‹ Le passé à propos du présent; faisant suite à Mes mémoiresChapitre 5 sur 58 · ÉTUDE SUR LA. PARTITION DE LA JUIVE · texte numérisé non relu

ÉTUDE SUR LA. PARTITION DE LA JUIVE

ialévy, né à Paris, le 27 mai 1799; mort à Nice, le

mars 1862.

lu 1833, Nourrit joua ]e rôle du juif Ëléazar.

[ C'est par une belle soirée d'été, dons le parc de Monta-

) (1), que M. Scribe me conta, pour la première fois,

sujet de la Juive, qui m'émut profondément, et je con-

verai toujours le souvenir de cet entretien qui se rattache

ine des époques les plus intéressantes pour moi de ma

d'artiste. Dans l'exposition que M. Scribe me fit du sujet,

la manière dont il entendait le traiter, le rôle du clirén Léopold, amant de la juive Rachel, était destiné à urrit. Ëléazar, le père, eilt été dévolu à Levasseur, et le iliDal à Dabadie. Mais, lorsque je commençai à m'occuper

la partition, je fus frappé des accents nouveaux que donrait à la musique la voix de ténor, la voix de Nourrit, [)s un rôle de père. Je gagnais ainsi dans le rôle de cariai, qui est père aussi, la voix et le talent de H. Levasseur.

Scribe fut de mon avis et, d'un commun accord, nous an&mes le poème à lire à Nourrit, le laissant maître de aisir son rôle. « Mon choix n'est pas douteux, nous dit-il, elques jours après, j'aurai des entrailles paternelles. > urrit, en s'assocîant ainsi à notre désir, était animé du LCère amour de son art. Le ténor, nous l'avons dit, tient k ses prérogatives d'amoureux. Il craint, en se grimant, de rdre à jamais le prestige de la jeunesse et de laisser aux éclateurs, et surtout aux spectatrices, le souvenir durable m masque fâcheux, et l'empreinte trop hâtive de cet âge &\ que l'art du comédien est habile à cacher. Mais Nourrit lit assez jeune et se sentait assez fort pour affronter ce nger, et il s'y livra noblement dans l'intérêt commun.

Nourrit nous donna d'excellents conseils. Il y avait au quatrième acte un finale; il nous demanda de le remplacer par un air. Je fis la musique de Tair sur la situation donnée; Nourrit demanda à M. Scribe Tautorisation de faire luimôme les paroles de Tair dont la musique était faite. — Il voulait choisir les syllabes les plus sonores, les plus favorables à sa voix. M. Scribe, généreux, parce qu'il est riche, se prêta de bonne grâce au désir du chanteur, et Nourrit nous apporta peu de jours après les paroles de Tair ;

Rachel quand du Seigneur ^ la grâce tuiélaire,..

F. Halévt.

La Juive.

La Juive a subi, comme tous les ouvrages qui datent de la même époque, des modifications, des changements, des coupures, avant son apparition à la scène, pendant le cours des répétitions et après la première représentation, ainsi qu'on le verra par la suite.

Cette Uberté qu'ont prise, à des degrés plus ou moins manifestes, Rossini, Auber, Meyerbeer (surtout), Halévy, etc., n'a point porté préjudice à leurs œuvres, parmi lesquelles on compte de nombreux chefs-d'œuvre.

Ils avaient un exemple précédent qui les excusaient à vrai dire — Femand Cortez, de Spontini, prit une année entière à monter, dit-on, par suite des retouches, des changements d'instrumentation, et par des a refaites » sans nombre, des transformations de l'ouvrage.

Aujourd'hui, les auteurs procèdent avec plus de sûreté, paraît-il. Leurs œuvres sont gravées avant que d'être montées. Ils n'y apportent donc aucun changement ; ce qui ne les oblige pas à assister aux études, aux répétitions après lesquelles ils sont souvent appelés à l'étranger pour conduire les premières représentations de leurs opéras.

Il en a été tout autrement pour la Juive, où, comme on le sait, des échanges de rôles ont eu lieu, avant la mise à l'étude de l'ouvrage, qui fut représenté le 23 février 1883.

la partition d'ondiestre, publiée peu de temps après, est informe à la reppÉsentation à l'Opéra, laquelle a été établie, pprouvée et fixée par les auteurs dès > la seconde représentÛon >.

Les changements survenus depuis sont en très petit nombre, tde peu d'importance; nous les signalerons néanmoins, en renant pour guide la partition d'orchestre.

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