Le passage de l'Aisne
Les problèmes de la vie intérieure (intellectuelle ou morale) avaient pris sur lui tant de force qu'il ne pouvait plus s'en distraire. Un dessein de retraite orienta sa vie. Il n'avait jamais été très Parisien ; il cessa presque tout à fait de l'être. Il passa la majeure partie de son temps tantôt à Montaigu en Allier, son pays ; tantôt sur la côte méditerranéenne, dans la solitude.
L'analyse le captivait. « L'état où vivent la plupart des gens vis-à-vis de la connaissance me paraît chaque iour plus extraordinaire », écrivait-il
iv PRÉFACE
en 1913. « Comment se j ait-il qu'on n'ait pas un besoin primordial de classer au moins ce qui se passe dans V esprit, j de savoir ce qu'est l'intelligence, ce qu'est j l'inspiration, ce qu'est le savoir, ce qu'est la prière. » II se proposait d'écrire un traité dont il avait arrêté le titre : Questions de morale, questions de méthode. Pendant les deux années qui \ précédèrent la guerre, il remania sept fois le plan de ce traité. Il le remaniait encore en juillet 1914.
Ses notes rapides nous éclairent son travail. « Un livre de doutes, écrit-il ; du plus grand doute... Quelle tendance ? trouble, nébuleuse, inquiète l non pas héroïque, mais prudente, indécise entre la sagesse et la conquête... »
Emile Clermont, tout retiré qu'il fût, ne se désintéressait pas des choses de