Archives départ., K. Arrêtés
avec la majorité de ses administrés ; sa correspondance avec l'administration est « souvent indécente » ; il oblige le souspréfet à lui envoyer des piétons extraordinaires. L'adjoint d'Anzin-Saint-Aubin est en insurrection contre le maire, Boubert; il refuse de le reconnaître, ainsi que deux conseillers dont l'un est accusé par lui de vol, et il a fait signifier au maire sa protestation par voie d'huissier, alors que la souspréfecture a de bons renseignements sur le citoyen Boubert et de mauvais sur l'adjoint récalcitrant.
Un arrêté du 23 fructidor an XI suspend de ses fonctions Pierre-François Fournier, adjoint de la commune de Pernes pour avoir, étant agent municipal, vendu à vil prix des matériaux communaux et sans avoir cherché à en obtenir au moins leur réelle valeur ; le même adjoint, faisant fonctions de maire, s'est emparé de pierres pour se construire un pont. Le maire de Bernieules, Boinet, a fait usage de faux bons pour payer des chevaux. Dans la commune de Journy, l'adjoint Charles Delattre se livre à une visite domiciliaire chez le resservant Sauvage avec le garde champêtre et deux individus qui n'ont aucune qualité pour l'accompagner ; il est suspendu de ses fonctions et le garde champêtre remplacé.
Parfois, c'est le Conseil municipal presque entier qui est fautif : sur dix membres du Conseil municipal d'Oisy-le-Verger, six n'assistent jamais aux séances ; ils n'ont pas même répondu à deux lettres par lesquelles le Préfet leur demandait leur démission ; le Préfet arrête le 2 ventôse an XII qu'ils sont démissionnaires et les remplace '.
La correspondance des sous-préfets montre un grand nombre de maires et d'adjoints dont la conduite n'est guère plus satisfaisante que celle des précédents et qui créent de fréquents embarras à l'administration. Vochelle, maire de Wast, trouble la commune, fait des misères à tout le monde, particulièrement aux sœurs de charité ; c'est un ivrogne