ES, VAL
brosse les vieilles défroques, on réveille les grands morts, Avec de la fanfare,des pièces Pyrotechniques, un peu de whi “key et beaucoup de promesses, on parvient quelquefois, Pour me sc ‘ir d'une expression de Doliticiens, “À trouver l'âme du peuple et lui faire rendre un verdict sage et éclairé.” Quand le peuple revint à ses sens, il se dégoûte. .. et il recommence,
Non, la vérité, c'est que le pays a progressé malgré Jos partis politiques. Ouvrez les annales du Canada depuis cinquante ans, au hasard et quel que soit le parti au pouvoir, qu'est-ce que vous constatez? Le gouvernement construit un chemin de fer, achète un chemin de fer, vend un chemin de fer ou défait un chemin de fer, Il remanie le tarif apparemment pour le bénéfice du consommateur et du prolétaire mais en faisant du genou au manufacturier et des œillades à la haute finance. Celui qui est ministre des finances accomplit sa besogne en faisant des tours de Passe-passe avec le budget. Sa tâche principale consiste à faire oublier les obligations réelles en exhibant des surplus apparents. Il est entendu que tout nouvel impôt est créé pour expier les fautes des prédécesseurs. On pose des pierres angulaires, on prononce des discours, on organise des banquets. On mange beaucoup. On parle davantage, On fait des travaux publics dans les comtés restés fidèles et on donne des contrats aux amis. Les immigrants crottés, les indésirables des autres pays, on les fait passer au salon et on a pour eux beaucoup d'égards. Le véiitable colon canadien, celui qui repousse la forêt Pour y fonder des familles, celui-là, une fois tous les cinq ans, on reconnaît publiquement ses qualités et son Courage en échange de son bulletin de vote.
Voilà ce qu’on est convenu d’appeler la politique progressive. Grossir, toujours grossir. Vous voulez que le peuple grandisse, se Perfectionne, devienne meilleur, plus tolérant, plus éclairé; vous voulez dans cet agrégat cosmopolite créer l'unité nationale? Vous Vous trompez d'adresse. Je vois les ministres de tous les temps et de tous les régimes se lever les uns après les autres et vous répondre en haussant les épaules: “Ah, cela ne relève pas de mon département.”
L'opposition, elle, vit toujours dans la crainte que le gouvernement fasse quelque chose de bien. Une crreur, une faute, que dis-je, un crime de la part des Bouvernants fait toujours naître un sourire plein d’espoir sur la figure de la loyale opposition de Sa Majesté.
La gauche découvre les scandales, la droite en produit. La défense classique est toujours: “Quand vous étiez au pouvoir, vous
étiez pire que nous.” Quand le publie commence à être écœuré ou quand la réputation d’un politicien de renom commence à être un peu usagée, on institue des buanderies officielles et qu'il s'agisse d’un rouge maculé ou d’un bleu éclaboussé, on: peut être certain qu’il sortira blanc comme neige; il n’y a pas une tache qui résiste à la lessive d’une commission d'enquête,
Voilà une vue d'ensemble de Va re grandiose des partis politiques dans notre pays. Trois hourral.s.