SCENE VI
Les mêmes, BONNEVAL,
BONNEVAL
Comment , Victor ? tu n'es pas venu me voir? ni toi mon cher Francopur? vous savez pourtant bien que j'aime les braves , et , qu'en ma qualité de magistra,t , je dois être auprè» de vous l'organe de la patrie et du Roi.
VICTOR
Nous savons , Monsieur Bonneval , l'intérêt que vous nous portez.... Je me proposais d'aller vous rendre mes devoirs ; mais ma première visite appartenait à mon père.
FRANCQEUR.
Et la mienne à Fanchette,
BONNEVAL
Cest juste.
Air •. Tqus Us Bourgeois de Chartus^ Les amans de la gloire | Le sont de la beauté ; L'amour et la victoire . Ont fait société.
Au vieux tems si vanté , C'était, dit-on, la mode; Et ce qu'on fesait autrefois.
De nos braves non moins courtois
££t eucor la mcUiode.
GROGl!l.\C.
Les bons en fans , Monsieur î et que c'est dommage que les temps soient si durs [
BONNEVAL
Que voulez-vous , Monsieur Grognac ? C'est un fléau ; il pèse sur tout le monde ; et ce ne sont pas les Magistrats, le Souverain surtout, qui en souffrent le moins : que dis -je! c'est sur lui que tout le poids en retombe.
GROGNAC.
Oh ca ! il faut en convenir , et malgré ina mauvaise humeur , j'en conviens ;
Air •. ^yec vous sous U mimt toit»
Un Roi doit aimer ses sujets ; Il doit leur tenir lieu de père ; Il doit marquer par des bienfaits Chaque jour d'un règne prospère ; Il doit , bienveillant envers tous , Quoique seul grand, quoique seul maître, Toujours être équitable et doux , St Guillaume est ce qu'il doit éire.
FANCHETTE
Ce que vous venez de dire, mon père , tout Je monde le pense , et tout le monde se plaît à le répéter : ainsi, n'en doutons pas, le* tems «adouciront.
GALIFFE,
Cependant...... * .
FRANCŒUR
Eh ! de quoi donc avez-vous à vous plaindre , Monsieur Galippe , vous qui êtes Clerc de village , Greffier de votre commune, Rôt de l'arc et Candidat pour l'Athénée? Avez-vous été prisonliîer? Etes-vous blessé? Vous trouvez-vous sans emploi ? J'ai vu tomber sur moi tous ces accidens : et pourtant je chante , et je ne perds pas courage !
BONMEVAI.
Yivat, brave Francœur : les bons enfans ne périront jamais : je l'en réponds.
FRANCŒUR
Il est vrai cependant que je ne suis pas si à plaindfe qu'on pourrait le croire -, et que le cœur de Fanchette
GALIPPE.
Le cœipr de Fanchette ! qtte ces' soldats ont de présomption î
FANCHETTE
Qn les prendrait potïr des docteui^s de village , n'est-ce pas ?
ôAxiPPÉ, ( à part. ) Les rieurs ne sont pas pour moi.
GROGNAC.
Que dit Monsieur Galippe ?
GALIPPE,
Que je m'en vais ou que je m'en vas; car on dit les deux.
GROGKAC»
Où allez-vous?
GALIPPB.
Au devant du Prince.
FANCHETTB.
Pourquoi faire ?
GALIPPE.
Pour lui dire que je perds mon lems dans ce village, et le supplier de me Taire recevoir' à l'Athénée , comme Professeur.
BONNEVAL
A l'Alhénée l
GALIPPB.
Oui], Monsieur, à l'Athénée , ou Athenœum.
BONNEYAL.
Ypensfez-voiis?
GALIPPE.
J'y pense. Je ne suis pas très-fort ; mais qu'importe ? on s'instruit en instruisant les autres; et, au bout de quelques années, oa se trouve au courant.
FANCHETTE
C'est possible ; mais l'apprentissage du maître , en ce cas , ne se fait-il pas un peu aux dépens de l'écolier *!*
Air '.On compterait les diamaiu* ■Que de malheureux écoliers On croit sans talent ou sans zCle , Parce qu'avec de sots cahiers , Un sot leur brouilla la cervelle !
Ce n'est pas chose rare à voir , Et tous les jours on en rencontre Qu'on blànie de ne rien savoir , \ £t gui savent ce ^u'on kur montre»
BONNEVAL
Fanchette est piquante.. Messieurs , j'entends quelqu'un.
VICTOR
C'est un des Officiers de la suite du Prince,