‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 15 sur 112 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

gouvernement républicain. Il n’a pour le rendre acceptable et invincible qu’un seul acte véritablement révolutionnaire à faire, c’est de supprimer la seule aristocratie qui reste, l’aristocratie électorale, et de conférer à tout citoyen la part légitime de souveraineté dans le droit de suffrage; il le fait, et tout est dit: tout le monde a monté, personne n’a descendu; tout le monde applaudit , personne ne proteste , personne ne résiste, personne n’émigre. A quel litre persécuter, dépouiller, ou tuer quelqu’un, comme en 1795? Le gouvernement le sent si bien, qu’il abolit l’échafaud le surlendemain de la République. Cette société ainsi réformée, affranchie, égalisée de droits, nivelée de rangs, devenue véritablement démocratique, c’est-à-dire une et uniforme, depuis 89, n’a rien à détruire, et elle n’a qu’une chose à défendre, la propriété, base de la famille et lien de la société. Mais cette propriété, égale pour tous, accessible à tous, inviolable dans tous, est le domaine commun de tous; tous ont un intérêt unanime à la préserver, à l’utiliser, à la généraliser, à la conserver aux générations à naître.

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