SCENE VIL ET DERNIERE
Les mêmes, SAINT- ALB AN.
SAINT-ALBAN
J'ai SU , Monsieur Bonneval , que vous étiez ici ; on m'a dit ce qui vous y amenait : je vous en félicite , au nom du Prince qui me charg-e de vous voir et de concerter avec vous quelques mesures de bienfaisance.
BONNEVAL
Je suis , Monsieur , pour cela , comme pouc tout le reste , tout à fait à vos ordres.
SAINT- ALB AN
A^ous avez su la conduite de Victor?
BONNEVAL
Je l'ai sue par la voix publique.
SAINT-ALBAN
Vous avez su que sa blessure l'a retena long -temps loin de son père ?
BONNEVAL'
Monsieur Grognac me l'a dit*
sa#nt-alban.
Je lui apporte un brevet de Lieutenant , et en outre , les quatre cents florins fjui lui son! dûs, comme à tous ceux qui se sont trouvés à la grande bataille.
FRANCŒUR
Quatre cents florins î
FANCHETTE
Trouvez-vous que c'est trop ?
FRANCŒUR
JNon ; mais le pour-boire est honnête.
AiR : Que (F'itabrissemens noaveattx.
Je trouve fort bon qu'un soldat Pont le sang paya la victoire , Reçoive, en sortant du combat, Quelques cens florins de pour-boire , Mais si pareil taux existait Pour chaque beau fait militaire * La Belgique aurait bientôt fait Sautei' la banque d'Angleterre,
SAINT-ALBAN
Ce n'est pas tout. Le père de Victor a éprouvé des pertes dans son commerce ; cette somme est destinée à relever sa fabrique.
GROGNAC.
Ah ! Monsieur î que de reconnaissance je vous dois ! et que j'avais tort , ma clière Fanchette , de ne pas croire à tes pressentimens î
SAINT-ALBAN
Tout le monde, est-il content? Carie Prince veut que tout le monde le soit.
GALIPPE.
C'est bien difficile.
FANCHETTE
Il ne tient qu'à mon père.
GROGNAC.
Je te comprends ; approche , brave Francœur. Joins ta main à celle de rna fille ; elle est à toi.
OALIPPÊ.
Et moi î
BONNEV\L.
Vous , Monsieur Galippe , on vous attend à l'Alhénée : mais auparavant vous assisterez à la noce ; j'j invile toute Ja compagnie.
SAINÏ-ALBAN.
Air. ; C'est le mdUefir homme 4f monde, Qxiel plaisir pUis délicieux , Pour un héros, l'espoir du trône , Que d^ voir yi» ji^eu^le joyeux Dont le tendre autour l'environnne \ Et (]ue notre Prince tiuiotird'Iuiy Doit s'en faire j.ifle doiic^ image, En voynnt au d^want de lui Les cœurs -voler à son passage !
VICTOR
J*ai yu , Messieurs , d'un œil ravî , D€ tous \f.^ coins fle 1;a province ,
Chncnn accourir à l'envl Sur Jes pas d'un aimable Prince ; l^lais , en plus d'une occasion , Des gens pourtant pleins de courage,' Ont senti qu'il n'était pas bon De se trouver sur son passage.
. GROGNAC.
Je me plaignais amèrement ; C'est un peu là mon caractère :
Je vous l'avouerai franchement ^ A mon âge , on craint la misère ; Mais quand , sous les traits de l'amour^ La bienfaisance est en voyage , Heurcuic les pauvres d'alemour Quelle apperçoit sur son passage !
FRANCŒUR
Malgré les maux que j'ai soufferts , Je n'ai jamais été maussade ; Depuis quinze ans , je cours , je serj , Et je n'en suis pus plus malade.
On r.ous a cent fois répété Que cette vie est un voyage.
Eh bien , Fanchette , avec gaîié , Il faudra franchir le passage.
GALIPPE.
De ma petite ambition
J'étais bien sûr qu'en allait rire î
Mais contre ma pétition ,
De bonne fai , que peut-on dire ?
Dans le Grec je suis peu savant ;
Mais que de gens de haut parage ,
Citent des auteurs dont souvent
Ils n'ont pas lu même un passage !
BONNEVAI.
Interprète des sentimens ' pu village que j'administre,
5*apporte nos temerciemcns Au Prince ainsi qu'à son Ministre.
Monsieur Grognac un peu plus doox # Ua peu plus poli que d'usage, l/ui même longtems avec nous Bénira cet l^eureux passage.
EANCHETTE.
Saisissant noe occasion Où le cœur seul fait tout le style.
Nous ?vons sans prétention Cousu ces couplets à la file ; Mais si, malgré notre vouloir-, Tîous n'avons pas fait davantage, !N'en répétons pas moins ce soir ; Vive lk Pri>cb, à son passajife-