Archives nationales, F^H
2. La Chaise ne fut pas le seul générale qui Bonaparte confia une préfecture;
Sans insister sur les détails de son installation (24 germinal an XI-18 mars 1803), passons tout de suite à ses actes. L'une des premières préoccupations du préfet doit être de s'assurer une demeure. Poitevin-Maissemy avait song-é à acquérir l'ancien évêché, vendu comme bien national avec le cloître et la cathédrale, le 1"'" janvier 1799; il en avait offert un loyer annuel de 2.000 francs, mais ce n'était là qu'une mesure provisoire ; l'état des finances ne permettait pas une acquisition, on avait donc examiné la possibilité d'un échange. La Chaise termine les négociations commencées par son prédécesseur et, le 11 prairial an XII, par acte passé devant notaire, le préfet échange avec le sieur Roland, négociant à Amsterdam, les bâtiments du conseil d'Artois, une autre maison à Arras et des terres dans le département, le tout estimé 35.000 francs, contre les bâtiments de l'ancien évêché d'Arras^.
Trois bureaux à la préfecture se partagent les affaires principales : le premier bureau, intérieur, police et travaux publics, a dans ses attributions toutes celles du ministère de l'intérieur, sauf les octrois, les dépenses administratives et des communes ; le second bureau est dit des contributions et de la comptabilité ; le troisième est celui des domaines nationaux et de la liquidation. Une statistique, qui ne concerne que les actes préfectoraux émanés du premier bureau, nous donne une idée de l'activité du préfet de La Chaise pendant les premières années de son séjour à Arras : ce seul bureau a rédigé et transmis, du second trimestre de l'an XII au premier trimestre de l'an XIII, 6673 arrêtés, lettres et circulaires (soit 1433 arrêtés, 77 circulaires, 5163 lettres) ; on peut par conséquent évaluer au minimum à 20.000 le nombre des actes préfectoraux de l'an XII!
Un grand nombre de ces arrêtés et de ces mesures ont pour but d'assurer la sécurité publique. Le premier moyen est de
Citons entre autres Ferrand, préfet de la Meuse-Inférieure , Pommereul tour à tour préfet dans llndre-et-Loire et le Nord, Jullien de Bidon dans le Morbihan, Serviez dans les Basses-Pyrénées, etc. J, Archives départen^entales cIm P^s-ctç-G^l^is, N, hôtel dçla préfecture.
diminuer, sinon de supprimer complètement la mendicité ; un arrêté, en date du 2i brumaire an XIII, l'interdit dans toute l'étendue du département ; mais on ne guérit pas les maux en les interdisant, il s'agit d'en trouver le remède. Une circulaire préfectorale du 4 janvier 1809 est relative aux mesures à prendre contre les mendiants vagabonds; elle prescrit d'établir le dénombrement des mendiants du département, l'état des ressources des familles pauvres ' . Par l'arrêté organique des bureaux de bienfaisance (26 ventôse an XI), un bureau central est créé dans chaque arrondissement, un bureau par arrondissement de justice de paix et un bureau auxiliaire dans chaque commune ^ ; un autre arrêté, le 1*"" thermidor an XIII, réglemente les secours à domicile 3. En outre, le préfet remet en activité le 8 ventôse an XII le Mont-de-piété d'Arras et en confie l'administration à la commission administrative des hospices de cette ville ^.
Les incendies, dus à la malveillance ou à la négligence, étaient très fréquents dans les campagnes : un règlement préfectoral du 18 vendémiaire an XIII s'efforce de les prévenir par de sages précautions ^. Le préfet ordonne la visite des fours et des cheminées ; plus tard, il publie une circulaire où il expose le danger qu'offre le chaume, auquel il recommande de substituer des toitures en terre battue mélangée de cendre ; le 23 janvier 1808, il prescrit l'emploi des lanternes fermées avec soin et interdit de fumer dans les cours et dans les rues 6. Ailleurs, il réclame un service de surveillance nocturne par la garde nationale pour mettre à exécution un arrêté du 18 vendémiaire an XIII '^. Les vols, particulièrement dans les églises, se multipliaient; aussi le préfet demande (l*"" juillet 1808)