Archives nationales, Pi'' I
LES ADMINISTRATEURS DU DÉPARTEMENT ET DE l' ARRONDISSEMENT 21
au service le 7 mars 1762 en qualité de gendarme du Roi ; le 11 mars 1771, il était nommé sous-lieutenant au régiment Royal-Polog-ne-Cavalerie et capitaine dans le même corps, le 24 mars 1774. Promu major au régiment Royal-Normandie- Cavalerie, le 9 février 1784, il recevait la croix de chevalier de Saint-Louis le 27 avril 1785 et était fait lieutenant-colonel du même régiment le 17 mai 1789 ; il se trouvait à la tête de ce corps de cavalerie lors de l'affaire de Nancy en 1790. Colonel le 25 juillet 1791, il prenait part à la campagne de 1792 et au siège de Longw^y ; général de brigade le 15 mai 1793, il était admis peu après à la retraite pour infirmités contractées au bivouac pendant l'hiver de 1792-1793, avec une pension de 2.261 livres 17 sols que lui accordait le conseil exécutif provisoire. Dans le département de l'Oise, où il s'était retiré, il était élu le 13 brumaire an III maire de Beauvais, le 19 brumaire an IV président de la municipalité et le 10 prairial an VIII de nouveau maire de Beauvais*.
Par son passé, La Chaise a donc beaucoup de points de ressemblance avec Poitevin-Maissemy ; c'est un homme de l'ancien régime, libéral, qui, tout en repoussant les excès de la Révolution et en s'abstenant d'y prendre part, en a accepté avec joie les réformes ; il incarne en quelque sorte l'opinion moyenne de la nation, celle sur laquelle s'appuie le gouvernement consulaire ; il marque le trait d'union entre le régime issu du coup d'État du 18 brumaire et la monarchie de Louis XVI en passant par l'Assemblée législative et l'Assemblée constituante. Toutefois, il ne faut pas oublier que La Chaise est un ancien soldat. Son admiration personnelle pour Napoléon Bonaparte, son enthousiasme, son zèle se ressentiront de son passé militaire ; il dirigera sa préfecture un peu comme il commanderait son régiment : par ce côté, il différera de son prédécesseur et nous apparaîtra bien comme le type classique du préfet de l'Empire '.