nons de Tespée à
saliendo. , . *^
2^ Dos tajos, y una estocada y un rêvez, entrando y
saliendo.
3* Dos tajos, entrando, y dos revezes saliendo. 4* Très vueltas de très tajos entrando, y très revezes
saliendo.
5* Estocada y tajo entrando y estocada y rêvez saliendo. 6* Dos tajos y una estocada vuelta por las espaldas,
y un rêvez entrando y saliendo.
7* Très cenidos entrando la vuelta con tajo y otros très
saliendo, y la vuelta un rêvez, es para hazer plaça. 8* Très tajos y una estocada y un rêvez, y vueltas las
espaldas salir de la mi$ma manera, es para una calleja
angosta.
9* Un tajo y una estocada, entrando, y saliendo, es la
guarda cappa.
10* Un tajo cegando, y otro cayendo, y una estocada y
con su rêvez, entrando y saliendo. Es para una plaça
redonda.
II' Dos tajos un passo tras otro metiendo el pie yzquierdo primero y volver con estocada y rêvez, es la Bregua que Uaman.
12"^ Estocada con saccar el pie yzquierdo y un tajo a pie quedo, y otra sacando el derecho con un rêvez a pie quedoy ylas vuelcas con rêvez meneando los pies^ es para une calle ancha.
L'autheur pendant Tabsence de Sa Majesté s'exercitoit aussi à Testude et fabrique des quadrans au soleil.
Quadrans au soleil fort curieux par la reflexion d'un miroir.
De ces douze reigles dépend tout le jeu de l'estoc, ou montant, lequel pour le bien jouer fault estre si adroict, que de les jouer touttQs pesles-mesles, les unes parmy les autres, les appliquant selon la disposition du. lieu, et les occasions qui s'y trouvent à la main, autrement ne sert de rien d'en scavoir tant seulement lesdouze reigles par son bel ordre, comme celluy qui peint une belle lettre ou caractère, sans en scavoir les sens, ni Torthographie d'icelles. Et touchant aux voltes aux deux espées, n'en ay jamais sceu obtenir un seul escrit, encores que le tout s'apprend aussi par ordre et compas rédigé en des reigles ou canons, mais croy que la mémoire m'en demeurera enpraincte pour à jamais. Par autre costé me delectay aussi grandement à l'estude des horloges, ou quadrans au soleil auquel efFect frequentay journelement le devant nommé Docteur Andres Garcia de Çespedes, mathématicien du roy, un homme très singulier, et très expert en cest art et science, et de qui j'obtins Tensuyvant traicté, touchant la fabrique desdicts horloges, ou quadrans au soleil....
Entre les fabriques de ces horloges y en a une bien extraordinaire, et non moings curieuse, et (à ce qu'en tiens) jamais veûe ne pratiquée entre les anciens et modernes, qui est d'en faire ung qui signale les heures
es paroys par dedans d'une chambre ou galerie, ou Tumbre du soleil ne donne jamais si ce n'est par la reflection d'un miroir, qui semble une chose bien difEculteuse, mais le tout se faict par rayson naturelle, et démonstration fort vive et raysonnable, comme par ledict traicté se peult veoir, partant n'obmettra le curieulx lecteur investigateur des choses rares et curieuses s'y arrester avec attention, et en faire grand cas, d'autant que le subiect le mérite ce qu'ay voulu icy référer et dire par forme d'advertissement tant seulement — et puis qu'avons traicté si avant en matière d'horloges ne sera trouvé estrange de faire icy mention de ce grand chef d'œuvre qu'a faict et inventé un certain Milanoys appelle Joanela qui fust aussi autheur et inventeur de l'engin de l'eau de la cité de Toledo, dont à la première occasion s'oifrante en ferons aussi quelque déduction, ce chef d'œuvre donques, fust ung horloge de grand pourpris et de belle capacité faict à roues contenant en soy de fort belles, et curieuses opérations, scavoir est, tous les mouvemens des sept planètes celluy du premiermobile, les diversitéz des heures, minutes, sepmaines, la lettre dominicale, l'epacte, les festes mobiles, et plusieurs autres curieusitéz, comme plus aysement, par l'ensuyvant mémoire se peult veoir.
Qui tout miz et rédigé, en son opération, semble une chose incompréhensible, car ne se peult croire, combien est playsant et récréatif à l'entendement de l'homme de veoir à un seul ponrpris de horloge tout et autant de mouvemens qu'il y a en l'esphere céleste outre les autres observations et commoditéz ordinaires appertenantes à l'usaige d'un horloge, qui tout se gouverne par une telle industrie que comme je diz semble chose
Horloge admirable de Joanelo milanois.
L'autheur se resoult de se retourner vers le Pays- Bas.
supernaturelle et incompréhensible à Tentendement humain, et est seul gouverné par un homme exprès qui pour ce ministère a un compétent salaire de Sa Majesté et est obligé de luy haulser les cordes tous les jours et le tenir net, et bien poly et se monstre aux uns et aux autres pour une des choses plus curieuses et admirables de la court, comme véritablement elle en est et une des plus dignes de mémoire que me souvieiit en avoir veûe jamais. En ces spéculations et autres semblables m'alloys entretenant pendant l'absence de Sa iMajesié qui ce nonobstant ne m'ennoya bien peu, car enfin et encores que Ton s'en retrouve à ses ayses et commoditéz, ne laisseon pourtant d'en penser plus outre, et ainsi rechercheant les choses passées, présentes, et pour advenir, trouvay par mon compte qu'il me convenoit totalement de penser plus sérieusement à mon propre faict, que jusques lors en avoye taict, car en resolution me falloit quelque jour retourner vers ma patrie au bout de quatorze ans qu'en avoye esté dehors. Et ainsi du tout résolu d'en traicter au retour de Sa Majesté escrivay un lettre au susdict marquis de Dénia luy faysant un préambule des incommoditéz auxquelles me trouvoys afin de longue main il en voulsist préparer le chemin envers Sa Majesté ou bien s'en tenir luy mesme pour adverty, pour lors que Sa Majesté en seroit de retour et que par ceste prévention ne fust trouvé estrange ceste mienne résolution. A laquelle lettre me respondist en peu de paroles ce que par la teneur de la sienne dont va cy suyvant la copie se peult veoir. Vuestra carta he reçibido y siento vuestros travajos como es razon, presto seremos en essa corte y me informareys de todo, y para el remedio
ayudare de buena gracia. Guarde N'roS^ etc. De Çaragoça 18. de Sept. 1599. (signée) El Marques de Dénia.
Par laquelle lettre ne me sentoys moins honoré que consolé, car la privauté de ce seigneur envers Sa Majesté estoit grande et de la moindre de ses paroles Ton s'en pouvoit prometre beaucoup, suyvant ce alloys incessament pensant comment et de que façon je pourroys sagement entamer ce négoce, car pour un tel changement comme seroit cestuy-cy ne falloit moins que d'en prendre pretext, et couleur légitime, afin d'obtenir en premier lieu ce très désireux congé et paraprés passer outre et en traicter heureusement de la totale recompense de mes services me pouvant par ce moyen retirer bien accommodé en biens et honneurs vers les miens, qui est le but principal à quoy tout homme d'honneur doibt dresser ses actions et paines. Et Sa Majesté qui ne reposoit nulle part parachevant son voyaige partist de Çaragoça après y avoir eu beaucoup de belles festes, et venoii s'approchant petit à petit la ville de Madrid, en laquelle ne peult entrer, jusques à ce que les apprests de son entrée, (je veulx dire de celle de la royne) fussent tous mis en ordre, qui ne se peult faire sitost, et ce temps pendant s'entretenoient le roy et la royne aux environs de la ville jusques le 22. du mois d'octobre ensuyvant qui fust le jour de la solempnele et publique entrée de ladicte royne en ladicte ville, laquelle y entroit seule sans le roy (car Sa Majesté y avoit faict son entrée solempnele avant qu'aller à Valence incontinent après qu'il avoit succédé au royaulme comme cy devant avons dict) et y fust observé l'ordre que cy après s'ensuyt. La royne en premier lieu avec tout son train estoit attendant l'accompaingnement de la noblesse, au monas-
Lettre du marquis de Dénia à Tautheur.
Retour du roy à Madrid. Et la'royne seule y iaict son entrée solemnele.
Entrée de la royne à Madrid.
1S99 tere de S' Gerome là tout prés. Et icelluy venu se mist
à cheval et le mesme en firent touttes ses dames d'honneur, et damoyselles, touttes fort richement habillées, et leurs palefroyz fort magnifiquement équipez de toutte belle et riche harnassure, touttes les housses estoient de velour de toutte couleur, brodées de force or, argent, et pierreries. Et les arçons de selle tant devant que derrière, aussi les estriers, et en somme toutte la garniture estoient de fin et pur argent massif. Toutte la noblesse qui estoit infinie se mist devant le tout, et après icelle commencarent à marcher les Grans d'Espaigne (qui sont ceulx, comme dict avons qui se couvrent devant le roy) tous fort bien en ordre, le seigneur don Juan de Idiaquez comme grand escuyer de la royne, mesnoit son palefroy par les resnes de la bride, et alloit à pie, et le mesmes en firent les autres ses esquiers qui tous Taccompaingnoient aux environs de son palefroy. Les dames d'honneur et jeusnes damoyselles estoient aussi du mesme montées sur de fort beaux palefroyz, chascune damoyselle accompaingnée de deux gentilzhommes à cheval qui d'un costé et d'autre leur alloieni entretenant et faysant la court. Et estoient aussi environnées, ou enserrées d'un costé et d'autre de la guarde d'acheval des archiers de corps du roy tous armez et ainsi s'approchant la ville, fist son entrée en icelle par la porte (qu'ilz disent) à'Alcala^ qui estoit fort bien guarnie et y avoit on miz au plus hault d'icelle les armes du roy et plus bas d'un costé et d'autre" celles de la ville, et en bas des costéz de la porte estoient mises deux statues d'homme et de femme, qui respectivement avoient en main, une clef, et couronne dorées avec les vers suyvans.
Summi orbis clavis magnus quem condidid Avus 1599
Digna 6 nupta viro, dignaque neptis avo.
Reginae populus donat diademata Manto Mantua de cuius nomine nomen habet.
Et de là entrant ladicte porte, à un traict d'arbalestre plus avant estoit mise un' autre belle et grande figure d'une Nymphe monstrant avec je doigt le chemin qui se debvoit prendre, et disoit les vers ensuyvans.
Pastorum Dea magna palestria regia prata Cominus hos fontes laeta fruenda dicat.
