ACTE TROISIÈME
FRANÇOIS
Dis-moi que tu me pardonnes!
DOMINIQUE
Que t'importe, puisque je t'aime, puisque je n'ai pas cessé un seul jour de t'adorer.
FRANÇOIS
Mon pauvre amour!
DOMINIQUE
C'est pour toi que je suis revenue dans cette maison.
FRANÇOIS
C'est pour toi seule que j'y suis rentré tout à l'heure.
Hélas! VoiLà huit ans que je t'attendais!
FRANÇOIS
Tu seras heureuse, cette fois, tu verras.
DOMINIQUE
Dieu t'entende!... Et maintenant sauve-toi, car il faut que je sorte.
FRANÇOIS
Un instant !... Ne songe qu'à nous deux.
DOMINIQUE
Nous serons plus près l'un de l'autre, après la démarche que je vais faire.
FRANÇOIS
Veux-tu de moi, ce soir?
DOMINIQUE
Viens demain.
J9i LE PASSÉ
FRANÇOIS
Ce soir, je t'en supplie?
DOMINIQUE
Ne me demande rien, je ne pourrais rien te refuser.
FRANÇOIS, désignant le jardin.
La haie n'est pas très-haute.
Tu es fou.
FRANÇOIS
Je suis jaloux.
DOMINIQUE, avec joie.
Si c'était vrai !
FRANÇOIS
Comment n'as-tu pas deviné le désarroi de mon âme? Mais tu ne sais donc pas que depuis un mois tu bouleverses toutes mes idées, que tu conduis toutes mes actions ?
DOMINIQUE
Je ne peux pas croire que c'est toi qui parles.
FRANÇOIS
La première fois que je t'ai revue, ce jour inoubliable où tu m'as tendu la main, tu n'as donc pas senti que je te redonnais mon cœur en te confessant que j'en aimais une autre ?
DOMINIQUE
Explique tout de même.
FRANÇOIS
Tu n'as donc pas senti qu'en réalité, je souhaitais