‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 86 sur 101 · Id, imprimes · texte numérisé non relu

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5. G. DE Mauteclocque, L'enseignemenl dans le Pas-de-Calais jiisqu en IftO-i, pp. 508-513.

l'instruction publique 207

Si nous essayons de résumer nos observations sur Tinstruction publique de 1800 à 1810, nous sommes amenés à conclure que l'œuvre du gouvernement consulaire et impérial a simplement consisté à restaurer ce qui existait sous l'ancien régime ; les écoles secondaires correspondent aux anciens collèges, elles sont établies dans les mêmes villes et recrutent à peu près les mêmes chiffres d'élèves ; écoles secondaires et écoles primaires sont laissées à l'initiative des départements et des communes ; l'action du pouvoir central en leur faveur est presque nulle ; c'est un simple contrôle. Dans l'enseignement, plus qu'ailleurs peut-être, la Révolution avait accumulé les ruines : Napoléon déblaie ces ruines et, grâce à la stabilité administrative, à la confiance publique, à la sécurité générale, une sorte de résurrection partielle se produit; des établissements, sinon similaires à ceux qui avaient été détruits, du moins organisés d'après des principes presque identiques, dus, comme ceux du xviii^ siècle, à l'initiative, soit communale, soit privée, s'ouvrent de toutes parts : c'est une restauration, ce n'est pas une création ; le rôle de l'Etat en matière d'enseignement est compris en 1804 à peu près comme il l'était en 1789.

Tel n'était pas l'esprit dans lequel la Convention nationale avait ébauché l'organisation de l'instruction publique ; l'enseignement primaire avait seul préoccupé d'une façon sérieuse les conventionnels; mais Lanthenas, Barère, Sieyès, Daunou, Lakanal, tout comme Lepelletier de Saint-Fargeau et Romme, avaient posé le principe de la gratuité et celui du paiement des instituteurs et des frais des écoles par l'Etat en tête de toute loi nouvelle relative à l'enseignement primaire. Romme définissait de la façon suivante le programme de cet enseignement primaire : « les enfants reçoivent dans ces écoles la première éducation physique, morale et intellectuelle la plus

propre à développer en eux les mœurs républicaines, l'amour de la patrie et le goût du travail. Ils apprennent à parler, à lire, écrire la langue française. On leur fait connaître les traits de vertu qui honorent le j)lus les hommes libres... La connaissance des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen est mise à leur portée par des exemples et par leur propre existence, » Ces écoles fondées, dirigées, payées par l'Etat, cet enseignement primaire uniforme et gratuit sur toute l'étendue du territoire de la France, Napoléon n'a pas essayé de le réaliser; il a considéré les projets de la Convention Nationale et de son comité de l'Instruction publique comme non avenus et il s'est contenté de faciliter les bonnes volontés individuelles.

Une création toutefois du régime napoléonien, qui est originale et a subsisté tout au moins de nom, c'est celle des lycées. Il est probable que, lorsque Napoléon fonda les dix premiers lycées de la République, pépinière de ses officiers et de ses administrateurs, il songeait à cette école de Brienne où lui-même avait fait ses études et dont le souvenir lui était toujours cher. Il voulait organiser de la même façon ces douze collèges ou pensions, Sorèze, Pontlevoy, Rebais, Tiron, Auxerre, Beaumont, Tournon, Effiat, Vendôme, La Flèche, Pont-à-Mousson et Brienne que, sur le conseil du ministre réformateur Saint-Germain, Louis XVI avait chargés de l'éducation de la noblesse, pensionnaires payants ou boursiers du roi, destinés à assurer le recrutement des cadres de l'armée. A la suite d'un concours annuel, les élèves étaient placés en qualité de cadets gentilshommes dans les troupes de Sa Majesté et appelés à remplir les emplois de sous-lieutenant qui viendraient à vaquera Au début de l'institution des lycées, nous en trouvons un nombre à peu près semblable à celui des collèges militaires ; si les emplacements choisis ne sont [las les mêmes, c'est que, par suite de ce système géométrique en vertu

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