CHANSONNIER
Le commencement du Voyage.
Ain : Du Vieux Sergent.
Vorez, amis, cette barque légère
Qui de la vie essaie encor les flots :
Elle contient gentille passagère ;
Ah ! soyons-en les premiers matelots, Déjà les eaux l’enlèvent au rivage
Que doucemeut elle fuit pour toujours, Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.
Dejà le sort a soufflé dans les voiles ; Déjà l'espoir prépare les agrès,
Et nous promet, à l'éclat des étoiles, Une mer calme et des vents doux et frais.
Fuyez, fuyez, oiseaux d’un noir présage :
Cette nacelle appartient aux amours.
Nous qui voyons commencer le v:;age, Par nos chansons égayons-en le cours.
Au mât propice attachant leurs guirlandes, Oui, les amours prennent part au travail.
Aux chastes sœurs on a fait des offrandes, Et l’amitié se place au gouvernail. Bacchus lui-même anime l’équipage, Qui des plaisirs invoque le secours.
Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.
Qui vient encor saluer la nacelle ?
C’est le malheur bénissant la vertu,
Ft demandant que du bien fait par elle
Sur cet enfant le prix soit répandu.
A tant de vœux dont retentit la plage,
Sûrs que jamais les dieux ne seront sourds,
Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.
PARA LAAA AAA VARAAE SAP RAS RAA VAE LPAAA RARE RAA CRE
Malheur à Moi !
ROMANCE
Macneur à moi! Je ne sais plus lui plaire ;
Je ne suis plus le charme de ses yeux ;
Ma voix n’a plus l’accent qui vient des cieux
Pour attendrir sa jalonse colère.
Il ne vient plus, saisi d’un vague effroi,
Me demander des sermens ou des larmes ;
Il veille en paix, il s’endort sans alarmes, Malheur à moi !
Las de bonheur, sans trembler pour ma vie,
Insoucieux, il parle de sa mort ;
De ma tristesse il n’a plus le remord,
Et je n’ai pas tous les biens qu’il envie.
Hier, sur mon sein, sans accuser ma (oi,
Sans les frayeurs....que j'ai tant pardonnées,
[1 vit les fleurs qu'il n'avait pas données, Malheur à moi!
Pont Der pet D y 2 es fet jeun
Le Cinq de Mai.—1821,
Des Espagnols m'ont pris sur leur navire, Aux bords lointains où tristement j’errais.
Humble débris d’un héroïque empire, J'avais dans l’Inde exilé mes regrets.
Mais loin du Cap, après cinq ans d’absence, Sous le soleil, je vogue plus joyeux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux,
Dieux! le pilote a crié: Sainte-Hélène !
Et voilà donc où languit le héros !
Bons Espagnols, là s'éteint votre haine ; Nous maudissons ses fers et ses bourreaux.
Je ne puis rien, rien pour sa délivrance; Le tes n’est plus des trépas glorieux !
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux.
Peut-être il dort, ce boulet invincible,
Qui fracassa vingt trônes à la fois ;
Ne peut-il pas, se relevant terrible,
Aller mourir sur la tête des rois ?
Ah! ce rocher repousse l’espérance :
L’aigle n’est plus dans le secret des dieux, Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux.
Jl fatiguait la victoire à le suivre ; Elle était lasse ; il ne l’attendit pas, Trahi deux fois, ce grand homme a su vivre, Mais quels serpens enveloppent ses pas!
De tout laurier un poison est l’essence ; La mort couronne un front victorieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux.
Dès qu’on signale une nef vagabonde,
« Serait-ce lui! disent les potentats :
« Vient-il encor redemander le monde ?
« Armons soudain deux millions de soldats.»
Et lui peut-être, accablé de souffrance,
A la patrie adresse ses adieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux.
Grand de génie et grand de caractère, Pourquoi du sceptre arma-t-il son ergueil ?
Bien au-dessus des trônes de la terre, I'apparaît brillant sur cet écueil.
Sa gloire est là, comme le phare immense
D'un nouveau monde, etd’un mondetrop vieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux.
Bons Espagnols, que voit-on au rivage ?
Un drapeau noir ! ah, pans diéux, je frémis ! Quoi! lui mourir! à gloire, quel veuvage!
Autour de moi pleurent ses ennemis.
Loin de ce roc nous fuyons en silence ; L’astre du jour abandonne les cieux.
