ACTE TROISIÈME
contre moi, et il exige que sa fille soit remise entre ses mains jusqu'à l'issue du procès.
FRANÇOIS
Ce n est peut-être qu'une menace?
ANTOINETTE
L'assignation qui doit m'enlever Hélène est toute prête, je l'ai lue.
FRAA'ÇOis, avec humeur.
Quelle singulière idée a votre mari de vous tourmenter!
ANTOINETTE
J'ai refusé de me réconcilier avec lui et il se venge. Et puis, son amour paternel s'est exaspéré pendant la maladie de la petite.
FRANÇOIS
Intelligent, son amour paternel!
ANTOINETTE
Voilà le résultat de nos imprudences. Ah! si j'avais su qu'un jour je prendrais un amant, je n'aurais jamais quitté mon mari.
FRANÇOIS
Mon amie, vous oubliez que c'est lui qui vous a abandonnée. *
Écoutez, le moment est mal choisi pour plaisanter.
FRANÇOIS
Sans doute. Mais on ne vous a pas encore ôté votre fille. D'abord, M. Bellangé n'a pas le droit de vous l'ôter avant que le divorce ne soit prononcé.
ANTOINETTE
Il en a le droit.
FRANÇOIS
Cela me paraît inadmissible.
ANTOINETTE
Parce que vous ignorez la loi. S'il est établi que j'ai un amant, le tribunal peut rendre demain une ordonnance et m'enlever Hélène dans les vingt-quatre heures.
FRANÇOIS
Une enfant de six ans !
ANTOINETTE
Il y a des précédents, et, dans le cas où je perdrais mon procès, ma fille ne me serait pas restituée.
FRANÇOIS
Mâtin! vous êtes ferrée sur le Code.
Un silence.
ANTOINETTE
Je n'ai qu'un moyen de conserver Hélène.
C'est?
ANTOINETTE
De me réconcilier avec mon mari.
FRANÇOIS
Vous envisagez une pareille éventualité !
ANTOINETTE
Ça ne dépend pas de moi.
FRANÇOIS
Et quelle marche comptez-vous suivre ?