Ceste Nymphe monstroit le chemin vers une belle longue et ample dreve de popliers qu'il y avoit d'un costé et d'autre avec des fort belles fontaines dont aubout d'icelle y avoit une que l'on avait expressément aornée tout alentour par un fort beau bastiment que l'on y avoit faict à la legiere, depainct de tout costéz par de fort belles painctures contenantes toutte l'hystoire de Narcisse et s'y avoit il plusieurs belles statues tout alentour de fort bel art, et invention, qui aornoient ftierveilleusèment ceste belle et playsante structure, qui sans com- ' parayson fust ung des plus beaux et playsans spectacles de ceste entrée. De la plus avant y avoit une très haulte, et très riche porte, ou arc triumphal chose très admirable de veoir. Et avant d'y arriver ladicte royne sortirent ladicte porte tous ceulx du Magistrat pour la recepvoir qui y avoient attendu fort bonn' espace, tous fort richement accoustréz de leurs longues robbes à leur façon et mode de toyle d'or lesquelz (après avoir faict leur deûe révérence) la prindrent au mitant d'eulx soubs un très riche poésie, aussi de toyle d'or, qu'eulx seuls portoient
IS99 soustena en des longs basions tous dorez qu'un chascun
d'eulx ponoit en main, ail ans tous à pié et en ceste
forme passoient oultre par touttes les rues principales
de la ville jusques à la mettre en son royal palays auquel
fust receùe par la Majesté du roy Ion amiablement. En
cest arc triumphal avoit beaucoup qu'annoter, car y
avoit beaucoup des belles figures, peintures, et devises
en langue latine, et aussi en espaingnole, de fort belle
significative, et avoit cousté une grande somme d'argent
n'estant pas faict à la legiere comme avoient esté ceulx
de l'entrée de Valence comme cy devant en avons faict
le récit. Au plus hault du tout desoubz le chapital estoit
Premier arc tri- escript en grosses lettres dorées l'ensuyvant. umphal.
Philippe magni Pbilippi filio, Caroli V Romanorum
Imperatoris Nepoti, Et Margaretae Coniugi siue
augustse. S. P. Q.- M. foelicem utrique adventucn
triumphans Precatur.
Il y avoit plus bas une fort belle statue d'homme qui avoit en main im sceptre, avec cinc coronnes lesquelles il presentoit à la Majesté de la royne avec une devise qui dict :
Sine fine Imperium.
Plus avant à la mcsme haulteur y eust une autre d'homme qui s'y estoit reposant sur son espée, lequel ilz disoient estre le Dieu Mars avec une devise qui dict :
Vixit orbis custodia.
Tout tenant y eust encores un' autre aussi d'homme, lequel ilz disoient estre le Dieu Jupiter avec une devise qui dict :
In utrumque paratus.
Et pour le dernier de tout, y eust un' autre figure ^599
d'homme qui tenoit en main un baston environné d^une couleuvre qui disoient signifier le monde avec une devise qui dict :
Rectum juditium.
Aux entredeux de ces statues, y eust de fort grans tableaux de très belles painctures. Le premier contenoit la pourtraicture d'un Dieu Mercure, qui s y laingnoit tant amoureux d'une Nymphe, que de pur amour, estoit force de luy donner un gardien avec un' inscription qui dict :
Principe digna viro talem iam suscipe Caesar.
Un' autre qui contenoit l'hystoire de Méduse avec une inscription qui dict :
Ya pareçe que se vee Phelippe nuevo consuelo Ayudando conlas alas Mercurio a todo el tropheo.
Un' autre qui contenoit les pourtraictures d'un roy et d'une royne, aumitant desquelz estoit paint un homme plebain auquel faysoient des grandes caresses luy donnant la main, qui signifioit Thumanité, et benevolence que les royz nonobstant leur gravité royale doibvent monstrer aux gens de moindre qualité, ce vers :
Fœderis hac specie dabit concordia signum Ut quoque se jungens, jungat et ipsa manus.
Un' autre, auquel y avoit trois personnaiges qui faysoient semblant et ostentation de grandissime allegrie, touchans sur des instrumens musicaulx, et se recreans
ÏS99 entre eulx mesmes, dénotant Tallegrie qu'avoir tout le
monde pour la bien venue de la royne, avec ceste devise qui dict :
Exultet terra gaudiis.
Un' autre auquel est peint un homme ayant en l'une main une tortue, et en l'autre, un delfin, donnant à entendre par la tortue que quand une personne se met à en disposer de quelque chose que cela se doit faire avec meure et tardive délibération, et par le mesme delfin, avec quel couraige qu'une telle chose se doibt mètre en exécution, avec la devise qui dict :
Ubi coDSulueris mature, facto opus est.
Un' autre, avec la pourtraicture d'un Dieu Jupiter avec ses trois rayons en main, et la devise :
Vix ego nec metas rerum, nec tempora pono.
Un' autre, auquel estoit painct un chasteau, et d^un costé et d'autre y avoit deux figures de femmes chascune avec un escu d'armoyries en main, l'un contenoit celles du royaulme d'Espaingne et l'autre celles de celluy de la France, avec une devise, qui dict :
Utramque muniunt, non dividunt.
Il y avoit un' autre tableau auquel estoit peincte un Dieu Phœbus touchant sur sa viole et un Dieu Pan touchant sur sa flûte avec les vers :
Capripedem dum Pana audiit Phœbumque Philippus Hic mihi ait, surdis montibus ilie canat.
Un' autre, auquel estoit peinct en un marez, un fresne, iS99
des racines duquel hors de certaines cavernes qu'il y avoit, sortoient force couleuvres, avec les vers espaingnol qui s'ensuyvent :
Antes que salgan las culeuras fieras de las cavernas humidas, floresce £1 bello y fuerte fresno, tan de vezas por occulta rrazon les abhorresce.
Ansi las flores de su edad, primero en tierna edad el gran Philippe ofTresce, contales fuerças del valor futuro que de todo contrario esta seguto.
Un' autre auquel estoit painct une ville, qui representoit celle de Madrid environnée de beaucoup de chas-
teaux et forteresses, toutte plaine de V y cœurs que
l'on vouloit interpréter estre la seule défense de ladicte ville, qui est ouverte et sans murailles, avec la devise :
Hic murus aeneus esto.
Un' autre, auquel estoient painctz deux flambeaux ardans et liez ensemble avec un cordon, qui signifioit l'amour, et l'esgalité avec quoy ces deux flambeaux s'alloient consumans, avec ce vers :
Junxit amor faculas multo iam lumine terris Altéra luna micans, altéra Phœbus erit.
Un' autre, auquel sont formez ces trois triangles NA et alentour estoit escript, tria sunt omnia. ce qui signifiait les royz Philippes I. H. et III. qu'il y a eu de ce nom, avec ce vers en espaingnol :
1599 El ser que luvo el primero
la grandeza del segundo, vera en el terçero el mundo, por ser el todo tercero.
Un' autre, auquel est peincte une grandissime plante du lierre entre deux chasteaux, avec ceste divise :
Régis potentia fulta respublica.
Un' autre auquel sont paincts les deux colonnes avec le plus ultra, entre deux braves lyons, rampans qui les tienent en guarde. Et une figure d'homme qui faict semblant les leur vouloir quiter, avec ces vers en espaingnoi :
Philippe defensor del pueblo hispano suieta el mundo, y su cerviz assenta.
Lo difficil allana con su mano, Lo raro vençe y lo impossible intenta hasta los viçios con semblante ufano que el fîero can cerbero représenta, dando a entender que vençera el abismo Elque habe vençer su pecho mismo.
Un' autre colomne, chargée de beaucoup de trophées avec la devise :
Redeunt saturnia régna.
Un' autre tableau, auquel estoient peinctz un homme armé avec une espée en main, et une femme de son costé lesquelz disoient estre Mars et Venus et signifier victoire sur ses ennemys, avec les vers qui s'ensuyvent :
De aqueste laberynto 1599
con tan estrecho abraço soberano,
por caraino distincto
saldrays Phelippe al veuturoso llano,
pues todo lo pénétras
juntando al fiero Marte conlas letras.
En un' autre tableau estoient peinctz Minerve, et Neptune, le cas estoit que Neptune taysoit semblant d'estre triste pour la perte de son cheval qui luy estoit demeure arrière en un fleuve, pensant qu'il s'y estoit submergé, et comme par après il le vit sortir s'en réjouissoit grandement, à quoy luy dict Minerve en la façon que s'ensuyt :
Mina Deque estas Neptune ansî.
Glorioso por tu cavallo, pues menos puede el vazallo Vivir sin paz y sin mi.
Nepto Yole crie, por que vi
que la guerra los conserva que aunque lapaz se réserva ser de mas gloria capaz, La guerra engendra la paz Dilo a Phelippe Minerva.
Un' autre, auquel estoit depeinct une figure de femme devant laquelle l'on touchoit force instrumens musicaux, et lesquelz luy faysoient un si grand bruict quelle estoit forcée de s'estoupper les oreilles, qui vouloit dire (au jugement d'aulcuns) que la royne seroit fort amie de la musique mais point tant, que par ce moyen elle viendroit a prester l'oreille aux flatteurs et gens de cest' estofiie, avec la devise :
1599 Palpantibus obstruit aurcs.
En un' autre tableau, estoit peinct un centaure touchant sur un luthy avec ce vers :
Hac, illac pedibus Chyron transite citatur Tange fides dizit, Regia nupta venit.
Un' autre, auquel estoient peinctz un fort playsant rameau auquel pendoit un escusson couronne, auquel estoit escript :
Uno avulso, non déficit alter abortus.
Et là tout préz un fort beau chasteau, dénotant l'un et Tautre la succession de la mayson d'Austrice, avec ces vers :
La casa de Au stria antigua signifîca El arbol bello que busco el troyano y aquella Rama coronada y rica Al hijo de Phelippe Rey hyspano.
Noie deshaze las demas que aplica al templo'de la fama soberano La fiera muerte que por mas que pueda Si Phelippe falto, Phelippe queda.
En un' autre avoit un pilier couronné, lequel ilz disoient signifier l'empire et la justice, avec la sentence
Imperium justitia facile retinetur.
Un' autre, et en icelluy un homme à trois visaiges ayant le monde desoubz ses pieds lequel disoient signifier, les trois royz Philippe I. H. et troisiesme, avec ces vers :
Dos Phelippe Gediones 1 599
y el terçero sin segundo
tienen a los pies el mundo,
y de Alcides los blazones
no ay fuerça contra su vida
que en uno estan los très juntos
pues la de los dos defuntos
Vive en El que vive unida.
En un' autre, estoient depeincts deux personnaiges, desquelz Tung representoit Thonneur, et l'autre la éternité avec ces vers :
Oy a Phelippe el honor a su templo immortal llama y los nueve de la fama hazen lugar al mayor, La eternidad le acompani que es bien assiento le dé.
por defensor de la fée Sol del mundo, y bien d'Espana.
En un autre estoit depeincte une certaine figure assise au mitant de plusieurs belles fleurs, et arbrissaux, et si estoit peinct à son costé un soleil qui donnoit de soy beaucoup de rayons qui selon le dire de plusieurs signifioit le Printemps, avec ces vers :
Qpando la ser™» dona Ana
Vino a ser uiadre vuestra invicto Godo,
y d'Espana senora soverana
de cristal y yerva me cubrieron todo
mi rostro enxuto, y la cabeça cana
agora a vuestras plantas acomodo :
que con las de la hermosa Margarita
El agua nasce y el campo recresçita.
