Ibid., Registre 111, an XII
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Le Conseil général renouvelle ses plaintes à la session de 1806 : « Les communes rurales, dit-il, éprouvent beaucoup de difficultés à recruter ce qu'elles appelaient autrefois leurs magisters. Ceux-ci recevaient une espèce de sort de la manière dont ils ajjpartenaient aux églises et aux fabriques, et les rétributions qui leur en revenaient leur tenaient lieu de traitement comme maîtres d'écoles. Il est bien désirable que l'on puisse relever, en faveur des campagnes, cette espèce de cléricature, et il semble que le rétablissement des fabriques en ofl're les moyens en ce qu'elles peuvent gager encore les instituteurs primaires pour le service des paroisses et succursales, pour la rédaction de leurs actes et contribuer par là, avec les ressources municipales, à leur assurer un traitement convenable.
« Le Conseil a émis l'année dernière un vœu qui lui a été dicté par celui de toutes les villes qui ont joui autrefois des écoles que desservaient les frères Yonistes. Ces pieux amis de l'enfance sont réclamés par la sollicitude et le souvenir reconnaissant de tous les pères de famille, et la religion dans sa reconnaissance les appelle comme ses premiers apôtres. Le Conseil ne peut donc qu'insister pour que la même bienveillance du gouvernement qui a déjà su recréer d'autres associations utiles et recommandables, daigne rendre aux frères Yonistes une existence qu'ils consacraient si bien aux premiers intérêts de l'Etat pour l'instruction de la jeunesse. »
Même vœu pour les filles ci-devant dites de la Providence. « Les filles appelées ci-devant Charlottes ^, dont il reste de précieux sujets et dont l'ancien asile a été conservé à Arras, seraient aussi de la plus grande utilité sous le double rapport de l'instruction publique dont elles étaient aussi chargées et du soin des malades qu'elles assistaient avec le plus grand désintéressement » ^,
1. Elles tiraient ce nom du fondateur de leur maison, Jean Achariot, qui établit en 1339 l'hôpital qu'elles desservaient et auquel on adjoignit plus tard une école.
2. Archives départ., Registres des délibérations du Conseil général, année
En 1809, le Conseil général déclare que l'instruction publique est toujours languissante; on espère que la création de l'Université impériale l'améliorera. A défaut de la qualité, il y a au moins la quantité ; le nombre des écoles a en effet considérablement augmenté : d'après VAnnuairc du Pas-de-Calais, on relève en 1814 l'existence de 984 écoles réparties de la façon suivante :
Arrondissement d'Arras : 183 instituteurs communaux, 49 instituteurs particuliers ; 31 communes n'ont pas d'instituteur.
Arrondissement de Béthune : 130 instituteurs communaux, 35 instituteurs particuliers ; 1 3 communes n'ont pas d'instituteur.
Arrondissement de Boulogne : 91 instituteurs communaux; 28 instituteurs particuliers ; 9 communes n'ont pas d'instituteur.
Arrondissement deMontreuil : 127 instituteurs communaux ; 15 instituteurs particuliers; 13 communes n'ont pas d'instituteur.
Arrondissement de Saint-Omer : 121 instituteurs communaux; 25 instituteurs particuliers; 16 communes n'ont pas d'instituteur.
Arrondissement de Saint-Pol : 1 69 instituteurs communaux ; 1 1 instituteurs particuliers ; 22 communes n'ont pas d'instituteur.
D'après ce relevé, 104 communes sont encore privées d'instituteur K
Après avoir examiné l'enseignement secondaire et l'enseignement primaire, nous devons encore consacrer quelques lignes à l'enseignement supérieur, qui n'a, du reste, été représenté dans le département du Pas-de-Calais que par une école de chirurgie et d'anatomie. Vers le milieu du xviu*' siècle, l'administration des États d'Artois établit à
1. Le Pas-de-Calais an XIX' siècle, t. II, Services publics. L'ensei^^ncmcnt.
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Arras une école publique d'anatomie ; bientôt, elle s'aperçut que cette école ne répondait pas complètement au but de sa fondation ; en 1770, les médecins Arrachart et Nonot transmirent aux Etats d'Artois un plan complet de réorg-anisation de cette école. Leurs vues furent adoptées et l'établissement fonctionnait sous le nom d'Ecole de chirurgie, en 1771, avec Arrachart et Nonot comme professeurs ; leur traitement était fixé à mille et à douze cents francs.; il y eut d'abord trois chaires, mais l'un des professeurs étant mort en 1790 et Arrachart en 1791, Nonot resta seul chargé de l'enseignement.
