‹ Le passé de la guerre: et l'avenir de la paixChapitre 28 sur 29 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

ceux là doivent vivre, et vivre heureux. Même, sans en avoir la démonstration rigoureuse, nous voyons clairement qu'il existe pour chacun de nous un devoir urgent; c'est d'épargner la douleur à nos frères humains. Assurer aux générations présentes et aux générations futures une existence moins misérable, voilà l'ordre impérieux et universel qui est dans toutes les consciences. On n'en peut concevoir d'autre.

Voilà pourquoi ce livre a été écrit.

Il y a dans nos sociétés humaines un mal ancien et terrible, absurde d'ailleurs; c'est la guerre. Parla guerre des souffrances innombrables et inépuisables sévissent sur la pauvre humanité. La guerre fait des veuves et des orphelins; la guerre fait des invalides et des mendiants. Sans la guerre, certes, les vies humaines ne nageraient pas dans les délices idylliques d'un âge d'or ridicule ; mais il y aurait moins de larmes, moins de misères, moins de douleurs.

Donc, pour diminuer quelque peu la dureté de notre dure existence, une première réforme est à entreprendre: il faut abolir la guerre.

On dit que les sociétés humaines sont civilisées : c'est une erreur : elles sont militaires. Sociétés militaires, cela veut dire sociétés barbares, et c'est cette barbarie qui est un premier obstacle au bonheur de l'humanité.

J'ai essayé de montrer qu'au prix d'un faible effort on peut rendre toute guerre désormais impossible. Enfin! Les hommes ont assez souffert pour être résolus à ne plus souffrir davantage. D'ailleurs tout ce qui était difficile a été accompli par nos devanciers; nous n'avons qu'à récolter la moisson qu'ils ont semée.

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