‹ Le Pas-de-Calais de 1800 à 1810; étude sur le système administratif instituéChapitre 90 sur 101 · Dehamecourt, op. fiit. p · texte numérisé non relu

Dehamecourt, op. fiit. p

Saint Père Pie VII , Pape par la divine Providence, sur divers actes concernant l'Eglise de France ». Ces deux prélats continuèrent leur opposition jusqu'à leur mort et leur attitude contribua à rendre plus difficile l'application du Concordat dans le département du Pas-de-Calais.

Comme évêque d'Arras, le gouvernement consulaire avait d'abord fait choix de l'homme de bien, qui avait tout particulièrement travaillé au succès des négociations relatives au Concordat et que l'on regarde comme le rénovateur des études ecclésiastiques, l'abbé Emery, l'éminent supérieur de Saint-Sulpice. Mais celui-ci, dont la modestie égalait la vertu, refusait l'évêché d'Arras, comme il devait refuser plus tard les sièges deTroyes et d'Autun : « J'étais supérieur du séminaire de Saint-Sulpice, écrit l'abbé Emery, et de la congrégation qui porte ce nom, chargé par conséquent de former les jeunes gens qu'on y élevait en vue de leur état, et particulièrement à l'éloignement pour les dignités ecclésiastiques, car vous savez que l'ambition était un vice trop commun dans le clergé des derniers temps et contre lequel il était bien nécessaire de prémunir l'esprit et le cœur des jeunes gens. Dans cette vue, il fallait que les supérieurs qui donnaient des leçons sur la crainte et la fuite des dignités en fournissent euxmêmes l'exemple... Que penseraient de moi tant d'ecclésiastiques devant qui j'ai fait pendant si longtemps une haute profession à cet égard ? Ne soupçonneraient-ils pas que cette profession n'était de ma part qu'un acte d'hypocrisie ; qu'au fond, j'avais autant d'ambition qu'un autre; que dans les disputes agitées entre les catholiques en France, au sujet des formules exigées pour le libre exercice du culte, je n'ai embrassé les sentiments favorables à ces formules que dans le dessein de plaire au gouvernement et de favoriser mon ambition ? » *

Sur le conseil, sans doute, de l'abbé Emery, Hugues-

Page 1