Pauvre soldat, je reverrai la France :
La main d’un fils me fermera les yeux.
RARRARAARAR2A es bd ae Es C7 ne UP
Le Vieux Sergent.
Arm: Dis-moi, soldat, dis-moi, t'en souviens-tu ?
Près du rouet de sa fille chérie
Le vieux sergent se distrait de ses maux,
Ft, d’une main que la balle a meurtrie,
Berce en riant deux petits-fils jumeaux.
Assis tranquille au seuil du toît champètre,
Son seul refuge après tant de combats,
11 dit parfois : « Ce n’est pas tout de naître : Dieu, mes enfans, vous donne un beau trépas !»
Mais qu’entend-il ? le tambour qui résonne :
Il voit au Join passer un bataillon.
Le sang remonte à son front qui grisonne ;
Le vieux coursier a senti l’aiguillon.
Hélas! soudain, tristement il s’écrie :
« C’est un drapeau que je ne connais pas.
« Ah! si jamais vous vengez la patrie,
« Dieu, mes enfans, vous donne un beau trépas!
« Qui nous rendra, dit cet homme héroïque,
« Aux bord: du Rhin, à Jemmappe, à Fleurus, « Ces paysans, fils de la république,
« Sur la frontière, à sa voix accourus ?
« Pieds nus, sans pain, sourds aux lâches alarmes, « Tous à la gloire allaient du même pas. …
« Le Rhin lui seul peut retremper nos armes.
« Dieu, mes enfans, vous donne un beau trépas!
« De quel éclat brillaient dans la bataille « Ces habits bleus par la victoire usés!
« La liberté mêlait à la mitraille « Des fers rompus et des sceptres brisés.
« Les nations, reines par nos conquêtes, \ * .
« Ceignaient de fleurs le front de nos soldats. « Heureux celui qui mourut dans ces fêtes !
« Dieu, mes enfans, vous donne un beau trépas!
« Tant de vertu trop tôt fut obscurcie.
« Pour s’anoblir nos chefs sortent des rangs ;
« Par la cartouche encor toute noircie,
« Leur bouche est prête à flatter les tyrans.
« La liberté déserte avec ses armes ;
« D'un trône à l’autre ils vont offrir leurs bras ; « À notre gloire on mesure nos larmes.
« Dieu, mes enfans, vous donne un beau trépas !»
Sa fille alors, interrompant sa plainte,
L'out en tilant, lui chante à demi-voix
Ces airs proscrits qui, les frappant de crainte, Ont en sursaut réveillé tous les rois.
« Peuple, à ton tour, que ces chants te réveillent: « Îl en est temps !» dit-il aussi tout bas.
Puis il répête à ses fils qui sommeillent :
« Dieu, mes enfans, vous donne un beau trépas !»
VAAALAAR LAAARAAA AAA IAA A AANAAARIAARAIAAIAARPRANAAIUAS AY
Sur la mort du Maréchal Ney.
Assassins d’un guerrier dont la haute vaillance
Attacha tant de lustre aux armes de la France !
Fils des enfers! Bourbons, Bellart, Pairs, tremblez tous!
Les bons Français, un jour, vengeront Ney sur vous, | N. L.....r.
ff RAR a
bras ;
pas 1»
te,
ilent:
épas !»
ez tous!
Ir vous, AE À
L'Ombre d’Anacréon, Ar : De la Sentinelle.
Ux jeune Grec sourit à des tombeaux :
Victoire ! il dit ; l’écho redit : Victoire ! O demi-dieux ! vous, nos premiers flimbeaux, Trompez le Styx, revoyez votre gloire !
Soudain sous un ciel enchanté
Une ombre apparaît et s’écrie :
« Doux enfant de la liberté, (bis.)
« Le plaisir veut une pairie :
« Une patrie !
« O peuple grec! c’est moi dont les destins « Furent si doux chez tes aieux si braves:
« Quandilschantaient l’amourdans leurs festins
« Anacréon en chassait les esclaves.
« Jamais la tendre volupté « N’approcha d’une âme flétrie.
« Doux enfant de la liberté, « Le plaisir veut une patrie!
. « Une patrie!
« De l’aigle encor l’aile rase les cieux, « Du rossignol les dhants.santtoujours tendres ; « Toi, peuple grec, tes arts,-tes.lois, tes dieux, « Qu'en as-tu fait? qu’astufait.de nos cendres ?
