‹ Le passéChapitre 34 sur 134 · DOMINIONS · texte numérisé non relu

DOMINIONS

Je suis chargée de te redemander ta main.

ANTOINETTE

Il est fou.

DOMINIQUE

Pour que j'aie consenti à plaider sa cause, il faut qu'il m'ait paru sincère, tu comprends.

ANTOINETTE

, Il a de l'aplomb... Au fait, je ne suis pas si étonnée que ça, puisque sa maîtresse ne veut plus de lui.

DOMINIQUE

Raymond n'a jamais cessé de t'aimer.

ANTOINETTE

Je connais le refrain.

DOMINIQUE

Je te jure que je le pense.

ANTOINETTE

Quand on aime une femme, on ne vit pas pendant cinq ans avec une autre.

Un silence.

DOMINIQUE

Tu as un enfant.

ANTOINETTE

Hélène n'a que six ans. Son avenir est encore loin.

Tu as cependant refusé de divorcer à cause d'elle...

ANTOINETTE

J'ai été stupide. Ces choses-là n'ont plus d'importance aujourd'hui.

DOMINIQUE

Un peu, tout de même.

ANTOINETTE

Est-ce que tu crois que les folies de son père ne lui feront pas autant de tort qu'un divorce?

DOMINIQUE

En commettant ces folies, Raymond n'en a pas pesé les conséquences, car il adore cette petite, tu ne peux le nier.

ANTOINETTE

N'empêche qu'il est resté deux ans sans s'inquiéter d'elle.

DOMINIQUE

Mais, depuis trois ans, il ne perd aucune occasion de la voir.

ANTOINETTE

>'e parlons plus de ça, veux-tu ?

DOMINIQUE

Alors, sérieusement, il ne faut pas que je continue ?...

ANTOINETTE, gravement.

Quand Raymond est parti, j'ai eu des jours très durs. A présent, je sais vivre seule. Je n'ai pas envie de renoncer à ma liberté.

DOMINIQUE

Quel amour de l'indépendance! Je ne te reconnais pas.

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