‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 11 sur 112 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

quel le peuple ou bien une portion du peuple se gouverne lui-même sans roi, afin de rester perpétuellement maître de modifier son gouvernement et ses lois, nous avons adopté, en 18i8, comme tout le monde, le mot de république, pour définir notre nouveau gouvernement.

Qu’en est-il résulté? deux inconvénients qu’il importe de signaler et de corriger dès le début.

Le premier de ces inconvénients, c’est que les anarchistes, cl il y en a toujours une certaine quantité dans la masse, dans le fond, dans la lie d’un peuple, se souvenant que la première République avait commis des excès et des crimes, ont cru que l’ère des excès, des proscriptions et des crimes se rouvrait devant eux. Ils sont sortis, en conséquence, de leurs repaires; ils se sont manifestés dans certains clubs, et ils ont dit: La République, c’est notre règne!

Le second de ces inconvénients, c’est que les bons citoyens, intimidés par les souvenirs des violences , des oppressions, des confiscations, des émigrations, des captivités, des proscriptions et des assassinats juridiques de 1793, en entendant proclamer le gouvernement républicain, ont cru entendre proclamer le gouvernement de la spoliation, de la terreur et de la guillotine, et voir se lever sur eux et sur leurs enfants le fantôme d’une autre Convention.

De là, audace dans les uns, effroi dans les autres, suspension momentanée de mouvement dans la nation. Pour revenir de ces deux préjugés, une minute de réflexion suffit aux hommes d’Élat, un an à un peuple. Réfléchissez donc.

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