‹ Le passage du prince; impromptu-vaudevilleChapitre 7 sur 9 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

Les mêmes, VICTOR , PAYSANS.

CHOr.TIR DE PAYS AIN S.

Alft t yiHe^-^vous-en gens <îe la iiéce. Honneur aux braves dont la lance ÏSîous 3 délivrés de nouveau .' ilonneur à ceux dont la vaillance Brillfl sur les pas de Nassau!

Si la guerre a plus d'une chance, Victor a le bon numéro.

Oui, si la guerre a double chance 'j JLa bonne était à Waterloo.

GllOGNAC.

Oest donc toi , mon cher Victor ! comme te voilà éclopé ! mon pauvre enfant !

VICTOR

Vous me plaignez ! ah ! félicitez-moi plutôt. J'ai été blessé auprès de -mon Général; mon sang s'est mêlé au sien ; quel honneur pour moi ! que \ois-je ! Francœur I que de plaisirs en un jour*

FRANCŒUU.

Je n'ai pas eu autant de bonheur que toi ; mais tu reviens content ; je suis payé de mes services.

VICTOR

Eh bien , Fanchette ! me voilà î voilà Francœur ! vois- tu qu'il ne faut désespérer de riep ?

PANCHETTE.

Je l'ai toujours dit à mon père , et , depuis le matin , je ne cesse de l'entretenir de mçs heureux pressentimens,

VICTOR

Vous n« savez pas une' bonne nouvelle ?

GROGNAC,

Quoi?

VICTOR

Le Prince et la Princesse passent par co

*=îv.

village ; ils ^e s'y arrêtent pas ; mais un Aidede-camp y peste ; je n'ai pas besoin de vous dire à quelle intention.

FANCHETTE

Je le devine,; il y reste pour prendre connaissance des besoins du peuple,

VICTOR

Qui pourrait en douter ?

Air .* Femmes , voule\-vous êjprouvûK Ce fier guerrier dont Waterloo Vil le courage héréditaire , Ce noble héritier des Nassau , Digne ému'e de son beau-frère - D'un ptuple affranchi par ses coups, Brûle de calmer les allarmes ; Lui qui versa son sang pour nous , Pejjt-il jie pas sécher nos larmes?

TANCHETTE.

Que j'aimerais à le voir avec son auguste compagne î

VICTOR

Ce n'est pas une chose difficile,

GALIPPE,

Il n'y a pas de Princes plus affables,

ERANCOEUR.

On dit qu'on Jes voit souvent se promener gans garde , c^u milieu des citoyens,

QftQGWAG,

Sans garde ! Ils en ont upç dans le çgeur de tou% les 13§lges,

FANCHETTE

Savez-vbus les couplets qu'on a faits pour la Princesse , et qu'on a dû lui chanter dans une de ses promenades au parc de Bruxelles ?

GALIPPE.

Je les connois , et vous le savez bien , puisque c'est moi qui vous en ai appris l'air.

FRANCOEUR

Vous en savez l'air ! chantez-nous les, de grâce, Mademoiselle.

FANCHETTE

Je chante trop mal pour me faire prier. I^s Toici.

Air. : De Joconde.

Longtems régna sur ces bosquets l.'autoiir , à la serre cruelJe *.

Il avait exilé la paix Du séjour de la tourierelle.

Le bocage, aux lois de l'amour Avait cessé d'être fidèle ; ,

Mais la beauté règne à spa tour Et la douce paix avec elle.

Hélas ! par leurs sinistres voix , Les oiseaux amis du carnage , De Philomèle dans ces bois . Avaient fait taire le ramage ;

Leurs cris n'annonçaient chaque jour Que malheur , que guerre nouvelle j Mais la beauté règne à son tour , Et la douce paix avec elle.

Ainsi lorsqu'un mortel pieux Sauvé du naufrage du monde , Enlin osa jetier les yeux Sur les vastes gouiTres de l'onde} On vit au terrestre séjour Descendre un messager fidèle, Et la colombe de rttocr ' B^iiucna l'espoir avec elle.

, VICTOR

Cest bien cela ! et il faudrait avoir oublié nos vingt-cinq ans de troubles, pour ne pas applaudir à ces eouplets.

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