ACTE PREMIER
moi si j'ai été longue. Je ne voulais te dire que deux mots, mais quand on touche à ces questions-là...
ANTOINETTE
Je t'aime davantage à présent.
Elle l'embrasse.
DOMINIQUE
Alors, puisque tu m'aimes davantage, il faut m'écouter et te réconcilier bien vite avec ton mari.
ANTOINETTE
Je ne m'en sens pas le courage.
DOMINIQUE
Dépèche-toi, car mon histoire d'hier est ton histoire de demain.
ANTOINETTE
Qui sait? J'aurai peut-être plus de chance que toi.
DOMINIQUE
Ils sont tous les mêmes.
ANTOINETTE
Tais-toi, je suis trop heureuse. Je ne veux pas chercher ce que l'avenir me réserve.
DOMINIQUE
Tous les mêmes, entends- tu?
ANTOINETTE
Eh bien, tant pis! Advienne que pourra. Après tout, je ne rêve pas de bonheur éternel. Je suis moins ambitieuse que toi, moins romanesque. Le présent me suffit.
DOMINIQUE
Tu es bien philosophe.
<H LF PASSÉ
ANTOINETTE
Et puis, tu arrives trop tard... je suis...
DOMINIQUE
Tu es?
ANTOINETTE
.le suis sa maîtresse.
DOMINIQUE
Dans ce cas, je n'ai plus rien à dire. Pourquoi n'astu pas commencé par là? je t'aurais épargne' mes discours.
\NTOINETTK
Tu m'en veux? Pardon.
DOMINIQUE
Prends garde, cependant, veille bien sur ton bonheur. Car les dispositions pacifiques de ton mari peuvent se changer en haine.
ANTOINETTE
Qu'ai-je à craindre?
DOMINIQUE
Ton refus peut l'irriter.
Eh bien?
DOMINIQUE
Eh bien! il peut te prendre ta fille.
ANTOINETTE
Hélène?
DOMINIQUE
La loi sera pour lui, s'il est prouvé que tu as un amant.
Et ses torts?
Et les tiens?