RÉSUMÉ ANALYTIQUE
Prélude.
— RUowmelle, conduisant du ton de la majeur au ton d*ut, à l'appel de trompettes;
1® — Récit du Héraut, commençant sur la dominante d'w^ et terminant sur sol par une demi-cadence;
— Chœur de huit mesures, en ut; répétition de l'appel de trompettes ;
2® — Récit du Roi, — déclamation large; du Ion de mi majeur module, et revient au ton d*ut par un repos sur la dominante ; — un aparté du chœur, en ut; — puis le récit continue par modulations serrées et termine, par une formule italienne consacrée, sur ut;
3° — ■ Récit de Frédéric — même déclamation amenée par une cadence rompue au ton de mi bémol : après des tenues d'accords obligées jusqu'ici, une suite d'accords trémolos accompagne le récit, qui devient syllabique, mouvementé par des mesures d'orchestre de doubles et de simples croches pointées; puis termine par un chant large, en cadence parfaite, en mi bémol mineur; un bout de chœur en récit (neuf mesures), — d'une physionomie accentuée par un rythme nouveau (rythme qui ne cessera de se produire jusqu'à la fin de l'acte), — amène, par des accords syncopés sur une basse chromatique descendante, une cadence parfaite {ut mineur)
largement préparée et résolue par des tenues d'accords de sixte et de quarte «t de 7"® dominante, piano. II assied une suite de récits mesurés et dialogues entre le Roi, Frédéric, le Héraut et le chœur : un dessin mélodique d'une mesure auquel répond, sur une tenue ascendante, une phrase incidente de récit entrecoupé qui se répète, et, par le chromatique du dessin, arrive à un rythme accentué de mesure en mesure, après quoi se détermine un trémolo d'accords sur lesquels poursuit le récit; une phrase do chant expressif, communément employée — depuis ÏAve Maria de Schubert comme terminaison de phrase — « guide-moi. Dieu puissant » conclut dans le ton de la bémol, — L'appel de trompette reparait sur des accords modulés en trémolo ramenant le ton d'ut; le récit reprend par une tenue de notes répétées sur une progression ascendante de tierces par demi-tons, puis s'établit entre le Roi et le chœur un dialogue, une phrase des plus accentuées et des mieux rythmées, marquant également la cadence parfaite du ton d'u/, reprise par le chœur, avec une harmonie serrée, séparée par deux accords forte, et concluant en ut. Quelques mesures de demi-cadence, liées par des gammes rapides, marquant le retour du récit du Héraut qui se termine par la formule dont les Italiens ont tant abusé, soit dans le débit syllabique, soit dans un mouvement piii lento, ici très largement accusée et déjà employée.
La mélodie, dans son acception propre, ne figure pas jusqu'à présent; car, on ne peut considérer comme telle, la ligne continue de chant récité, rencontrant parfois une phrase mélodique de quelques mesures, à l'harmonie naturelle simple, sobre de modulations, de tonalités... enfin la clarté même.
L'inspiration n'a eu que faire. Attendons.
Voilà l'exposition de la pièce. Elle éveille en notre mémoire le souvenir de la Juive : le récit entre Léopold et Albert; ceux de Ruggiero, précédé d'appels de trompettes, suivi des fanfares marziale, des chœurs, des « vivats » des hommes du peuple, etc., etc. Quelle différence!