LIVRE PREMIER
pas plus confuse que leur système et leurs prétentions opposées; il n’y avait de clair que la dévastation de la propriété. La propriété se leva pour ses loyers ; quelques régiments et quelques gardes civiques les dispersèrent en une journée ; les restes de celle insurrection sociale s’enfuirent jusqu’aux montagnes d’Ecosse, pourchassés, reniés, odieux partout, et couvrirent de leurs débris les sillons du peuple qu’ils avaient voulu exproprier.
Enfin, un dernier accès a saisi en 1850 et en 1848 quelques philosophes spéculatifs, égarés dans les régions de l’idéalité, quelques sectaires crédules au merveilleux, quelques amoureux de l’impossible, quelques prolétaires souffrant de l’oubli cl de la dureté des gouvernements envers eux, quelques sociétés secrète^, cherchant dans les convoitises cupides du peuple un levier pour soulever la pierre angulaire de toute société, quelques clubs de démagogues ambitieux et impatients de leur médiocrité, recrutant dans les faubourgs et dans les campagnes l’armée de l’ignorance, du vice ou de la misère autour du drapeau des illusions. N’en craignez rien , que des agitations très-fâcheuses sans doute , mais trèscourtes , très-ci rconscrilcs et souverainement impuissantes contre la société. On ne combat pas des faits éternels comme la propriété et la famille , avec des rêves d’un jour! Ces doctrines en faisant explosion ne produisent que du bruit et du vent; c’est l’artillerie des fantômes dans Millon, avec laquelle des ombres se combattent avec des météores d’idées.