‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 24 sur 101 · Ibid., an IX, série M · texte numérisé non relu

Ibid., an IX, série M

Les ADMIiNTSTRATEURS DU DÉPARTEMENT ET DE l'arRONDISSEMENT 11

ministre de la police générale de correspondre directement avec tous les préfets des départements de la Belgique jusqu'au Rhin pour la surveillance, soit des individus, soit des exportations de grains à destination de la côte anglaise ^ . Rien ne permettait donc de prévoir la disgrâce qui devait atteindre, en l'an XI, le premier préfet du Pas-de-Calais et amener son remplacement.

Quelles en peuvent être les causes? Le Premier Consul adresse à Poitevin-Maissemy deux reproches : 1" la conscription militaire a été mal opérée dans le département du Pas-de- Calais et des plaintes ont été formulées par le général qui commande la division ; 2'' l'évêque d'Arras et le préfet ne présentent plus « cette harmonie sans laquelle les grandes mesures sur le culte restent sans effet - ». Et c'est ce dernier grief qui, dans l'esprit de Bonaparte, est le plus important; Poitevin-Maissemy rapporte en effet que le Premier Consul aurait dit de lui : « C'est un bon administrateur, mais un philosophe opposé au rétablissement du culte; je le placerai dans le corps diplomatique », Le mot est piquant. Bonaparte n'aime guère et poursuivra de sa haine tenace les « idéologues » aux rêves creux ; le scepticisme railleur du xvm^ siècle, le voltairianisme l'inquiète et l'irrite, non par conviction personnelle bien sérieuse, mais peut-être parce que celui qui ose railler les choses divines n'éprouve aucun scrupule à rire de l'autorité d'un Premier Consul ou d'un Empereur. En aucun temps le titre de « philosophe » n'est une recommandation à ses yeux, mais les idées à la mode du xviii*' siècle lui sont particulièrement antipathiques quand elles viennent contrecarrer l'établissement du Concordat; cette œuvre de pacification religieuse et d'habile subordination de l'Eglise à l'Etat lui est chère et il est prêt à briser toutes les résistances, aussi bien anticléricales qu'ultramontaines. Poitevin-Maissemy devait en faire l'épreuve à ses dépens. Dans un mémoire jus-

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