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ACTE TROISIÈME

une rupture avec cette femme dont je te suppliais de ne pas me séparer?

Continue, continue.

FRANÇOIS

Puis, mes supplications terminées, tu as compris, n'est-ce pas ? que je causais volontairement de choses inutiles par crainte de te parler d'amour, et que malgré ces précautions, je t'adressais toutes sortes de pensées folles sous l'insignifiance des mots ?

DOMINIQUE

Oui, j'entendais ce que tu ne disais pas.

FRANÇOIS

Ah! je m'en rends compta aujourd'hui : jusqu'à présent je n'avais aimé personne, pas plus toi que les autres. Mais cette fois je suis pris, j'en suis bien sur, je suis amoureux pour de bon, ça y est. Enfin je la tiens, cette émotion que je cherchais, et que mes expériences ne m'avaient pas donnée. Je la reconnais, c'est celle que je t'ai vu éprouver, c'est la souffrance pour laquelle j'ai vu pleurer tant d'hommes et tant de femmes, et que j'attendais avec envie.

DOMINIQUE

Tu connais ce bonheur?

FRANÇOIS

Que pense-t-elle? Que fait-elle? Où est-elle? Voilà maintenant l'obsession de ma vie. Présente ou lointaine, ta forme désirée me persécute. Je suis devenu l'espion de ton existence, un pauvre être malade d'inquiétude et de curiosité.

DOMINIQUE

Comme tu m'aimes !

Depuis vingt-quatre heures, je rôdai s'autour de cette maison sans oser y pénétrer. Hier, en voyant tes fenêtres éclairées, j'ai failli traverser le jardin comme autrefois. Oui, un peu moins de lâcheté, et j'ouvrais la porte de ta chambre... Car il ne peut pas entrer dans mon esprit que mes droits d'amant ne soient plus les mêmes.

DOMINIPUE

Ah! cesse de parler, mon ami. Tu vas me faire perdre la tête, et je t'assure que j'ai grand besoin de ma raison.

RRANÇOIS

Toutes les folies sont déjà dans tes yeux !

DOMINIQUE

Demain. Pas encore.

FRANÇOIS

Je t'obéis.

DOMINIQUE

Patiente, et surtout ne sois pas jaloux! Jaloux, toi? Mais si tu as eu d'autres maîtresses, moi, je n'ai pas eu d'autre amant et tu me retrouves telle que tu m'as laissée!

FRANÇOIS

Eh bien, à demain, ma chère bienfaitrice!

DOMINIQUE

Je te restitue tout mon être.

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