ACTE TROISIÈME
FRANÇOIS
Plus M. Bellangé.
Ça, c'est une me'chanceté, ce n'est pas un argument.
FRANÇOIS
Mais en admettant que je fasse bon marché de ce monsieur, la raison n'en commande pas moins de nous séparer.
ANTOINETTE
La raison? Quel drôle de mot sur vos lèvres!...
FRANÇOIS, gravement.
D'ailleurs, votre projet est irréalisable, ma pauvre enfant!... Ce n'est même pas la peine d'y songer. Jamais une femme du caractère de madame Brienne ne se prêterait à une réconciliation si je n'étais pas supprimé de votre existence.
ANTOINETTE
Je lui dirai que j'ai rompu avec vous.
François, vivement.
Il ne faut pas lui mentir, à elle moins qu'à personne.
ANTOINETTE
Je n'ai pas le choix.
FRANÇOIS
Quand on demande à quelqu'un son appui, on lui doit au moins la vérité.
ADTOINETTE
Je mets peut-être l'amour au-dessus de la délicatesse.
ilîî LE PASSÉ
Et vous vous imaginez qu'elle croirait à notre rupture ?
ANTOINETTE
Elle sait que je suis une mère très tendre et que vous êtes un homme très inconstant.
FRANÇOIS
Mais il suffirait d'un hasard pour qu'elle découvrît toute cette comédie, et elle me mépriserait encore plus que vous.
ANTOINETTE
Soyez tranquille, je nierais votre complicité.
FRANÇOIS
Je la connaîtrais, moi.
Un silence.
ANTOINETTE
Sapristi ! que de scrupules à l'endroit de madame Brienne... Dites donc, vous n'y regardiez pas de si près autrefois, quand il s'agissait de la tromper!
FRANÇOIS
Vous n'en savez rien, d'abord.
ANTOINETTE
Je croyais que les mensonges ne vous faisaient pas peur jadis... à l'époque où elle était jalouse, jalouse à bon escient de mademoiselle Doyon.
Je ne comprends pas.
ANTOINETTE
Une petite actrice qui perchait par ici. Et pourtant,