'SQ9 Un' autre, auquel est peinct un éléphant, qui signifie
fortitude avec ceste devise :
Fuerit quodcumque.
En un' autre estoit peinct un bras d'homme avec un coutelas en main, avec ce vers :
Parcere subiectis, et debellare superbos.
En un' autre y avoit une galère, et eust pour devise :
Omnia tuta fides.
11 y avoit en un autre tableau, une bergère qui s'estoit endormie dedans la verdure d'un pré et y avoit alentour d'elle, un grand nombre des brebis qui y prindrent leur pasture sans que nulle d'icelles s'enfuyoit delà, qui (selon le commun jugement de tous) estoit autant à dire, comme Sa Majesté se pouvoit bien asseurer de !a fidélité de ses vassaulx qui en toutt' occasion s'ofFrante ne laisseront de l'ayder tousjours, avec ce vers :
Qpod pelago immenso generosi fiiia Carli Laeta venis, Tellus gratulor aima tibi.
Il y avoit en un autre deux anges qui s'abbayssoient du ciel pour porter à la royne un anneau, et s'y avoit il depeinct quelques chasteaux pardessus lesquelz la royne s'estendoit la main à le recepvoir et prendre, et y eurent ces vers :
El cielo ymbra al annillo 1 599
por piedra una Margarita
y como a joya bendita
quiere Espaiia receuillo
Por esso gran Reyna viene
a darte en esta occasion
al çielo del coraçon
que es donde a Phelippe tiene.
En un autre estoit depeinct, une fort belle navire, qui avoit aussi la proue très belle et chargée de force soldats tous armez de pied en cap avec ces vers :
Argo dichosa nave y celebrada La frente humilde, y tuerça ya el camino dando lugar a la Espanola armada, aunque trayga pendiente el Vellocîno que la espada del gran Felippe amada por la oriental del Resplandor divino consigo trae un celestial thesoro que escuresce la plata y vençe el oro.
En un autre, y avoit une femme qui avoit tenduz les bras vers le ciel, et sur chasque bras une pyramide, avec les vers :
Callen del sovervio'exito
Los pyramides famosos
Las estatuas y colossos
cuyo nombre vive escrito
en marboles fabulosos,
que oy Espana no en el suelo
sino en palmas por mas vuelo
pyramides solicita
à Phelippe y Margarita
que arrimen la frente al çielo.
1599 En un autre y avoit un éléphant, et alentour d'icelluy
beaucoup de brebis, avec ces vers :
Qpanto excède en poder, fuerça, y grandeza
tanto tiene de amor y de blandura
olvidado del aaituo y braveça
de la obejuela humilde el bien procura
con este exempio la real grandeza
a los fieles vazallos asegura
que de todos sera padre y abrigo
del chico escudo, y amparo del mendigo.
X Voy-cy tout; ce qu'il y eust digne d'annoter en ce
premier arc triumphal, et passant de là plus outre marcharent tout droict vers la rue (qu'ilz appellent) la calle mayor et devant l'église du monastère de S' Philippe qui est de l'ordre de S' Augustin, y eust tout au long Les degrez de St des degrez de la mesme église miz en fort bel ordre Philippe. quinze statues fort bien et naifevement faictes scavoir est
les quatorze en figure d'anges de la haulteur d'environ six pies ayant chascun en main un grand escusson d'armes qui estoient celles des royaulmes de ceste couronne et la quinziesme estoit mise au mitant des autres représentant figure d^une amazone de la haulteur de plus de quatorze pies, avec une lance en main et un escu contenant les royales armes de Sa Majesté laquelle ilz disoient représenter toutte l'Espaingne entière avec ces vers :
Yo, soy la que en dos partes dividida gozava de mi bien y gloria a solas ponia espanto con rais fuerças solas a la naçion del mundo mas temida Un hijo que pari me fue homiçida La fée y rompiendo de la mar las olas occupo las riveras espanolas
con gente infiel del cieio abhorrecida 1599
quedé sierva de Agar, siendo senora
sin fuerças pero no sin fortaleza
que siempre a cosas de valor me incita,
en siglos diez con mano vençedora
cobre el honor, mis Reynos, y riqueza
para oflfresçerlo todo a Margarita.
Plus avant en la mesme rue y avoit un autre arc Arc triumphal. triumphal au chapitel duquel y avoit quatre anges qui sustenoient un grand escusson avec les armoyries du roy.
Dessus l'architrave estoit escrit en lettres dorées le suyvant :
Margaretae Philippi omnibus animi, et corporis omamentis Inclytae Mantuam primum ingressae S. P. Q. Mantuanus devotissimi animi, jugisque fidei monumentum hoc. P.
Tout desoubs estoit depeinct un hercules avec une pique en main, faysant semblant d'abbatre certaines murailles, donnant à entendre que devant les royz il n'en doibt avoir nulles, et que porte ne muraille leur doibt empêcher l'entrée, et que leur seule présence doibt servir de rampart et defence aux inhabitans, selon le declairent plus particulièrement ces vers :
Dividit in ferro latos Rex inclyte muros
Mantua, ut auspicijs ingrediare bonis Mœnibus haud opus est quod et nos tuti in terra,
Pro muro nobis Rex ubi noster adest.
Il y avoit eacores depeinct la figure d'une femme toutte dorée avec un corbeillon tout plein de fruicts, qui signifioient les advenues des Indes, avec ce vers :
Thura, piperque Phœbo coniunx cape magna Philippi Majores oriens dum tibi mittit opes.
iS99 II y avoit encorcs depeinct un lyon, qui estoit mordant
un singe, et ce singe n'en fist nulle resistence, souflFrant le tout en grandissime pacience, avec ceste sentence :
Furor fit Isesa sepius pacientia.
En un autre tableau estoit depeinct un Dieu Cupidon avec son arc et âesche, et les yeulx ouverts disant ces vers :
Yo que venço en calor al dia del dedalo
y mando en fuego, en ayre, en agua, en tierra
bastante a perturbar la paz del çielo
quando alos altos Dioses muevo guerra
a ti Reyna excelente, cuyo celo
tanta virtud y meritos ençierra
Rindo mis fléchas y arcos por despojos
despues que solo a ver te, abre los ojos.
En un autre estoit depeinct un petit enfant au mitant d'une roue, laquelle ilz disoient signifier le monde qui va son tour avec ce vers :
Tuqui saepe soles aenigmata pandere rerum Hoccine si solves œdipus magnus eris.
En un autre estoit peincte la Royne assise au plus haut d'un arbre, et en bas d'icelluy estoit assises plusieurs muses qui chantoient entre elles la musique, et se montroient fort contentes et allègres et la royne en sa gravité et contenance royalle, avec ce vers :
La Reyna cumple la falta del novenario iraperfecio y como a mayor perfecto Le cupo silla mas al ta.
En un autre y avoit peinct un poisson qui tenoit asubiecty un fort grand et déforme animal avec, la devise, qui dict :
Victoria est sibi et hosti nociva.
En un autre y avoit un ange avec une espée en main, foulant aux piez la fortune avec ces vers :
Segura de mudanças de fortuna Levanta la virtud su honrrosa frente Espana no le pone cosa alguna de quantas tiene la ignorante gente Todo lo vençe a nadie es importuno, mayor augmento conlos maies siente sufFre, calla, sin armas se defîende consigo vive, y de ninguno pende.
En un autre, y avoit depeinct un grand fleuve ou bras de mer fort abondant de toutte sorte de grans poissons et aussi de coquilles de mer et de tout autre chose de semblable espèce que la mer prôduict, avec ceste devise :
Ab joue prindpium.
Il y avoit là tout prés une statue de figure de femme toutte dorée qui présentoit à la royne ung ancre et certaines fleurs, laquelle ilz disoient signifier la mer, avec ceste devise :
Spes publicae fœlicitatis.
En un autre tableau y avoit peinct, deux rameaux unyz et entrelasséz parensemble, qu'ilz disoient signifier
Statue.
Arc triomphal.
1599 le mutuel amour du roy et de la royne, avec la divise
qui dict :
Hinc dulces fœtus.
En un autre, estoit depeinct un ange ayant en main une fort belle roue et pardessus sa teste s'y voyoient deux mains entrelassées l'une en l'autre, que nous interprétons (fiance) avec ces vers en espaingnol :
Pues el benigno cielo poderoso
os quiso atar con nudo santo y puro,
occupando lugar tan venturoso,
que no os pueda oifender el h ado duro,
yo con sereno rostro y amoroso,
de te mudable curso os sasseguro
quen gloria vuestra y en bien del mundo quiero
tener la veloz rueda un siglo entero
En un autre estoit la mer peincte, et au mitant d'icelle avoient faict leur nid deux oyseaux couronnez qui est signal de bonace et y avoit ce vers :
Quando en el mar procelloso
Los Alçiones anidan
No ay tempestad que no impidan
todo esta en paz y repose
Assi para nuestra Espana
£1 cielo paz solicita
En tanto que Margarita
al gran Pheiippe acompana.
Statue. Il y ^voit là tout prés une autre statue en figure de
femme toute dorée qui presentoit à la royne un fort riche cordon de perles, laquelle ilz disoient représenter le royaulme des Indes, ei dict ce vers :
Occiduo Regina tibi quas littore cepi Accipe divinas nominis ipsa tui.
En un autre tableau estoit peinct encores un' autre roue, avec la devise :
Regia Maiestas proprio sibi pondère tuta est.
En un autre y avoit peinct certains sauvaiges dont chascun d'eulx faisoit son présent à la royne avec ces vers en latin et espaingnol :
Reginae tnanibus superi dant mu liera Puni Iliaque conspicuo luniine laeta favet.
Cada quai su don le ofresce
y todos quedan otras
porque aunque le ofrezcan mas
todo es suyo y mas mereçe.
Il y eust encores une autre statue de figure de femme tontte dorée, qui representoit la terre, présentant à la royne un vase faict de terre, avec ceste sentence :
Respublica Regum suorum saluti advigilans.
Passant outre prindrent leur chemin par la place qui se dict la puerta de Guadalajara et de là par la rue qui se dict, de los plateros, et de là par la place qui se dict de San Salvador, tout tenant la mayson de la ville laquelle ilz appellent, del ayuntamiento, et plus avant passarent pardevant l'église de Nostre Dame qui est la plus ancienne de ceste ville. Icy se voyoit une grande statue d'un' homme qui avoit sur sa teste un globe terrestre représentant le monde et eust pour devise :
Divisum imperium cum Jove
Arc triomphal.
Statue.
Statue.
IS99 Plus avant avoit encores une autre figure érigée en
Statue. statue de la haulteur d'environ 17 piez toutte dorée qui
representoit la personne de la Majesté du roy avec son sceptre en main, et eust pour devise :
Cassar habet.
