ADAGIO
Les mouvements de ce morceau sont mieux rendus par l'observance des indications écrites que par les désignations chiffrées du métronome. La différence est plus sentie.
C'est la première fois que, depuis l'année 1828, nous ayons entendu la gamme du cor liée ainsi. Ce changement n'est pas heureux. Il va à rencontre du caractère du trait, dont la formule empruntée au concerto marque une fin de solo. — On ne serait même point étonné de la voir se terminer par un trille appelant le tutti.
Ce sentiment à peine effleuré par l'auteur est la conséquence des parties solos de la variation (adagio), combinées de ma-
nière à réunir en un faisceau tous les accidents de Tarmure du ton d'ut bémoly dont la gamme confiée au cor (notes bouchées) est la conclusion, non éclatante de sonorité, mais d'une virtuosité qui couronne les di£Bcultés vaincues comme pour appeler sur elles les bravos de l'auditoire.
Page 89, mesures 4 et 5. — Ce n'est point une simple fluctuation qui se produit ici, mais un écart de mouvement très prononcé. La largeur des doubles attaques rythmées, occasionnée par le déploiement des archets, la sonorité vibrante des instruments, arrivée à une puissance imposante, toutes choses se mêlant de la partie, il en résulte un caractère pompeux, solennel, qui amène une ampleur d'exécution que rien n'arrête. Les premiers violons, pour lutter contre la force qui leur est opposée, prennent un temps de préparation qui ne laisse pas que de contribuer au ralentissement général. Il faul, du côté du chef, une grande énergie, une volonté puissante, une autorité d'archet, du bras, reconnue, pour vaincre un tel accroissement de force dont le poids pèse de tous points sur le mouvement. C'est alors que la subdivision du temps doit être maintenue avec vigueur. Elle doit même être préparée pendant le diminuendo qui précède, de manière à soutenir le cor dans sa liberté d'action, et, ensuite, se montrer inflexible pour toute la durée des deux mesures, entraîner avec elle, aussi bien les violons rebelles à l'attaque, que les trompettes éclatantes qui forment l'arrière-garde.