‹ Le passéChapitre 93 sur 134 · MOI. NETTE · texte numérisé non relu

MOI. NETTE

Elle seule a de l'influence sur lui !

FRANÇOIS

Elle seule !

ANTOINETTE

Personne d'autre.

Et votre parti est pris ?

ANTOINETTE

A peu près.

FRANÇOIS

Ah!

ANTOINETTE

Dame! La décision brutale de M. Bellangé ne me laisse pas d'autre alternative.

FRANÇOIS

Soit! mais moi, qu'est-ce que je deviens dans cette combinaison?

ANTOINETTE

Ah ! je voudrais bien le savoir ! Tout à l'heure, seule en wagon, j'étais pleine de sagesse. Je me répétais: «Il ne m'aime plus, je l'aime moins. Il n'est jamais là, je ferais bien mieux de le quitter.. .» Mais voilà que je vous rencontre, et mes bonnes résolutions commencent à s'évanouir. Votre mauvaise influence opère déjà!

FRANÇOIS

Dois-je passer dans la chambre à côté pour que vous vous décidiez librement?

ANTOINETTE

Trop tard .

FRANÇOIS

Vous ne supposez pourtant pas que je vais rester votre amant, si vous avez résolu de revivre avec M. Bellangé .

ANTOINETTE

On peut avoir un mari et un amant : c'est très bien porté.

FRANÇOIS

11 faut être trois pour cela.

ANTOINETTE, tendrement.

Pourquoi ne pas finir par où tant de gens commencent? Après tout, ces accommodements-là sont plus naturels à la fin d'une liaison qu'à son début. Ce serait une si bonne façon de concilier votre indifférence et ma tendresse!

FRANÇOIS

Comment pouvez-vous tenir à un ami aussi imparfait?

ANTOINETTE

Si imparfait que vous soyez, je ne me sens pas le courage de vous quitter.

FRANÇOIS

Puisque votre fille vous restera!...

ANTOINETTE

J'ai besoin de vous deux pour être heureuse.

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