Et de là s'en allirent tout droit vers le Palays où il y Arc triomphal, eust encores un autre arc triumphal, fort hault et bien
parachevé, auquel y avoit ceste inscription :
Philippo Hispaniarum Régi Catholico in quo patris imago cemitur, avi fœlicitas spectatur quod Margaritam Austriacam sibi matiimonio copularit S. P. Q.. M.
En un des tableaux y avoit peinct, une naviere avec les vers qui s'ensuyvent :
Qpe mucho que ayays Uegado gran senora a saluamiento, trayendo en la popa el viento del mismo çîelo ymbiado.
Ni que Neptuno anticipe nuestra comun alegria siendo dios norte que os guya faro Espana y luz Phelippe.
En un autre estoit peinct le roy à cheval, armé de pied en cap avec un coutelas en main, avec ceste devise :
Virtus rediviva.
Et plus bas y avoit ces vers :
£1 esfuerço que estava sepultado 1599
en escuro seno del abysmo
despues que Curcio por su pueblo amado
en viaima ofresçio su valor mismo,
Agora que en cetro no esta sentado
Phelippc dilatando el christianismo
Sale de las caveraas del profundo
La antigua fortaleza, y vuelve al mundo.
En un autre, estoit depeinct, la ville de Madrid et comme le magistrat d'icelle alloit au-devant de la royne en ceste sienne présente entrée, avec ce vers :
Non opis est nostras grates persolvere dignas.
En un autre estoit peinct le roy de son eage d'enfant, miz en un berceau ayant en sa main une fort grande couleuvre et deux femmes nourrices qui le guardoient s'en alloient fuyant de luy, avec ces vers :
Si en edad tan tierna y pura muestra valor semejante mira que sera adelante en la perfeta y madura.
En un autre estoit peinct une fort grande nuée, de laquelle tomboit une fort espaisse pluye avec un grand orage, et dedans ceste nuée estoit caché le roy Phelippe qui jamais n'en voulut sortir tant que ceste tempeste cessa, et dessus la nuée, estoit escript son nom Philippus, en embas Excedit nubes et au pied de ceste fiction estoient escrit ces vers en espaingnol :
Passa el Olympo la région primera del viento, y guarda loque en el se imprime porque el furor de su arrogançia fiera con el altura olympica se opprime,
Feuz de joye par trois nuicts continuelles.
Masquerade encamisade.
ou
Espana que en la mas remota esphera el cielo quiere que su cetro arrime, guarda immortal el nombre de Philippe donde jamas el tiempo lo dissipe.
n y avoir en un autre depeinct le roy, avec un ange à son costé, qui luy presentoit des fleurs, avec ceste devise :
Pars maxima sui.
Et en un autre, estoit peincte la royne couchée, toutte environnée d'un grand nombre d'estoilles et tout prés d'elle un lyon qui la guardoit le sommeil, avec ces vers :
La tierra como tiene ya esperiençia de quanto el cielo en su favor rodea destos dos quiere la influençia y el aspeto benevolo lo dessea concéda pues la cterna providencia qu'en feliz casa el Rey reynar la vea porque el leon produzga y la donzella en sus grandezas, dulces hijos délia.
Il estoit desja bien tard avant que la royne eust entrée audict palays, et comme la nuict estoit desja tombée fust commandé de par ceulx du magistrat que Ton eust à allumer les feuz d'allegrie par toutte la ville, ce qui fust faict incontinent et encontinué par trois nuicts de route. Le 26. dudict mois d'octobre y eust une grande masquerade, qu'eulx appellent encamisada, laquelle se fist de nuict, scavoir est neuf trouppes de gentilzhommes tous à cheval équipez à la ginette, et accoustréz à la morisque avec des flambeaux allumez en main, qui estoit chose fort playsante à veoir et ceux qui estoient chiefz et conducteurs de ces trouppes furent le duc d'Alve,
don Pedro de Medices frère au grand ducq de la Toscane, l'almirante de Castille, le secrétaire du roy Alonso de Muriel, qui tous avoient desoubz eulx une grande infinité de gentilzhommes de nom et marque, tous fort richement accoustréz ; les restantes estoient conduictes de quelques autres gentilzhommes particuliers et si avoient aussi les députez des estais qu'eulx appellent Procuradores de CorieSy qui pour lors estoient en la court leur trouppe ou esquadron fort bien en ordre et en ceste forme et guyse commençoient à faire leur entrée devant le palays courrans de deux en deux de tort belles carrières et estoit chasque trouppe accoustrée de différente livrée, pour se cognoistre les uns des autres. Le roy et la royne estoient regardans la feste par les fenestres de leur palays et le mesme en firent les dames et après que tous avoient passé leur première carrière se mist Sa Majesté accompaingné du marquis de Dénia à la queue ne plus ne moings accoustréz comme les autres et encourrut aussi ses carrières et de là passarent oultre courrans, et galoppans parmy les plus principales rues de la ville ce qui dura depuis les quatre heures du soir jusques aux onze de la nuict, qui fust l'heure qu'un chascun se retira vers son repos. Et avant que ceste encamisade s'encommença et afin que le peuple eust avec quoy s'entretenir y furent miz en la pleine du palays quatre haults arbres d'environ trente et six pies de haulteur droicts, unyz et fort polyz, et oultre ce oinctz avec du suif de chandelle, tellement qu'il estoit fort pénible de les pouvoir monter et celluy qui les montoit gaingnoit les pris qui y estoit attachez aux branches desdicts arbres qui estoient des jartiers, et esguillettes de soye, et aussi quelques pièces de satin, et plusieurs autres chosettes, et ne fallut per-
Le roy et le marquis de Dénia donnent en queue et se joingnent avec la masquerade.
Récréation pour le menu peuple.
1599 sonne qui s'y mist en œuvre à les monter et engaingner
lesdicts pris, et plusieurs qui n'en sceurent venir au
bout s'en glissèrent d'en hault en bas et aulcuns avecq
telle furie, et violence, (car tout l'arbre estoit engraissé
de suif) qu'à paine ilz se pouvoient soustenir et garantir
de quelque desastrée cheute, enfin tout s'en alloit en
risée, et au peuple fust donné subiect de s'entretenir,
tant que la susdicte encamisade sortist en campaingne.
Le lendemain, et delà en avant n'y eust plus nulle feste,
ni démonstration d'allegrie quelconque, qui fust digne
d'en estre remémorée, ains s'appliquoit un chascun à
se délasser le mieux qu'il pouvoit des paines et travaux
passez en un si long et pénible voyaige. Et moy pour ne
L*autheur faia perdre aulcun temps, me determinay de passer oultre
instance o tenir ^^ ^^ passé quelques moys avoys proposé, qui estoit
son congé pour se . j r r ^ -i
retirer vers sa pa- de traicter sérieusement à la venue de Sa Majesté de ma
trie. tant désirée retraicte vers la patrie, et affin de cecy effec-
tuer avec plus d'authorité, et asseurance estoit besoing me prévaloir des moyens, et faveurs du devant nommé marquis de Dénia, qui (comme dict avons) estoit grand favorit du roy, et m'estoit aulcunement addonné comme par lettres, promesses, et œuvres il m'en avoit de tout temps monstre les preuves. Mais parce que ce personnaige estoit fort entremiz des affayres du roy, et que par l'importance d'icelles n'estoit permis les luy entrerompre avec les miennes particulières, et que l'accès envers luy ne me seroit si libre, et aysé, comme bien du passé, aussy pour mieulx, et plus franchement luy entamer le tout, jugeay convenir luy en dresser un billet qui contiendroit les raysons plus urgentes de ce mien concept. Je luy en coucheay, donques ce billet en langue espaingnole le plus élégamment que possible
m'estoit de faire. Et le luy presentay le 30. de ce présent mois d'octobre, fardé et industrie de fort beau langaige pour luy en captiver la benevolence, concluyant en somme que pour les respects y alléguez, qui furent en substance que pour l'absence de tant d'années de ma mayson paternelle, et patrie me convenoit entièrement d'y retourner bientost et que pour ce faire il me voulsist obtenir aggreable et bénigne licence de Sa Majesté affin qu'icelle obtenue, je puisse avec fondement et commodité traicter de ma totale recompense qui estoit le seul but à quoy j'aspiroys et le luy en suppliay très instamment, et qu'en cecy je recepvroys le plus grand playsir et contentement du monde, car je craingnois que sans sa faveur et intervention me seroit impossible d'en par venir à bout, je luy presentay (comme je diz) ce billet, et luy suppliay de bouche me vouloir faire tant de faveur que de le lire, et m'en vouloir ayder, et favoriser, comme de son accoustumiere bonté et benevolence j'en pouvoys espérer. A quoy me respondit que le feroit très voluntiers, et avec ce m'acquietant ne luy en feiz plus nulle instance que de là, à quelques jours en avant, et iceulx passez luy en demandant la response, me dict que desja il en avoit parlé au roy, mais que Sa Majesté n'avoit encores prinse aulcune resolution, et en cecy m'alloit ainsi entretenant quelque bonn' espace, tant que (ne sachant que penser) il me falloit insister plus chaudement le pressant bien fort de m'en tyrer aulcune response. Enfin, passé quelque peu de jours après, me dict que pour ce scavoir je m'eusse à addresser au seigneur don Juan de Idiaquez et que luy m'en feroit saige du tout. Cecy me tenoit encores plus suspens que jamais d'autant, que personne de mes autfes confrères (qui n'agueres
IS99 11 s'addresse au
marquis de Dénia.
Il est renvoyé à don Juan de Idiaquez.
1599 avoient aussi demandé leur coagé, et recompense) n'avoit
esté remiz à luy, ni (pour en dire la vérité) luy en
touchoit directement, mais le mystère^ (comme depuis
m'en suys apperceu) n'estoit autre que afin, de par son
moyen, scavoir de moy, les vrayes causes et raysons
qui me mouvoient le plus, à me vouloir retirer de son
royal service, je traictay cecy avec ledict seigneur et
après avoir longtemps contesté, et l'avoir enfin, donné
entière satisfaction des legittimes causes qui tant me
pressoient à poursuyvre ce mien concept, me promist
d'en faire bon et brief rapport audict marquis afin que
par son moyen ce mien prétendu congé me fust ottroyé
Il obtint son con- comme par effect je l'obtins quelques peu de jours après
g et e marquis e ^^^^^ ^ ^^^ grand contentement et ioye, tellement que
Dénia s encharge ^ ^ ^ .
de sa recompense. Sa Majesté me fist dire, que, puisqu'en estoys du tout
résolu, qu'à la bonne heure j'en passasse oultre, et
ledict marquis de Dénia me dict que ce qui touche-
roit à ma recompense que cela demeuroit à sa charge, et
que bientost après il m'en donneroit les bonnes nouvelles.