Pendant la Terreur, l'école fut fermée ; elle ne rouvrit qu'au lendemain du 18 brumaire ; le 21 thermidor an VIII, le préfet Poitevin-Maissemy prit un arrêté portant qu'il serait établi à Arras une école gratuite de chirurgie, daccouchement et d'anatomie, dirigée par trois professeurs; que les hommes seuls seraient admis aux exercices publics, mais qu'il y aurait un cours particulier d'accouchement pour les femmes. D'après le règlement, les classes auront lieu tous les jours, excepté les décadis, les quintidis et pendant le temps des vacances de l'Ecole centrale ; ceux qui désireront y être admis devront se faire inscrire sur un registre qui sera tenu par Nonot, professeur en chef, et être munis d'un certificat de bonnes mœurs délivré par le maire de leur commune et visé par le sous-préfet de l'arrondissement. En outre, le préfet Poitevin-Maissemy permettait au maire d'Arras d'appliquer à l'usage d'un jardin botanique un petit terrain « hors d'oeuvre de l'abbaye de Saint- Vaast » (jardin Saint- Vaast actuel) qu'un médecin aidé de ses élèves défricha et planta.
Trois professeurs avaient été nommés à l'école de chirurgie : Nonot, professeur en chef avec un traitement annuel de 800 francs ; Léger et Dhamelincourt, avec un traitement annuel de 600 fr. chacun ; Dhamelincourt donna sa démission peu de temps après et, la chaire ayant été mise au concours, trois candidats se présentèrent ; parmi eux, on fit choix de
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Cuvillier; mais, à la mort de Léger, en 1802, le concours ouvert pour procéder à son remplacement ne donna aucun résultat ; Nonot et Cuvillier restèrent seuls professeurs. D'après le maire d'Arras, quinze élèves, âgés de 12 à 18 ans, fréquentaient les cours de cette école.; il n'était donné par jour qu'une leçon qui durait une heure et demie environ ; les deux professeurs se partageaient la besogne par trimestre et ils n'étaient occupés en réalité que pendant six mois de l'année *
En même temps, des mesures étaient prises pour veiller à la façon dont la médecine s'exerçait dans le département. Un arrêté du 12 frimaire an XI contient des mesures pour s'assurer des titres des officiers de santé, médecins, etc. 2. Nouvelles mesures à ce sujet le 14 novembre 1806, en vue de faire exécuter la loi du 23 germinal an XI sur l'exercice de la médecine et de la pharmacie 3. Le 26 frimaire an XI, le préfet crée trois jurys d'examen pour la médecine, la chirurgie et la pharmacie : à Boulogne (arrondissements de Boulogne et de Montreuil), à Saint-Omer (arrondissement de Saint- Omer) et à Arras (arrondissements d'Arras, de Béthune et de Saint-Pol) 4.
Nous ne parlerons que pour mémoire des écoles de dessin. L'enseignement du dessin avait été inauguré à Arras en 1709 par Havel, élève de l'Académie de peinture et de sculpture de Paris, qui eut jusqu'à deux cents élèves; cette école subsista pendant la Révolution et un arrêté du 25 avril 1801 la réorganisa. Saint-Omer avait eu également son école de dessin, trois ans même avant Arras ^.
1. Archives départementales : Lettre du maire d'Arras Watelct, du 22 prairial an XI; Mémoire de Nonot et Cuvillier sur l'établissement de l'École publique de chirurgie, 15 floréal an XI.