‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 46 sur 101 · Archives dcpai't., série K, Décrets · texte numérisé non relu

Archives dcpai't., série K, Décrets

2. Archives départ., série M. Etat des fonctionnaires dressé par le sous-préfet, lOjuin 1810.

considérable que joua cette cité, sous le Consulat et l'Empire. Sous Merlin-Dubreuil, l'organisation du camp de Boulogne ajoute à l'embarras des affaires locales, le séjour de la Grande Armée nécessite des mesures extraordinaires de police et crée des exigences de voirie. Il faut coopérer, dans une certaine mesure, à la formation du port, au prolongement des jetées et autres grands travaux maritimes '. Les maires suivants n'ont pas une charge moins pesante. Chacun d'eux apporte le plus grand zèle à la soutenir, secondé par un conseil municipal entièrement dévoué aux intérêts de la ville. Le préfet propose en l'an XIII d'accorder une indemnité de 6.000 francs à partager entre le maire et le premier adjoint. Ces magistrats refusent dans les termes les plus dignes, ce dont toute l'assemblée municipale les félicite^.

Plus d'une fois, au cours de la période qui nous occupe, la ville de Boulogne fait sentir à l'administration centrale cet amour de l'autonomie que les Boulonnais ont de date ancienne figé au cœur, et qu'ils manifesteront jusqu'à nos jours. A la suite d'un de ces désaccords comme il s'en produira tant, pendant tout le XIX*' siècle, entre la sous-pré feclure et la mairie, le maire proteste auprès du ministre de l'Intérieur contre une décision qui a révoqué les dispositions qu'il avait prises en vue d'assurer l'exécution d'un arrêté du gouvernement, relatif à la démarcation du territoire de la commune de Boulogne. La lettre du maire se termine ainsi : «. L'administration des préfets et celle des sous-préfets doivent être, il me semble, toutes paternelles, et si un fonctionnaire public mérite des égards et des encouragements, j'ose croire que c'est celui qui, placé dans des circonstances majeures et difficiles, sacrifie gratuitement et avec plaisir son état et son temps au service de son pays. (( Votre Excellence ne verra sans doute rien que de décourageant dans l'arrêté du préfet du département du Pas-de-

1. Voir l'Année boiilonnaise. Ephémérides historiques intéressant le pays boulonnais, par Ernest Deseille, p. 69 et suiv.

2. Archives municipales de Boulogne, série D. Reg. des délibérations, t. VIII, vendémiaire an XIII.

CuAVA.NuN ET S.viisT-Y vEs. — Le Pus-de-Calais de IROO h 1810. 7

Calais qui eût pu, s^il eût cru indispensable d'ajouter aux mesures que j'avais arrêtées, en prescrire de nouvelles sans m'accuser authentiquement et par un arrêté d'avoir commis une inconvenance, sans m'ordonner de retirer les exemplaires de mon arrêté devenu public par la voie de l'impression et de l'affiche, et de faire mention sur les registres de la mairie d'une décision qui l'annule.

« J'ose espérer que Votre Excellence me rendra plus de justice, et qu'elle ordonnera le rapport de mesures aussi sévères qu'elles sont peu méritées.

<( Je terminerai par prendre la liberté de vous observer que mon arrêté se trouvant révoqué, celui du g-ouvernement est resté sans exécution.

« Je prie Votre Excellence d'agréer l'assurance de mon entier dévouement et de mon respect ^ ».

En 1807, le Conseil municipal adresse des représentations à l'Empereur sur le décret du 23 mai qui met à la charge de Boulogne les dépenses du commissariat général de police dans les ports de la Manche-.

Cette attitude fîère n'empêche pas les Boulonnais de témoigner leur admiration et leur attachement pour certains actes du gouvernement et pour le chef de l'Etat. La ville offre à Bonaparte, lors des projets de descente en Angleterre, un bateau canonnier complètement équipé et monté par des Boulonnais 3, outre une bonne part contributive dans les dépenses votées par le département pour la construction du vaisseau Napoléon. Elle fête avec enthousiasme le passage du Premier Consul ou de l'Empereur ettoutes les solennités en son honneur.

Somme toute, Boulogne est une ville bien gouvernée, ce qui est d'autant plus méritoire que, pendant les dix premières années du xix^ siècle, sa vie administrative est particulièrement intense et pleine de difficultés.

1. Arch. munie, de Boulogne, série D. Reg. des délib. 16 vendémiaire an XIII.

Page 1