‹ Le passéChapitre 55 sur 134 · MA MOTTE · texte numérisé non relu

MA MOTTE

Non, je suis moins me'chant que vous, et pourtant notre devoir serait peut-être de vous éclairer.

DOMINIQUE

Assez de réticences, je vous somme de vous expliquer.

BRACONY

Mais il ne sait rien du tout, ma chère amie.

BÉHOPÉ

11 est à moitié gris.

Il ne pourrait qu'inventer.

MARIOTTE

Puisqu'il en est ainsi!...

BRACONY

Tais-toi donc, animal, tu as assez bavardé.

MARIOTTE

Soit.

DOMINIQUE

Vous avez raison. Il ne pourrait qu'inventer. S'il savait quelque chose, ce n'est pas la charité qui lui fermerait la bouche. Quand le vin lui a délié la langue,

il dirait du mal de sa mère, plutôt que de ne pas parler.

MARIOTTE

Ne me défiez pas, je vous le conseille.

DOMIMyl'E

Comment pourriez-vous garder le secret des autres, vous qui criez sur les toits le nom de vos maîtresses? Ah! je plains la pauvre femme qui vous demanderait un peu de mystère. Dieu fasse qu'on ne vous rencontre pas ensemble, vous lui arracheriez sa voilette du visage afin qu'on la reconnût"?

MARIOTTE, à bout.

Pourtant si on venait chez moi, on ne trouverait pas ses lettres d'amour e'talées sur ma table, toutes grandes ouvertes.

BÉHOPÉ

Et tu ne les donnerais pas à lire à tes amis?

MARIOTTE

Ou à mon domestique.

DOMINIQUE

Gomme Prieur? C'est à lui que vous pensez.

MARIOTTE, à Bracony.

Hein? tu te souviens, le jour où nous étions ensemble dans son cabinet de toilette?

BRACONY

Je n'étais pas là. Tu te trompes.

MARIOTTE, à Bohépé.

Allons donc! Il prenait son bain, et on lui faisait les ongles, quand on lui apporta une lettre. Tranquille-

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