‹ Le passé de la guerre: et l'avenir de la paixChapitre 29 sur 29 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Rendre obligatoires les traités d'arbitrage déjà conclus; voilà tout.

Cette réforme est si peu de chose qu'on est stupéfait de ne pas la voir déjà réalisée; et on est confondu autant de l'immensité dans le résultat que de l'insignifiance dans l'effort.

Nous sommes encore dans l'âge de fer. Demain, quand le fléau du militarisme et de la guerre ne pèsera plus sur les consciences humaines, d'autres âges viendront. Lesquels? Heureusement l'avenir garde ses secrets.

Nous pouvons cependant savoir que la science réserve aux hommes des surprises prodigieuses. Elle commence à peine; mais ses commencements permettent de pressentir ce qu'elle pourra donner un jour. Le bonheur des hommes présents et des hommes à venir, ce bonheur auquel nous aspirons pour nous et pour les autres, c'est la science seule qui peut en apporter une parcelle aux hommes. Un nuage épais d'ignorance les enveloppe de toutes parts; tout est noir, et inconnu, et troublant. La science jette çà et là sur cet océan de ténèbres quelques pâles lueurs : c'est assez pour qu'aussitôt, au lieu d'être esclaves, nous devenions maîtres de la matière. Aussitôt il y a un peu moins de détresse humaine, d'infortune humaine, d'ignorance humaine.

Depuis six mille ans les sociétés ont vécu pour la guerre ; depuis six mille ans les hommes ont prodigué à la guerre toutes les ressources de leur intelligence, de leur énergie et de leur labeur : la science n'a eu que des restes. Les temps sont mûrs. Il faut désormais que les hommes donnent à la science tout ce qu'ils ont jusque ici donné à la guerre.

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