En ces entrefaictes fust declairé, que Sa Majesté partiroit
de brief vers Toledo pour y faire avec la ser"* royne
son entrée, et pour tant plus icelle solempnizer aussi
pour rémunérer les bons et loyaux services d'aulcuns
seigneurs de sa royale court furent créez en ce mesme
temps aulcuns nouveaux tiltres de ducz, marquiz et
comtes, dont en dresserons le mémoire en un autre lieu
plus commode. Et entre iceulx fust nommé ledict marquis
Le marquib de de Dénia, qui reçeut le tiltre de ducq, en laquelle dignité
Dénia est faict duc jj érigea une sienne terre qui estoit la comté de Lerma,
de Lerma et son fils ^ 11. n/ 1 1 1 r
marquis de Cea. ^^ ^^ "*^^ ^^ ^^ ^" avant appelle le duc de Lerma, et
son filz aine qui a voit jusques ores possédé ladicte terre avec tiltre de comte, fust ^iussi melioré de celluy de
L'an 1600 fut de> claire à l'autheur la mercede du roy pour sa retraicte à
marquis, l'applicant à un' autre terre que le duc de 1600
Lerma son père luy consigna en contre change, dicte Çea, et ainsi fust du mesme dés lors en avant intitulé marquis de Çea. Le temps venu que Sa Majesté devoit partir vers ladicte cité de Toledo qui estoit sur la fin de febvrier me fust declairée par le susdict don Juan de Idiaquez, la grâce, et recompense que Sa Majesté (Dieu me le veiuUe garder beaucoup des années) m'avoit signalé pour ma retraicte, en considération de mes bons et longs sa patrie services, scavoir est, d'une pension ou rente viagiere de miir ducats tous les ans à situer et hypothiquer, es mellieures rentes de son domaine en ce royaulme d'Espaingne, et que d'iceulx je pourroys tester de la moitié, scavoir est, de cinc cens ducats par an en faveur de quelque mien heretier que par mon testament, et après mon trespas je laisseroy dénommé, situez es mesmes rentes, pour les enjouyr aussi tous les jours de sa vie, et ce dernier, me dict le devant nommé seigneur don Juan que Sa Majesté de son propre motif, et en considération, et afin qu'il y en eust mémoire à ceux de ma postérité du soing, traveil, et paine que j'avois prins à luy avoir enseigné la langue françoyse, me l'avoit eslargy. Et laquelle langue il parloit fort bien, et de telle façon qu'en touttes occasions il s'en servoit et outre ce que l'on me donneroit promptement mill' ducats pour une fois, pour en faire mon voyaige, lorsque j'en debvroys partir, sur quoy partismes vers Toledo, et illec arrivé, me jectay aux piez de Sa Majesté les luy baysant très humblement. Et en fiz aussi mon remerchiement au devant nommé duc de Lerma qui en tout et par tout m'avoit esté très favorable, qui tout incontinent me fist donner une despesche dirigée au marquis de Poza, presi-
i6oo dent au conseil de Hazienda, (qui sont les finances du
roy) avec ordre et commandement de par Sa Majesté de me faire situer icelle rente en part et lieu, où la pourroys bien et seurement recevoir.
J'eusse retourné incontinent vers Madrid à poursuyvre mes ultérieures despesches audict conseil des finances, si les vacations à cause de la sepmaine saincte, et des festes de la Pasque prochaine ne me l'eussent destourbé; car considéré que pendant ce temps là ne les pouvois aucunement advancer, Deliberay de m'y arrester tout le temps du Oparesme, et venant la sepmaine saincte me transporter vers le monastère de Nostre Dame de Guadalupe, qui n'est de là qu'à trois, ou quatre journées à y tenir mes pasques, pour en revenant m'addonner du tout à la poursuyte de mes aflfaires. Ce qu'avions ainsi conclu parensemble moy et le seigneur de Jonckhout, appelle Richard de Merode, gentilhomme de la bouche, et lieutenant des archers du corps de Sa Majesté qui passé quelques années ença estoit venu à Espaingne à y desservir ceste charge, et traictoit aussi en ce temps la fort chaudement de son retour vers le Pays-Bas, encores que pour lors ne le sçeut mener à bonne fin, suyvant quoy ne laissay ce temps pendant d'y annoter les choses que les autres fois, qu'y avois esté, m'avoient esté eschappées, et aussi aulcunes autres non moins dignes de celles dont Entrée solemnele en avons icy entassé un grand nombre. Je passeray en du roy et de la gjjçj^çç \q^ particularitéz de l'entrée pubUque qui y firent
royne en Tolède. , xm - l a . a \ »
les Majestés du roy et de la royne, pour ny avoir eu chose de grande considération d'autant que le roy avoit surprins le magistrat à l'improviste ne luy donnant aulcun loysir d'en faire leurs apprests et cecy de faict avisé (à ce qu'on dict) afin de leur excuser tant de frays et
despens, comme Ton en avoit frayé es autres villes, 1600
aussi en avons tant descourru de ceste matière en des autres endroicts de semblables entrées, qu'il ne séroit qu'attedier un chascun, de rentrer derechef es mesmes frivoles ce qu'il y eust tant seulement digne d'admiration, fust l'infiny nombre de clergé qui y vint au devant des Majestés en suyte, et accompaingnement de l'ill"* et rêver"® cardinal archevesque d'icelle cité et diocèse, tous montez à mule en fort bel ordre et grandissime pompe, lesquels après leurs deûes révérences faictes se mirent à marcher devant et conduysoient Ses Majestés tout droict vers la grand' église, en laquelle entrarent et y furent fort solempnelement receuz, avec le Te Deum laudatnus, qui y fust chanté à force voyz et instrumens musicaux, et y firent leur orayson, laquelle faicte prindrent leur route vers le royal palays, auquel arrivé se mist un chascun en repos et y eust toutte icelle nuict et plusieurs autres ensuyvantes grande ostentation de joye par toutte Execution de rin-
la cité. Le s de mars y fust tenu un spectacle public 5"isitio"deToede:
'' '^ ... V I'' 102 j ai récite un
(qu'ilz appellent Auto de la santa Inquisicion) et y furent ^^^^^ ^e la mesme
présent les Majestés du roy et de la royne, tous ceulx inquisicion (v. 1. 1, de leur royale court et mayson, et une infinité de peuple P* "5)y accourrut de touttes parts sur un eschaufïault au grand marché faict en forme de théâtre, comme plus particulièrement l'avons deduict parcy devant au feuillet 102. et partant n'en dyrons icy d'avantaige, seulement me suys avisé (oultre mon opinion d'alors) d'adjouster icy ung certain mémoire qui m'est tombé es mains, des noms des delinquans, et des sentences contre eulx prononcées par le souverain tribunal de la saincte Inquisition auquel presidoit alors l'ilh* et rêver"** cardinal
i6oo Nino de Gueuara, et qui estoit là assemblé, et assiz
au mesme eschaufault devant lequel comparurent personelcYnent les mesmes delinquans à y ouyr leur sentence, afin qu'un chascun en prenne exemple et qu'on puisse veoir les meschancetéz et enormitéz que l'on y descouvre :
Memoria de los que salieron al auto de la santa Inquisiçion à j. de março de 1600. en Toledo, estando présentes sus Magestades del Rey Don Phelippe III y la Reyna Doha Margarita, y todos los de su Real corte y casa.
Primeram" Martin Ximenez vezino de Granada, por que se hizo familiar del sancto Officio, y debaxo deste color havia hecho muchos robos y hurtos, fue condenado à la verguença, con soga al pescueço, y llevado a galeras por très annos. —
Antonio de Salazar vezino de Astorga moço de choro, porque avia dicho cinco missas sin ser ordenado, y avia confessado, fue condenado a salir al tablado con soga al pescueço, y inhabilitado y suspenso de tomar ordenes, y por quatro annos de galeras. —
Hernan Garcia Penalosa Morisco, vezino de Ornachos, por moro, fue condenado a salir con san benito de média haspa, y desterrado de Ornachos y en cien ducados para gastos del santo Officio. —
El licen**° Manuel Sanchez, portugucz vezino de Xavez de Brago por judio descendiente dellos, fue sentenciado a que saïga con san benito confiscado sus bienes, seys afios de galeras y que vuelva a carçel perpétua. —
Pedro Velasco, vezino de Sevilla por casado dos vezes, fue sentenciado a que saïga con una corossa, y cien açoies y très afios de galeras. —
Matheo de Atiença, vezino de Guadalajara por hereje ^^oo
y blasphemo, fue condenado a san benito, y carçel perpétua y confiscation de bienes. —
Hernando de Salez, vezino de Cordova, platero, por blasphemo, salio con mordaza, y por simple fornicacion, fue condenado en cien azotes, y destierro. —
Dona Yzabel del Gadilla, vezina de Zuzena Judia descendiente dellos fue condenada a habito ô san benito, y confiscado sus bienes, y carçel perpétua. —
Frutos de la Torre barbero, vezino de Navales, por simple fornicacion y hereje, fue sentenciado en destierro, y en seys mill maravedis. —
Hernando de Cordova, vezino de Montilla, por blasphemo, en çien azotes, y très anos de galeras. —
Maria de Carmona, vezina de Aguilar, por Judia, condenada a habito y carçel por seys meses y confiscados sus bienes. —
Luys de Aguen, vezino de Albalate, Moro, a habito de una banda y que jure de vehementi, j^ cien açotes, y quatro anos de galeras. —
Antonio Lobo flamenco, vezino de Anveres, hereje lutherano, condenado a habito y carçel perpétua y très anos de galeras. —
Antonio Ruyz niéto carniçero, vezino de Boxalance, por hereje con mordaza, cien azotes y très anos de galeras, —
Teresa Hernandcz, vezina de Aguilar, por Judia, très afios de habito y carçel y confiscado sus bienes. —
Yzabel Munoz, vezina de Quintenar de la Orden, por Judia, habito y carçel y confiscacion de bienes. —
Alonso de Tamayo, alguazil, vezino de Borjes, por que hizo justiçia sin orden çien azotes y galeras. —
i6oo Yzabel Mayor Mecino, mora, carçel y habito perpé-
tue, y confiscacion de bienes. — Esta fue la que se dio de punaladas. —
Âlonsa, esclava de Juan Palamar, mora, a habito y carçel por dos anos. —
Pedro Fernandez, portugez por Judio, habito, carçel y fisco. —
Maria de Heredia, mora, vezina de Valençia, habito y carçel. —
Luyz Diez, vezino de Aguilar, Judio, y hereje, habito, carçel y fisco. —
Ântonia, esclava negra, vezina de Alcadivette, blasphéma, hereje y mora, fue sentenciada a que saïga con mordaza, y a çien azotes. —
Yzabel de Se villa, vezina de Âguilar por judia, a habito y carçel de seys meses, y confiscacion de bienes. —
Catalina de la Paz, habito y carçel perpétua, por Mora. —
Juan Martinez, vezino de la villa de San Ganviel, por casado dos vezes, con una corossa, y çien azotes y quatro anos de galeras. —
Dona Catalina del Gadilla, vezina de Zucena, por Judia, a habito y carçel por quatro aiios y confiscacion de bienes. —
Andres Garcia, por moro, çien azotes, y a habito y a quatro anos de galeras. —
Maria Rodriguez, vezina de Aguilar, por Judia y hereje, a habito y que se le quite en llegando que vuelva a la carçel y reclusa en un monasterio. —
Baltazar Rodriguez, estudiante, vezino de Villanueva de la Serena, por haver dicho missa sin ser ordenado, fue condenado a çien azotes y seys aiios de galeras. —
Un Ataud, y una estatua de Roman Ramirez, moriscOy 1600
vezino de Deçà, quemado por moro, y confiscado sus bienes. —
Maria Hernandez, vezina de Aguilar, en estatua reconciliada. —
Beatriz Gomez viuda, vezina de Alcala, condenada por judaysante, y quemados sus huessos. —
Domingo Hernandez, francez difunto, hereje pertinaz^ su estatua quemada. —
Jaspar Gonzales, ponuguez, vezino de Machayna fugi* ûvOy su estatua quemada por judaysante. —
Hernan Ramirez,moro,hechizero, confiscado sus bienes y quemado en estatua. —
Jacome, françez, hereje pertinaz, quemado vivo. —
J'ai aussi par cy devant faict mention en plusieurs endroicts, et nommément au feuillet verso 168. lorsqu'en l'an 1596. j'estois en ceste mesme cité de Tengin de Engin de l'eaûe l'eaûe faict par Joanelo, qu'il y a icy à veoir en la royale ^ Tolède (t. i, p. mayson, chose certes fort admirable, et dont en ay aucunement deduict ce qui en est, mais n'en ay jamais sceu obtenir le project ou la pourtraicture, en forme qu'oculairement l'on s'en eust sceu satisfaire, car encores que l'entendement de l'homme, et son idée comprendent beaucoup, si est-ce, que bien difficilement se puist comprendre l'artifice, industrie, et invention de cest engin. Il m'a cousté travail et paine d'obtenir ceste pourtraicture, et si n'ay-je encores rien taict, car au bout de beaucoup de solicitations qu'en avoys faict envers un certain Juan Baptisto Monnegro, architecte du roy, président audict palays, qui est celluy qui le gouverne, me persuada tousjours de m'en vouloir désister, veu les
i6oo dîfficultéz et fâcheries qu'il y avoit d'en parvenir à bout.
