‹ Le passé, le présent et l'avenir de la républiqueChapitre 14 sur 112 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

îigion s’y mêle dans la Vendée, quand la révolution devient persécutrice à son tour; la France est en feu, les partis s’accusent de trahison les uns les autres. Dans celte confusion générale de trois ou quatre conflagrations, les hommes des tyrannie et de sang s’emparent tour à tour du gouvernement et installent la République sur un échafaud; elle tombe avec eux dans le sang qu’elle a répandu et dans l'horreur du peuple. Voilà la première République ou plutôt voilà l’horrible boucherie de choses et d’hommes que l’on a appelée de ce nom, et qui a calomnié pour longtemps dans l’imagination de l’Europe le mol de république!

Qu’y a-t-il de semblable en 1848? Rien. La vieille monarchie absolue est tombée depuis soixante ans; la monarchie despotique de l’Empire s’est écroulée sur sa base de fer; les deux monarchies modérées et constitutionnelles de la Restauration se sont abîmées en deux règnes orageux et courts, dont le dernier s’est achevé dans l’exil; la monarchie élective de la maison d’Orléans n’a pas pu se soutenir davantage sur le principe d’illégitimité que la monarchie de la brandie aînée n’a pu se soutenir par le principe de légitimité. Un vent de -quelques heures, venu on ne sait d’où, a emporté cette dernière tentative de royauté au-delà de l’Océan. Le peuple, accoutumé à se gouverner lui-mème par les assemblées, n’est point effrayé du vide laissé par le trône qui l’embarrasse; il proclame d’un commun accord le

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