‹ Le passéChapitre 133 sur 134 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

FRANÇOIS

Enfin, me voilà redevenu ton maître.

DOMINIQUE

Mon maître idolâtré... Tu vas m'enfermer, n'est-ce pas? N'importe où, dans un endroit où je ne verrai que toi, qu'on ne soupçonne pas ce que je suis devenue. Je suis impatiente de mystère et de solitude.

FRAN< OIS

Moi aussi.

DOMINIQUE

Et dans quelques jours, nous retournerons en Italie.

FRANÇOIS

En attendant, Paris est assez généreux pour abriter notre amour. Et d'ailleurs, je sais où te cacher.

Tu sais où tu m'emmènes?

FRANÇOIS

Pardonne-moi, mon amie, mais j'avais quelquefois pensé qu'un jour ou l'autre cette heure grave sonnerait et je m'étais assuré d'un coin tranquille et secret.

DOMINIQUE

• Tu étais sûr de ma faiblesse?

FRANÇOIS

Et pour toi, pour toi seule, il existe une petite maison près du Bois.

DOMINIQUE

Près du Bois?

FRANÇOIS

A Saint-James.

DOMINIQUE

A Saint-James? (Avec horreur.) Tu mens!

FRANÇOIS

Dominique!

DOMINIQUE

Tu mens!... Ce n'est pas pour moi seule qu'existe cette maison. C'est pour une autre que tu Tas choisie !

Mon Dieu !

DOMINIQUE

La maîtresse que tu y cachais a été aussi la maîtresse de Mariotte et elle lui a tout raconté. Et c'est dans le lit de cette femme que tu voulais m'avoir! Voilà ton amour! Malheureux que tu es, tu viens de ressusciter toutes tes infamies par ce dernier mensonge, et tu me restitues ma raison.

FRANÇOIS

Dominique!

DOMINIQUE

Va-t'en, cœur public!

FRANÇOIS

Dominique! pardonne-moi; pour un instant de folie ne brise pas notre vie à tous les deux.

DOMINIQUE

Va-t-en, le bonheur est impossible avec toi. Puisque tu mens à cette minute sacrée, tu dois mentir depuis une heure, tu mentiras éternellement.

Faut-il que tu aies souffert pour être aussi implacable !

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