‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 12 sur 112 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

La république eu 1792 el 1793 n’étail pas uu gouvernement; c’était une révolution, un écroulement complet d’une société finie, une bataille à mort entre un ordre de choses qui ne voulait naître el un ordre de choses qui ne voulait pas mourir; tout le vieux monde féodal, despotique, aristocratique, sacerdotal, qui s’engloutissait devant le nouveau monde national el plébéien dans le sens large de ce mot. Il y avait une royauté qui ne voulait pas céder son titre soi-disant divin à la propriété de la nation, une église temporelle qui ne voulait pas céder sa domination exclusive de la conscience du genre humain, el l’immense apanage de terres, de dîmes, de propriétés retirées de la circulation et du patrimoine commun des familles pour doter à perpétuité une idée immuable dans un clergé propriétaire. Il y avait une cour qui ne voulait pas céder l’administration aux provinces, une noblesse qui ne voulait pas céder l’égalité de droits, de rang, de représentation au tiers état, c’est-à-dire à la bourgeoisie; des castes, des ordres, des corporations, des privilèges, des exemptions d’impôts el de service militaire, des monopoles du commandement de l’armée el de la marine par les seuls gentilshommes, des magistratures, qui se vendaient à l’encan, des droits de rendre la justice qui s’achetaient comme un commerce et qui se transmettaient comme un héritage. Rien de tout cela ne voulait consentir à s’exproprier au profit de la na-

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