Et le peu de profit que l'on en pourrait tjrrer comme par un sien discours que sur cecy il m*escrivit un jour, en forme de billet* se peult ayseement veoir. H me dict donc, en substance que pour bien et commodément donner à entendre le mystère de cest' engin, seroit besoing en premier lieu, faire un livre tout plain de différentes pourtraictures et après encores, pour en donner la vive intelligence, aulcuns modèles de boys puisqu'il n'y aura homme au monde qui par une seule pourtraicture pourra comprendre ce qu'il y en est. Et quand le tout soit fort bien entendu, ne se trouvera point, que ce soit un' œuvre, ou machine telle, que l'on en puisse tyrer du prouffit et qu'un particulier la puisse ymiter pour estre de grans frayz et despens, car il est vray, que despuis son commencement qu'elle a esté faicte ne s'en est on servy les dimenches et festes ni aussi les nuicts (car il y fault tousjours de gens qui le gouvernent) et ainsi n'aura jamais servy que les seules fois que Sa Majesté y aura esté, aussi ne s'en peult on prévaloir le temps d'hyver quand il gelé, et aussi quand la rivière est recreue tellement que le plus du temps cest' engin est tenu pour inutile, et par conséquent fort coustageux, et qu'au bout du compte l'on trouvera qu'il n'y aura cruche d'eau, qui n'aura coustée au roy plus d'un real, seulement s'y doibt estimer la rarité de l'esprit que de faire monter l'eau de la rivière à mont plus de 300. pies en somme cest' engin est tenu, pour un' ouvre totalement royale, et plaine d'admiration, et non qu'elle soit imitable d'un particulier, et partant n'en veulx plus rien traveiller d'en avoir la pourtraicture, laissant le curieux esprit avec cest' envie de l'aller veoir, et rechercher luy mesme, au lieu
où il se veoit, qui véritablement en est digne de la 1600
paine. Et le tiens pour une des choses les plus rares, et admirables que je veiz onques en tous les jours de ma vie. J'en veulx doncques passer outre, et m'en aller pourmener au vergier des sainctes reliques et autres choses rares, et très exquises qui se trouvent en la saincte église de ceste cité, qui meritoirement doibt estre tenue pour une des plus riches et bien pourveûes de dignitéz, et prébendes ecclésiastiques qu'il y en a par toutte la chrestienté, car doibt monter la rente, qu'en joyssent l'archevesque, chanoynes, et tous les autres prebendez d'icelle plus d'un demy million d'or tous les ans, outre l'inestimable thresoir qu'il y a des reliquaires d'or et d'argent, de la vaselle, et des ornamens de toutte estoffe chargez de force perles et piereries, et autres semblables choses consacrées au cuit divin, comme le tout se pourra veoir bien à menu par les niemoires qu'en ay recouvert et icy vont inserez commençant donques par celluy des sainctes reliques.
Delas Reliquias que se guardan en el sagrario desta Reliques qui re-
sancta Yglesia de Toledo. f ^1"^, ^'^ ^'^«"^^
^ de Toledo.
El sagraiio es una sala en quadro adornada de ymagines y pin-
turas de Sanctos, en laquai se guardan muchedumbre de ornamentos
riquissimos, Reliquias preçiosas, y muchas joyas de oro y plata, y
piedras preçiosas. Entre las Reliquias ay :
très pedaços delà cruz verdadera en que Nuestro Senor y Redemtor padesçio, bien adornados y engastados.
Una espina delà corona de Nuestro Senor, de laquai, con otras Reliquias hizo gracia y donaçion San Luys Rey de Françia, a esta sancta yglesia, es a saber :
delà lèche de Nuestra Senora la Virgen Maria. — Delà tunica purpurea, de que el Senor fue vestido en su passion. — Del lienço, con que se cinio quando lavo los pies de sus discipulos — Delà
savana en que fue puesto en el sepulcho. — - Y delos panos delà infançia del Salvador.
Reliquias delos santos Patrones de Toledo,
El braço de S. Eugenio archobispo de Toledo dentro de un rico braço de plau : lo demas restante de su sancto cuerpo, se guarda con gran veneraçion en la Capilla del susodicho sepulchro debaxo del altar mayor. — Una parte del vélo de Sancta Leocadia Patrona, y el cuchillo con que le corto Sant Ilefonso, y un huesso de la pierna de la misraa santa loqual se guarda y rauestra en un carro de plata pequeno con quatro ruedes; todo lo demas restante de su cuerpo, esta de porsi en un arca de maravillosa labor y obra, que de plata y oro, y hechura de mano de un Êimoso artifice, tiene de Costa 9000 ducados, ciento mas 6 menos. — Una figura de plata de St Ilefonso, con un baculo en la man derecha, y en la yzquierda un huesso del mismo sancto dentro de un vaso de cristal. — Otra figura de plata de St Eugenio que tiene en la mano una caxa pequena con las reliquias de S^ Dionysio, y otros sanctos.
Reliquias de diverses Sanctos.
£1 cuerpo de San Sotero papa y martyr.
Un pedaço delà cabeça de St Juan Bautista.
Un pedaço de la cabeça de San Sébastian.
Una reliquia de San Blas en una nabeçita de plata.
Qpatro cabeças de Sanctos, las dos de dos virgines delas onze mill. Otra de San Mauricio, y la otra de S. Germano.
Algunos huessos de Sancta Gâtai ina.
Azeyte, delo que mano de su sepulchro.
Item algunas cortaduras de sus vestidos.
Una mano de Sancta Lucia en-
gastada en plata en forma de
mano.
Gavellos de Nuestra Senora.
Unos corporales que hilô de su
mano S** Glara.
Item Reliquias de S. Pedro y
S. Pablo lapostoles y de S.
Agostin.
Un vaso, con reliquias de San
Nicolas.
Un vaso, con dentro una piedra,
llamada Agatha, a manera de
poma con una parte delà cruz
en que padesçiô S^ Andres.
Un vaso con reliquias de Sant
Eugenio.
Ay m unos vasos de cristal :
Una Reliquia de ligno Crucis, Una parte dd habito de San
Francisco.
Del cilicio de Sancta Maria
egypciaca.
Una costilla de Santo Sixto papa
y martyr. Una costilla de San Théodore.
Huessos de St Estevan.
Huessos de S. Processo, y S.
Martiniano martyres.
Del sepulchro del Senor.
De la esponja con que le dieron
hiel y vinagre a Nuestro Senor.
Del vélo de Nuestra Senora.
Delà camisa de Nuestra Senora.
Del sepulchro de Nuestra Senora.
Delà sangre de S^ Juan bautista.
De Santa Candida.
De San Pedro de Alexandria,
obispo.
Delos huessos de S. Juan Apostol.
Ddos huessos de Santa Ana.
Del diente de San Agostin.
Delos huessos de San Ambrosio.
Ddos huessos de Sant Anton.
Delos huessos de Sant Gorge.
De San Ypolito.
De Santo Domingo.
De Santa Magdalena.
Delà çapata de S*^ Catalina.
Delos huessos de S^ Barbara.
De So Thomas obispo de Con-
turben.
De San Bonifacio, obispo.
De San Alexo, confessor.
De San Cosme et San Damian.
De San Q^irino, obispo.
De San Julian arçobispo de
Toledo.
De Sanu Basilia De San Gauiiel. Del pellejo de San Bartholome.
De Santa Yzabel.
De San Severo obispo.
De San Félix martyr.
Delos huessos de San Mauro
martyr y obispo.
Una costilla de San Prudençio.
Un diente de San Eugenio.
De Sant Antonio de Paula.
Delos huessos de San Millan.
Delos Inocentes martyres.
De Santa Vitoria.
De S«^ Petronilla virgen.
De San Vizente.
De San Eligio obispo.
De San Frigio.
Un reîiquario que dià
San Luys, Rey de Françia, que
tiene 28 Reîiquias :
Un huesso de San Christoval.
Uu huesso de Sant Estevan.
Un huesso de San Lorenço.
Un huesso de San Alexo.
Un huesso de San Damian.
Un huesso grande de Santo
Eugenio.
Un huesso de Sant Dionysio.
Un huesso de San Cosme.
Un huesso de San Félix.
Del vdo de St« Maria.
Un huesso de San Luys.
i6oo
Delo^ cavellos del principe de los Apostoles.
Delà lèche de S<* Ana.
Delà sangre de S. Juan bautista.
Un huesso de San Leonardo.
Un huesso de San Bonifado.
Un pedaço del vestimento de San Francisco.
