ACTE TROISIÈME
ANTOINETTE
Je t'en prie, ne me blâme pas de lui préférer ma fille. Ce ne serait pas le moment. Après tout, M. Prieur n'a été qu'un accident dans ma vie. Je ne suis pas née pour les émotions irrégulières, moi, tu le sais bien; mon mari ne m'aurait pas abandonnée que probablement je n'aurais jamais aimé personne, et surtout un bomme aussi décevant.
DOMINIQUE, avec embarras.
Un homme comme les autres, va, soyons indulgentes.
ANTOINETTE
Tu oublies tout ce que tu m'as révélé.
DOMINIQUE
J'évoquais des choses si lointaines!
ANTOINETTE
Prends garde, tu vas me faire son éloge.
DOMINIQUE
Je regrette le mal que je t'en ai dit.
ANTOINETTE, avec jalousie.
Tu es trop délicate.
DOMINIQUE
On ne l'est jamais assez.
Un silence.
ANTOINETTE
Ne parlons plus de M. Prieur.
DOMINIQUE
Réfléchis. Je n*ai pas encore vu ton mari.
ANTOINETTE
Ma détermination est irrévocable.
Tu es sûre de votre indifférence mutuelle?
ANTOINETTE
Il repart demain pour l'Angleterre.
DOMINIQUE
Si vite?
ANTOINETTE
Il est peut-être même déjà parti.
DOMINIQUE
Allons donc! Sa mère demeure à côté, je parie qu il est chez elle.
ANTOINETTE
J'en doute, il prenait le train en me quittant.
DOMINIQUE, avec chagrin.
Ah!
ANTOINETTE
Nous ne le re verrons pas.
DOMINIQUE
Alors je vais m'exécuter, je vais parler à ton mari.
ANTOINETTE
Merci !
DOMINIQUE
Mais quand j'aurai réussi, tu ne me le reprocheras pas?
AXIOIXETTf.
lu es folle .