‹ Le passéChapitre 37 sur 134 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

DOMINIQUE

Il avait été si lié avec mon mari que je n'ai pas osé le mettre au courant. J'avais beau être veuve et libre, ça m'a gênée.

ANTOINETTE

Comme tu as dû souffrir quand tu as compris la vérité !

DOMINIQUE

J'ai été aussi près de la folie qu'on peut l'être. Soit dit en passant, je crois qu'il m'est resté une fêlure de cette secousse-là.

ANTOINETTE

Tu es bête.

DOMINIQUE, gaiement.

Maurice Arnault le prétend quelquefois.

ANTOINETTE

Il t'aime bien, celui-là.

DOMINIQUE

Cher Maurice! je l'ai trouvé à ce moment difficile... Il faut être juste, d'ailleurs. Tout le monde a été bon pour moi : Mariotte, Bracony... Aucune des consolations ordinaires ne m'a manqué.

ANTOINETTE

J'aurais voulu être là.

DOMINIQUE

Et puis je me suis mise à travailler, à travailler sérieusement, comme un homme, à travailler sans cesse. Le travail empêche de penser... 11 n'y a pas que le bonheur d'agréable'.

Eïïe 'éiM's ùtte ïa'r'm^.

ANTOINETTE

Tu pleures ?

DOMiNiniE, gaiement.

Rassure-toi. Ce n'est pas le chagrin, c'est ma cigarette, seulement... Un peu de cendre...

ANTOINETTE

Uu passe'.

DOMINIQUE

Ne fais pas de mots. Dieu merci, mon cœur est tranquille. Les mauvais jours sont loin. Mon ancien amant pourrait ouvrir cette porte, je ne changerais pas de visage.

ANTOINETTE

Es-tu bien sûre?

bÔMlNIQUE

La meilleure preuve de ma sincérité, c'est que... nous venons de parler de Maurice Arnault, n'est-ce pas? Eh bien, il voudrait m'épouser et je ne réponds pas que...

ANTOINETTE

En effet, on m'a rapporté...

DOMINIQUE

Oh! rien n'est décidé encore... et puis, c'est si grave de se mettre dans le lit d'un monsieur quand on en a perdu l'habitude.

ANTOINETTE

Ta drôlerie l'emporte sur ta tristesse.

DOMINIQUE

Pour en revenir à toi, mon mignon,- maintenant que' ma confession est finie, tâche d'en profiter. Pardonne-

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