Un huesso de San Junco martyr y obispo.
Un huesso de San Ignacio.
Un huesso de San Ambrosio.
Un huesso de San Quinto martyr y obispo.
Un pedaço del cilicio de S» Thomas obispo de Conturben.
Un dedo de San Juste martyr.
Un dedo de Santa Yzabel.
Un huesso de Sanu Barbara.
Un huesso de San Pon confessor.
Un dedo de Santa Marina.
Un pedaço de ligno crucis.
Una arca labrada de atarses que tiene très quanas de largo.
Ay en ella muchas reliquias sin nombres.
Dos Caxas redondas de marfil en que ay reliquias de santos. las quales por ser muy antiguas no se saben los nombres délias.
La cabeça de San Anton.
Reliquias de San Gamiel martyr, y otras Reliquias que estan en este relicario sin nombres.
Una arca de atarses en que estan quatro cuerpos de santos, de que no se saben los nombres.
Mas otros dos vasos de oro fino con reliquias sin nombres.
Otra arquilla de marfil con reliquias sin nombres.
Del pesebre otra parte.
Del calvario.
Del sepulchro de Jhesu Christo.
Delà cera que ardia en el pesebre.
Delà cera que fue puesta en el sudario.
Delà tierra delà fiiente donde lavo Nuestro Senora los panos de Jhesu Christo.
Varo delà fuente Jordan.
Piedra de la casa de Santa Maria.
Del campo santo y otras reliquias de que no se saven los nombres.
Una arca con reliquias de santo de que np se saven los nombres.
Una de San Pedro Celestino.
Delà tunica de San Juan apostol.
Del pano de San Felippo apostol.
De San Berna ve apostol.
De San Adon Abad.
De Santa Ursula.
De San Basilio.
De huessos de Sant Anton.
Un casco de San Blas que diô Don Pedro Tenorio arçovispo.
Delos huessos de San Fabian que diô et Rey don Fernando d* Aragon.
La cabeça de San Leandro archovispo de Sevilla.
De San Cucufas.
De la carne de Santo Thomas arçobispo de Conturben.
De Santa Genofegia virgen.
Una costilla de Saata Olaya.
Del olio de San Diometrio.
Del sepulchro de San Nicolas y
de sus huessos.
De San Lorenço otra Reliquia.
De Sant Estevan otra Reliquia.
Ay mas otras reliquias que no se
saben los nombres.
Del sudario de Nuestro Senor.
£1 braço de Santa Helena Reyna.
Delà coluna en que fue açotado
Nuestro Senor.
De un pano que San Francisco traya puesto en sus Uagas.
Muchas delas quales reliquias deve esta yglesia a Don Gil de Albornoz arçobispo que fue délia y muchas otras reliquias ubo en este santo templo antes delà gênerai perdida de Espana, lasquales Urbano arçobispo de Toledo Uevo a las Asturias, y estan en Obiedo enla Camara Sancta.
ledo.
De otras joyas que ay sin las Reliquias.
Una cruz padriarcal que tiene de ligno crucis, con muchas reliquias, Mémoire de joyque diô don Pedro Gonçalez de Mendoça cardinal y arçobispo de aux et plusieurs au- Toledo, laquai sacan a todas las processiones solemnes. Laquai fue tr^s choses riches la primera que se monstro en el Alambra de Granada, quando se ^^^ ^ église de Totomo aquella ciudad por don Fernando y dona Yzabel, donde el dicho cardinal se hallo présente, y es esta cruz de plata dorada, con su hasta guameçida de plata, y la acostumbrava de llevar por guion el dicho cardinal quando se hallava en las guerras.
Ay en el sagrario sin las reliquias dichas, muchos y ricos ornamentos, joyas y adreços con piedras preçiosas, esmeraldas, safiros, diamantes y rubies, una con un grande tapaçio resplandesciente, mitras muchas, unas para el perlado, otras mas Uanas para las dignidades, vasos de plata, cruzes, calices, candeleros, acetres para el agua bendida, incensarios, blandones, portapazes, hostiarios, aguamaniles.
Ay doze pieças principales de gran artifiçio que pesan 500. libras de plata, de que hizo donaçion a este sagrario Don Juan Martinez Suliceo cardinal y arçobispo de Toledo, y très calices de oro, con los dos dize el perlado missa quando la dize en pontifical, son muy ricos con muchas perlas de aljofar, y de gran costa. Ay muchas ciuzes grandes de plata con sus mangas bordadas y entre ellas una principal de maravillosa grandeza que en çiertos processiones solemnes la Uevan en una manera de carro.
i6oo Ay una manga de cruz toda de plata de martillo, con hystoria dd
nascimiento y passion de Nuestro Senor.
Ay una ymagen de Nuestro Senor toda de oro purissimo en una lamina de oro con rouchas piedtas preçiosas que diô el mismo cardinal.
Ay assi mismo los ymagines de vulto de Nuestra Senora y delos doze apostoles todas de plata pura y dorados, y otras de otros santos, senaladamente lo de san Juan bautista hasta el medio cuerpo que se trae en unas andas.
Ay un vaso grande de unicornio guamecido de oro.
Ay una corona impérial de Nuestra Senora del Sagrario, toda de oro puro, con mucha piedreria y aljofar que la estiman ochenu mill ducados y costo de hechura ocho mill y quatro cientos.
Ay unas nianillas para Nuestra Senora lasquales se estiman en 70000. ducados de oro y piedras de différentes maneras, que si no en verlas no ay quien pueda explicar el valor y hermosura, costaron 5300. ducados.
Ay très tomos de libros que contienen el texto delà biblia, escritos de mano, y iluminados de ricas ymagines, que dava por ellos uno de los Reyes passados en trueco la çiudad de Guadalajara.
Ay una custodia de plata y oro en que se saca el santissimo sacramento en procession los dias de Corpus Christi, esta fabricada en forma de pyramide a hechura de incensario, y dentro délia ay otra custodia de oro puro que se hizô del primer oro que vinô delas Indias a Espana, con su viril en que va enserrado el santissimo sacramento. Esta custodia de plata y oro, succedio en lugar de otra que avia y se llevo del sagrario en tiempo de comunidades, que peso 328. marcos de plata, y la de agora se hizo en tiempo del cardinal don fray Francisco Ximenez. y despues muy acrescentada, dorada y mejorada en el ano passado de 1595. anadiendosele 113. marcos de oro y plata sobre lo que ténia que viene a pesar por todo junto 795. marcos de oro y plata, y costo entonces de limpiar y adreçarle y con una peana de plata que le anadieron de la hechura 8000. ducados.
Ay la arca en que esta el cuerpo santo de Santa Leocadia que es de plata sobredorada, y es una de las buenas pieças que ay en Espana, laquai tiene al rededor su vida y martyrio, costo de hechura 5000. ducados y mas.
Una mitra de pontifical que era de don Pedro Gonzales de
Mendoça de muy rica piedreria y mocho oro que la estiman en 80. miil ducados.
Ay très portapazes de oro de grande estima, de mucha pedreria» perlas y aljofar, dan paz con ellas a las personas reaies las vezes que vienen aqui.
Ay otro reliquario todo de oro fino en que esta la reliquia de ligno crucis écho con una cruz, del tamano de un dedo de largo y ancho, en esta juran los Reyes y arçobispos quando toman la possession del Reynado o arçobispado, es este relicario de très quartas de largo y es de muy rica hechura.
Ay mas un madero de peral, que causa admiraçion. £1 quai siendo traydo en anos passados a casa de un judio, y queriendole partir por medio, se hallo dentro del la ymagen de Christo crudfîcado, muy bien figurada ; y el judio se convertio a nuestra santa fee. Qpien mas por estenso lo quisiere ver mire la Defcripçùm de Toîedo que escrivio el doctor Francisco de Pisa.
De los Ornamentos.
Ay muchos y ricos ornamentos que ponelles todos aqui séria negodo muy largo solo se pondron los mas principales.
Un omamento sin costura de oro y seda, y de muy riquissimo brocado, que diô don Pedro Gonçalëz de Mendoça arçobispo de Toledo, que es, frontal, cappe, casuUa y todo lo demas muy completo.
Otro muy rico de brocado, que diô el mismo.
Ay otro muy rico con mucha pedreria y aljofar y volanteria de oro, que diô un Infante de Aragon.
Ay otro muy rico, que diô el arçobispo don Fray Frandsco Ximenez de Cisneros, tiene muchas perlas, y aljofar, es de lindo brocado, tiene en el passai delà cappa una piedta con sus armas, que es un tapaçio de grande estima.
Ay otro ornamento que diô don Alonso de Fonseca muy rico con muchas perlas y aljofar.
Ay otro muy rico de brocado, perlas y mucho aljofar que diô don Alonso Carrillo arçobispo de Toledo.
Otro muy rico que es de terçiopelo carmesy de muy rico bordado de oro con unos troços y lampazos de oro, que todo es muy rico y luzido, y tenido en mucho, hizose para la entrada del cuerpo de
Mémoire des orments de Teglise de Toledo.
i6oo
Mémoire des chapelles et enterremens d'aulcuns roys en l'église de Toledo.
Sant Eugenio, y assi se nombra el ornamento delà entrada del santo.
Ay mas cruzes, mangas, cappas, oraamentos, candeleros muy ricos de que no ay numéro, sino en viendolo no puede quedar satisfecha una persona, y assi no se pone mas aqui.
Y ay mas en esta sancta yglesia, veinte lam paras de plata de que ay en el sagrario las onze, y las demas estan repartidas en la yglesia.
Las Capillas que ay en esta santa yglesia^ y de algunos entierros de Reyes y otras personas sehaladas.
La Capilla mayor del choro, donde estan enterrados junto al altar mayor, quatro cuerpos de Reyes : El Emperador y Rey don Alonso el VII. (reyno cerca del ano 1 104.) — El Rey don Sancho el III. (reyno cerca del ano 1157.) — El Rey don Sancho el IIII. (reyno cerca del ano 1284.) — y el Infante don Pedro. — Todos estos estan al lado del Evangelio. mas esta enterrado en esta dicha capilla mayor el Cardinal, Patriarcha, y arçobispo de Toledo, don Pedro Gonçalez de Mendoça.
La capilla de Nuestra Senora del sagrario, con dos capillas que estan dentro del mismo sagrario, que son de S. Andres y de S^* Marina. — La capilla de Jhesus de Cacocuna. — La capilla de Santa Leocadia. —
La capilla de los Reyes nuevos donde estan seys Reyes enterrados que son : El Rey don Enrique el I. (reyno cerca del ano de 12 14) y dona Leonor, su muger. — El Rey Enrique el II. (reyno cerca del ano 1369.) y dona Juana su muger, que Ilamavan madré de los povres. — El Rey don Enrique el III llamado el Justiciero (reyno por el ano 1390.) y dona Catalina su muger. Esta Reyna doto en esta capilla ocho capillanes y un capillan mayor y tiene cada capellania 300. ducados de renta y la mayor 500. Despues la doto mas el Rey don Juan el II. cuyo vulto esta aqui, y su cuerpo enterrado en su monasterio que fundo de Cartuxos llamado Miraflores cerca de Burgos, y conlo que despues anadio el Rey defunto don Phelippe el II. se han augmentado las dichas capillanias en renta y numéro, hasta 26. capellanes, con sacristan y moços de capilla, y dos masseros. que estan con sus massos a la puerta miendras dizen los offiçios en la dicha capilla. Uegan las capillanias cerca de 1000. ducados y la mayor de 2000.