« T'es fêtes passent sans gaité
« Sur une rive encor fleurie.
« Doux enfant de la liberté,
« Le plaisir veut une pattie !
« Une patrie.
« Déjà vainqueur, chante et vole au danger; « Brise tes fers : tu le peux, si tu l’oses.
« Sur nos débris, quoi ! le vil étranger « Dort enivré du parfum de tes roses !
« Quoi! payer avec la beauté
« Un tribut à la barbarie!
« Doux enfant de la liberté,
« Le plaisir veut une patrie !
« Une patrie!
« C’est trop rougir aux yeux du voyageur « Qui d’Olympie évoque la mémoire.
« Frappe! et ces bords, au gré d’un ciel vengeur, « Reverdiront d’abondance et de gloire.
« Des tyrans le sang détesté
« Réchaufle une terre appauvrie.
« Doux enfant de la liberté,
« Le plaisir veut une patrie !
« Une patrie!
« À tes voisins n’emprunte que du fer:
« Tout peuple esclave est allié perfide.
« Mars va t’armer des feux de Jupiter :
« Cher à Vénus, son étoile te guide :
« Bacchus, dieu toujours indompté,
« Remplira ta coupe tarie.
« Doux enfant de la liberté,
« Le plaisir veut une patrie!
« Une patrie.»
Il se rendort le sage de Téos.
La Grèce enfin suspend ses funérailles, Thèbes, Corinthe, Athènes, Sparte, Argos, 1vres d’espoir, exhumez vos murailles !
Vos vierges même ont répété Ces mots d’une voix attendrie :
Doux enfant de la liberté, (bis.) Le plaisir veut une patrie!
Une patrie !
RAAANAAANANI AN EUVAAAUAAA VAR LAAANUMAA AAA IAA AAA MAS
L’Amant Malbheureux.
Air: Du baiser du matin.
Je vais partir, à tendre Virginie !
Et loin de toi je mourrai de douleur :
Je veux t’aimer, hélas ! toute ma vie ; Car ton image est gravée en mon cœur.
Ce lieu charmant vit croître notre enfance, De le quitter j’éprouve la rigueur ;
Mais avec moi j’emporte l’espérance ;
Et ton image est toujours dans mon cœur.
Nous nous aimions d’une amitié sincère,
Et notre hymen eût fait notre bonheur ; Nous gémirons de la rigueur d’un père, Mais ton image est toujours dans mon cœur.
Puisqu’il le faut, pour charmer ma tristesse, Je vais au loin dissiper ma douleur ;
Mais ton image entretient ma tendresse ; Rien ne pourra l’arracher de mon cœur,
L'Amour Quêteur.
Par Cypris, chassé d’Idalie, L'enfant aîlé mourant de faim, Disait d’une voix attendrie, T'endant son carquois d’une main :
« O vous, compatissantes âmes,
« Accordez-moi quelque bienfait !..
« Ayez pitié, messieurs, mesdames, « Du pauvre aveugle, s’il vous plait.
« Je suis privé de Ja lumière
« Quoique toujours j’aie un flambeau, « Et la ceinture de ma mère
« Dès longtems me sert de bandeau :
« Approchez, charitables âmes,
« Et vous lirez sur ce billet :
« Ayez pitié, &c.
« Je suis dieu, la chose est connue,
« Et vous me voyez mendiant :
« Un dieu, s’il a perdu la vue
« Vaut moins qu’un mortel clair-voyant, «, Du malbeur en moi, bonnes âmes,
Plaignez l’Amour dans sa misère, Amis, aidons-ie tour-à-tour ;
Que la prude la plus sévère
Donne quelque ohose à l'Amour !.….
Laissons-le captiver nos âmes,
Et malgré le mal qu’il nous fait, Ayez pitié, &ec.
Ma Mère, {u ne réponds pas.
ROMANCE Dédiée à Mme. Veuve * *
Arr : Laissez-moi le pleurer, ma mère !
« Przurons tout bas... . Elle sommoille; J'attends son réveil cette nuit ;
Du vent qui frappe mon oreille
Pans mon cœur retentit le bruit.
Sur le marbre de cette tombe
I me semble entendre des pas:
Non, c’est une feuille qui tombe. ...
Ma mère, tu ne réponds pas!
