Archives nationales, Pi
4. Gayant, fils dun maçon et devenu architecte, fut chargé de faire le rapport sur la solidité de la cathédrale d'Arras, et conclut à sa démolition. En toutes circonstances, il se montra jacobin farouche. Après sa révocation du conseil de préfecture, il devint architecte de la ville d'Ai-ras. Riche propriétaire de biens nationaux dans le district de Boulogne et très avare, il mourut fou en 1834.
LES ADMINISTRATEURS DU DÉPARTEMENT ET DE l'aRRONDISSEMENT 43
naître la raison ^ Le 24 mars 1808, Gardon de Montigny, auquel le préfet de La Chaise dit « qu'il doit passer rapidement par ces fonctions pour arriver à celles dont il est encore plus susceptible par son âge et par tous ses moyens », succède à Demohr ~. Lorsque fut créé le poste de sous-préfet de l'arrondissement d'Arras (cette sous-préfecture n'exista que de 1811 à 1817), Cardon de Montigny en fut le premier titulaire, de 1811 à 1814. Il avait obtenu sa nomination parla recommandation du Maréchal Ney, parce qu'il était parent de la duchesse d'Elchingen ^.
1. Arch. dép., M. Conseil de préfecture. Personnel. Voici la lettre de Masclet : « C'est avec bien du regret que je me vois forcé de vous dénoncer une bassesse, qui ressemble beaucoup à une escroquerie, dont un de vos conseillers de préfecture vient de flétrir l'honneur de l'administration. Le citoyen Demohr, qui s'est établi faiseur d'afl'aires près de la préfecture, comme il y en a malheureusement trop, a, comme tant d'autres, répandu avec profusion ses circulaires, et avec profusion fait ses offres de services à qui pouvait avoir des afl'aires à suivre, des sollicitations à appuyer et surtout de l'argent à recevoir au chef-lieu de la préfecture. Les ex-commissaires du gouvernement ayant un arriéré de traitement à réclameront reçu, en conséquence, l'obligeante circulaire. Le citoyen llalgout, officier de santé à Boulogne, et héritier du commissaire du gouvernement Sauzay, a été invité à vouloir bien confier ses intérêts au citoyen Demohr, qui n'a pas manqué de faire valoir, comme titre de garantie et de préférence, celui de conseiller de préfecture.
« Les deux citoyens Halgout, l'un comme héritier du commissaire Sauzai, et l'autre comme ex-commissaire du gouvernement, ont reçu dernièrement comme arriéré de traitement divers mandats de la préfecture, montant à une somme de 657 francs. Ils se sont empressés de les adresser au conseiller Demohr, qu'ils ont chargé de leur procuration pour en recevoir le montant, en le priant de leur faire passer ces fonds, le plus tôt possible.
« L'ex-commissaire du gouvernement, maire de Marquise, Halgout, ayant recueilli quelque révélation sinistre sur le compte du citoyen Demohr, conçut de l'inquiétude et des soupçons, et courut à Ai'ras pour sauver son argent et celui de son frère. Demohr avait déjà reçu les 657 francs. Il avait, dit-il, chargé sa femme, qui demeure à Guînes, de leur payer cette somme ; il était surpris qu'elle ne l'eût pas encore acquittée, il lui en renouvelait l'ordre dans une lettre qu'il remit au citoyen Halgout.
« Halgout arrive à Guînes, présente sa lettre, on l'ouvre et on lui remet deux reconnaissances qui m'ont été présentées ce matin et dont je vous envoie copies.
« Vous représenterez sans doute au ministre, citoyen Préfet, que sous le gouvernement consulaire, et dans la 10" année de la république, un aventurier charlatan, intriguant, ignare et fripon, dont toute la vie est flétrie par des escroqueries de cette espèce, n'est pas fait pour siéger dans le conseil de préfecture du Pas-de-Calais ».
(Arch. dép. Registre I de correspondance du sous-préfet de Boulogne, fol. 42).