d'Amérique , il était toujours demeuré un peu à l'écart, sous le coup des mésaventures de sa politique conspiratrice. .\ la fin de la session, il avait quitté Paris pour se rendre en Auvergne, et n'avait rencontré, sur son passage, qu'un accueil assez froid. Mais il est rejoint sur sa roule par la nouvelle de la nomination de M. de Polignac. Aussitôt dans chaque ville, au Puy, à Grenoble, à Lyon , il reçoit des ovations de plus en plus retentissantes. Il reprend son vieux rôle, et se remet à parler en chef d'opposition. Il promet que « la Chambre des députés, à laquelle on a reproché quelques lenteurs dans les améliorations libérales, recouvrera , ainsi que la nation , toute l'énergie nécessaire pour réprimer les complots contre les