« J'entends encore sonner l’heure, L’heure où son âme s’envola ; . Mon bonheur, des lieux où je pleure, Avec elle aux cieux s’exhala. Dans la tombe je veux te suivre, J’y veux descendre sur tes pas; Mais pour mon fils, ah ! je dois vivre...
Ma mère, tu ne réponds pas !»
Le jour vient, Zulma se retire, D'un rideau soulève le plis, Fille voit son fils lui sourire Et de baisers couvre son fils.
e Pour toi je subirai la vie ; Pour ta mère aussi tu vivras ; Mon fils, .en t'embrassant, j'oublie Que ma mère ne répond pas.»
Le Dieu des Bonnes Gens.
Air: Vaudeville de la Partie carrée.
Ïl est un Dieu ; devant lui je m’incline,
Pauvre et content, sans lui demander rien:
De l’univers observant la machine,
J’y vois du mal, et n’aime que le bien.
Mais le plaisir à ma philosophie
Révèle assez des cieux intelligens.
Le verre en main, gaîment je me confie Au Dieu des bonnes gens.
Dans ma retraite, où l’on voit l’indigence, Sans m’éveiller, assise à mon chevet, Grace aux amours, bercé par l’espérance, D'un lit plus doux je rêve le duvet. Aux dieux des cours qu’un autre sacrifie!
Moi, qui ne crois qu’à des dieux indulgens, Le verre en main, gaîment je me confie Au Dieu des bonnes gens.
Un conquérant, dans sa fortune altière, Se fit un jeu des sceptres et des lois, Et de ses pieds on peut voir la poussière Empreinte encor sur le bandeau des rois.
Vous rampiez tous, à rois qu’on déifie !
Moi, pour braver des maitres exigeans, Le verre en main, gaîment je me confie.
Au Dieu des bonnes gens.
Dans nos palais, où, près de la victoire, Brillaient les arts, doux fruits des beaux climats
J'ai vu du Nord les peuplades sans gloire De leurs manteaux secouer les frimats.
Sur nos débris Albion nous défie ; Mais les destins et les flots sont changeans. Le verre en main, gaîment je me confie
Au Dieu des bonnes gens.
Mais quelle erreur ! non, Dieu n’est point colère! S'il créa tout, à tout il sert d'appui :
Vins qu’il nous donne, amitié tutélaire, Et vous, amours, qui créez après lui, Prêtez un charme à ma philosophie Pour dissiper des rêves affligeans.
Le verre en main, que chacun se confie Au Dieu des bonnes gens.
VRAI VAR AAA D RQ UV VUE AR LAAPAQ VAR PAR VRP
Arr: Je l'ai planté, &e.
Quorque bien loin de mon aurore, Sur mon cœur l’amour a des droits ; Mais je sens que, si j’aime encore, Ah! c’est pour la dernière fois.
Du Dieu qu’à Paphos on adore, Oui, toujours j’ai suivi les lois, Mais aujourd'hui si j’aime encore, Ah! c’est pour la dernière fois.
L’Amour qu’en ce moment j’implore, Ne sera pas sourd à ma voix;
Ce Dieu peut me sourire encore... .
Mais c’est pour la dernière fois.
Le dernier beau jour de l’Automne.
Déjà læ feuille détachée S’envole au gré de l’aquilon ; De sa dépouille desséchée, La fleur a jäuni le vallon.
Sous le chène il n’est plus d'ombrage, Aux bosquets il n’est plus d’amour ; Je vais saluer au village Le dernier beau jour.
Les rayons d’un soleil d’automne À peine attiédissent les cieux ; L’hirondelle nous abandonne, Et quitte en gazouillant ces lieux, Son joli chant semble nous dire :
Adieu, beau ciel, riant séjour, Je pars et veux encor sourire
Au dernier beau jour.
Lunsi lus 2 Lt RO Li St 2
Le vieillard vient dans la prairie Rêver au déclin de ses ans, En voyant cette herbe fleurie Qui fléchit sous ses pas tremblans.., Songeant au bout de sa carrière, Aux biens qui l’ont fui sans retour, .
Il entr'ouvre encor sa paupière,
Au dernier beau jour.
Semons de fleurs notre existence, e Tems saura bien les flétrir :
Avant que notre hiver commence, Trop heureux qui sait les cueïllir,
Pientôt Ja jeunesse est fanée, Il n’est qu’un instant pour l’Amour....
Notre vie a comme l’année
Son deinier beau jour.