IV. — RECUEILS ET REVUES
Archives diplomatiques, années 1888 à 1891.
Journal du droit international privé et de la Jurisprudence comparée.
Dalloz: Jurisprudence générale : Répertoire méthodique et alphabétique de législation, de doctrine et de jurisprudence en matière de.
Droit des gens et de droit public.
Revue de droit public.
Clercq (A..-J.-H. de) et Vallat (G. de): Guide pratique des Consulats. — Paris, 1851.
Comme toutes les sciences, le Droit a ses curiosités au nombre desquelles il faut ranger le Passeport.
« Je souhaite, écrivait André Chénier en avril 1791, qu'il se trouve des hommes curieux qui conservent dans leur cabinet la formule de signalement que l’on donne à un homme qui veut faire un voyage. Sa taille, son visage, la couleur et la forme de ses traits y sont détaillés avec la plus scrupuleuse exactitude et il faut de plus deux témoins qui soient cautions pour l'identité de sa personne. » |
Que le vœu d'André Chénier soit exaucé ! Nous avons déployé ces vieux papiers jaunis couverts de visas et de paraphes qu’exhibaient nos grands-parents. Nous avons fureté dans la poudre des Archives et nous en rappor-
tons cette modeste étude.
Comment voyageait-on autrefois ? «Le mauvais état et l'insécurité des routes de terre faisaient préférer souvent aux voyageurs, le voyage par eau. Les « coches d’eau » étaient de lourdes barques pontées où l’on empilait jusqu’à quatre cents personnes et que halaient quatre chevaux au moyen d’une corde attachée au grand mât. Du quai des Célestins, à Paris, partait tous les trois jours le coche d’eau de Montargis et de Montereau ; tous les deux jours celui de Montereau. On partait de Paris à 5 heures du matin ; on arrivait à Montereau à 3 heures après minuit; soit vingt-deux heures pour faire vingt lieues. Le voyage sur ces pesantes machines n’avaitrien de réjouissant. «L’entrepont, dit le poète Bertin, auteur d’un Voyage de Bourgogne (1777), est occupé par des moines, des soldats, des nourrices et des paysans et je crois être à bord de ces navires chargés d’animaux destinés à peupler quelques terres nouvellement découvertes et de toute espèce. On n’a pour ressource que six espèces de cahutes enviées et sollicitées comme un gros bénéfice. »
Le coche de terre ou le carrosse de voiture, en usage dans la première moitié du xvre siècle n’était pas fait pour aller bien vite. C'était une énorme caisse en bois, cheville de fer, à quatre roues, contenant huit à dix places assises; les portières n'avaient d’autres fermetures que des rideaux de cuir; on chargeait le dessus de la voiture et tous les coins disponibles de tant de bagages, qu’il ne fallait pas moins de huit chevaux pour traîner ces
lourdes machines dans les mauvais chemins. On faisait
au plus, dans une journée, dix ou onze lieues de quatre kilomètres; on couchait à l’auberge et on repartait le lendemain. Cependant quelques coches allaient plus vite: c’étaient les coches volants ou les diligences. En 1691, la diligence de Paris à Lyon faisait le trajet en cinq jours, soit vingt-cinq lieues par jour. Un peu plus tard, en 1709, le prix d’une place en diligence de Paris à Lyon était de 93 livres 14 sous. Le voyageur avait droit au transport gratuit de quinze livres de bagages. Sous le Ministère de Turgot, on imagina de grandes diligences, les turgotines, attelées de chevaux efflanqués qui roulaient jour et nuit sans s'arrêter. Les voyages furent bien diminués: la diligence mettait huit à neuf jours suivant la saison pour aller de Paris à Besançon, la turgotine n’en mit plus que trois.
Etait-on pressé, voulait-on éviter la société mêlée de la diligence, on prenait les voitures de la poste ou les malles charrettes.
C'étaient des voitures à deux roues, couvertes d’une toile goudronnée où il n’y avait guère place que pour le courrier, les malles de bois ou de cuir qui contenaient les lettres et les paquets et un ou deux voyageurs. Grâce aux relais multipliés, la poste marchait très vite. Alfieri vint en poste de Lyon à Paris, sous le règne de Louis XV, en - l’espace de trois jours...
Il ne manquait pas d’autres manières de voyager. A l’époque de Louis XIII, les nobles et les personnages de
distinction voyageaient presque toujours à cheval avec
une escorte de leurs valets. Mme de Sévigné s’installait le plus commodément qu'elle pouvait dans son carrosse à quatre chevaux, escorté de deux laquais à cheval pour se rendre en Provence auprès de sa fille, ou à sa terre des Rochers, en Bretagne.
L'été on partait à 2 heures du matin, on faisait une longue halte au milieu du jour pour dîner et faire la sieste sur les coussins du carrosse; puis on s’arrêtait pour coucher. La société d’un compagnon de voyage, la lecture de Virgile ou des livres nouveaux faisaient passer ces longues journées. Plus tard, le duc de Richelieu eut une voiture de poste admirablement disposée : outre un garde-manger, elle renfermait un lit. En 1742, au moment de quitter Choisy-le-Roï, il fit bassiner ses draps, « se coucha en présence de trente personnes et dit qu’on le réveillerait à Lyon ». En 1745, le jeune Marmontel se rendit de Toulouse à Paris en compagnie du fils d’un Président au Parlement de Languedoc dans une litière que tiraient deux mules. Cette « caisse dandinante », ne laissa pas de lui donner mal au cœur... Les gardes du corps avaient une manière à eux de voyager. Pour aller faire à la cour leurs trois mois de service annuel, tous ceux qui étaient de la même province partaient à cheval ensemble; ils faisaient gaiement douze à quinze lieues par Jour, certains de trouver à un hôtel connu un bon oîle et un bon souper. En arrivant à Versailles, ils cédaient leurs montures au prix fixe de cent francs, y
compris la selle et la bride à leurs camarades qui en-
traient en congé et qui retournaient passer neuf mois chez eux: (1):
Après avoir rappelé ces façons archaïques de voyager, nous pouvons aborder l'étude de l'institution désuète du
passeport.
(1) Lacour-Gayer: Lectures historiques. — Hachette, 1892, pp. 502-506.
Al à or TRE Din PA des he ae PE diese DRRc LT LA T2
FE + > : ie té L
Es #4, EEE