La capilla de Santiago donde esta enterrado don Alvaro de Lunas 1600
y otros parientes suyos. En esta, capilla se dizen cada dia setenta missas por el cabildo de la sancta yglesia.
La capilla de Sant Ilefonso donde se celebran las ordenes générales, en esta capilla esta enterrado don Gil de Albornoz cardinal y arçobispo de Toledo. El quai truxieron en hombros de Roma despues de muerte, y los que le trayan y ayudavan a traer, ganavan jubileo. Entro en dia de S. Bartholome apostol, y assi el nûsmo dia se dize un aniversario de difuntos aunque es dia de fiesta que no se le dize en todo el ano en el choro a ninguno aunque fuera qualquier otro arçobispo y este se pone aqui por que es muy grandfe honrra. — Ay otro entierro de don Alonso Carillo arçobispo, sobrino del dicho cardinal, y très parientes suyos.
La capilla de la SS. Trinidad. — La capilla de San Nicolas obispo. — La capilla de S. Gil abbad. — La capilla de S. Juan Bautista. — La capilla de S. Ana madré de N. Senora.
La capilla delos Reyes viejos, la Advocacion del Espiritu Santo y la Cruz, esta capilla se Uama delos Reyes viejos porque su capellania era en el coro, en el altar mayor donde estan enterrados los quatro Reyes de arriba. Pues como el altar mayor y los coros se pusieron en medio del cuerpo delà yglesia, dieron a esta capilla a los capillanes paraque dixessen los officios y las missas dexando alli los cuerpos delos Reyes viejos. Ay doze capillanes y capillan mayor, que renta a cada uno cerca de 150. ducados, y al mayor doblado.
Ay mas otros muchos entierros de Senores, y gente principal que haverlos de poner todos aqui séria nunca acabar.
Ay tambien otra capilla muy grande en que se dize el oflicio gothico que otros llaman Muzarabe, de que ay mucho que dezir.
Et puis que parcy devant ay promis d'en esplucher Messe muzarabe ceste matière à la première occasion s'offrante me suys °" gothique (Cfr. résolu de m'en desengaiger ceste fois, et par ce que le • • P* 9 >• subject mérite la paine, de rédiger le tout en nostre langue vulgaire afin qu'un chascun en puisse estre participant. J'ai rencontré de bonne fortune un chroniste du roy chapellain de ceste mesme chapelle, appelle £1 doctor Fran^^ de Pisa, qui a composé un traicté exprès de
i6oo Tancienneté de cest* oflSce, et de son origine, aussi de
Tusaige, et exercice d'icelluy et en la forme qu'il se dict joumelement en ceste chapelle. Aussi en a escrit bien larguement un certain religeux de l'ordre de S* Augustin dict fray Hieronimo Roman en un sien livre, intitulé Respublicas del mundo : du discours de l'un, et de l'autre prendray icy ce que le plus me semblera convenir à nostre propos et diray donc, par authorité de ces deux personnaiges, que anciennement en la primitive église chasque nation usoit différemment touchant la célébration de la messe, et les autres divins offices, mais ce qui touchoit le poinct substanciel, qui est le mistere de nostre fby touttes se conformoient, et suyvant ceste usance et façon de faire prindrent ceulx des Espaingnes, la façon, et manière de prier et servir Dieu, selon qu'en usoient les Goths, lequel office ilz appeloient Gotique, ysidorien, ou Mozarabique. Il se dict Gotique parce qu'entre icelles gens l'on le pratiquoit ainsi, ysidorien, parce que S^ Isidore grand docteur et prélat des Espaingnes s'en servoit, et en partie l'avoit ainsi ordonné, comme aussi du mesme celluy de Milan se' dict Ambrosien, parce que S^ Ambroyse evesque qui fust de la mesme cité l'avoit ainsi ordonné et s'en servoit en ce temps là et encores pour le jourd'huy y est observé pour n'en effacer du tout la mémoire. Et Muzarabe pour le vocable corrompu de Mixtiarabes qui furent les anciens chrestiens du temps des Arabes, ou Barbares qui après la destruction générale des Espaingnes demeuroient vivans entre eulx avec exercice de leur ancienne religion, et pour estre ainsi mixtionnéz les uns, entre les autres, leur fust donné et imposé un nom gênerai de Mixtiarabes et de là est dérive le nom de Muzarabe et parce
qu'ilz avoient réservées leurs églises esquelles s'exer- 1600
çoient les offices de leur religion fust cestuy leur office
appellée Muzarabe. Le docteur Fraa^° de Pisa deduict
l'origine de cest office du temps des Apostres mesmes et
selon les raysons qu'il y allègue doibt estre ainsi. Il
dict que cest office isidorien se pratiqua es églises des
Espaingnes tout le temps que les Goths les tenoient
possédées, qui debvroient estre quelque cent et vingt
ans avant sa destruction et encores fust-il continue tout
le temps de son invasion des Mores ou Arabes, qui
seroient encores quelques trois cens, et septante ans, et
que depuis ceulx de Tolède ont toujours continué cest
office à cause de quoy est aussi appelle d'aulcuns, Tole-
dan, encores que par laps de temps il s'est venu à
s'afBochir un petit. Jusques à ce que l'illust"* Cardenal
don fray Fran'^® Ximenez de Cisneros, archevesque de
Toledo, considérant que le tout alloit en décadence
par iaulte des livres et aussi des prestres qui à paine
ne scavoient comment en user car desia (longtemps
avoit) celluy qu'ilz appellent Grégorien estoit en usance,
et parce que les livres qu'il y en avoit, estoient desia
tous usez et encores incorrects et escripts à la main
en lettre gotique, se mist à le redresser tout. Suyvant
quoy fist en premier lieu reformer lesdicts livres, et les
imprimer en lettre et caractère vulgaire latine et ce faict,
funda et institua, en ceste saincte esglise de Toledo une
chapelle, et dota en icelle treze chapellains, dont Tun
d'entre eulx seroit le premier, avec des fort bonnes
prébendes, et avec obligation d'y dire tous les jours le
divin office suyvant icelle mode. Cest office est reparty
en ses heures ordinaires qui sont matines, prime, tierce,
i6oo sexte, none, vespres et complètes, et en est beaucoup
plus court que le Romain, saulf la messe qui est de plus longue durée, et selon qu'aulcuns disent ou pegsent se dict icelle tout au revers, mais cela est faulx, comme se dira cy après, bien est vray qu'aulcunes choses vont postposées selon Tordre grégorien qui s'use modernement en la saincte église romaine mais le tout va fort bien ordonné, et fort dévotement ilz commencent par la confession comme nous faysons, et paraprés disent certaine Antiphe avec quelques autres verselets qui servent de introibo, et après sans en dire les Kyries, commencent la Gloria, si la messe est basse, ne se dict davantaige que les seules paroles que pronunçoient les anges, scavoir est jusques à, bonse voluntatis, et si elle est chantée, fault que le prestre le Use tout, pendant que le chœur le chante. Âpres la Gloria, se dict une seule orayson et tout incontinent une prophétie, et après icelle TEpistre. Pendant que cecy se faict transporte-on un livre missal vers le costé de TEvangile, lequel on change chasque jour, parce qu'en icelluy se faict mention de la festivité de tel et tel sainct du jour que l'on célèbre, et Tautre missal du costé de l'epistre est comme ordinaire et commun, et partant y demeure-il tousjours, et y demeurent les deux missaulx sur Tautel tant que la messe est finie, tout cecy miz en ordre se dict incontinent l'évangile, et icelluy dict s'ensuyt TAlleluya, et se faict l'offrande de l'hostie, et du calice, et depuis Adiuvate fratres, et prend incontinent après de l'eau pour se laver les mains, et passant outre dict aucunes oraysons, et par icelles s'invoquent quelques saincts et lors se donne la paix, et commence à dire la préface laquelle n'est pas ordinaire, mais est chasque jour différente selon la feste
d'un tel jour, et lors se faict commémoration d'un tel i^oo
sainct, comme aussi le mesme s'observe en l'office
ambrosien. Ce qui touche à la consécration de l'hostie,
et le calice n'y a nul changement quelconque suyvant
en tout l'ordre, qui se tient selon Toffice romain, ni
jamais nation s'est difFerentiée en ce point, comme chose
de tant de poix et conséquence. La consécration faicte,
prend le prestre la saincte hostie et la haulce, et du
mesme aussi le calice couvert avec la patène, ei va ainsi
poursuyvant jusques à la haulcer la dernière fois et alors
commence-il à dire le Credo tousiours avec la hostie
en main. Et avant que communier la saincte hostie, la
reparte en neuf pièces, et les met touttes neuf sur la
patène en forme de iji croix. Touttes les 9. piécettes
ont leur noms différent, les cinc premières s'appellent
Corporaiio, Nativitas, Circoncisio, Apparitio et Passio,
les quatres dernières Mors, Resurrectio, Gloria et Regnum.
Après s'ensuyt El mémento, et tout incontinent se dict
le Paternoster, et chasque pétition repond le peuple
Amen, et quand il dict : Panem nostrum quotidianum
da nobis hodie, se respond : Quia Deus es. L'une des
neuf pièces de l'hostie prend le prestre, et la jecte au
calice disant certaine orayson, par laquelle il se prépare
à la s**^ communion. Il ne communie pas si tost, mais
prend en la main une certaine piécette, et se mect au
mémento pour les defunctz, et après en communie, et
ayant communié se prend le livre, et le port-on à l'autre
costè de l'epistre, et là se dict la dernière orayson, qui
est, comme celle, Post communio, et avec cecy s'achève
la messe : quand le prestre dict Dominus vobiscum, selon
nostre façon ordinaire, y ajouste, sit semper, et dict
ainsi : Dominus sit semper vobiscum, aussi ne se tourne
x6oo il point le visaige vers le peuple, mais demeure à pied
coy vers l'autel, et ce pour rayson, qu'anciennement les autelz estoient faicts de telle manière que quand le prestre celebroit le peuple le voyoit tousiours de plain visaige, et ainsi n'avoit pas nécessité de s'en retourner vers icelluy. De ces semblable autelz y en a il encores aulcuns en Espaingne, mesmement en l'église cathédrale de Salamanque, et aussi en Hozillos le chemin de Valladolid à Burgos lequel moy mesme ay veu, et remarqué entre
(T. I, p. 165.) autres antiquitéz dont cy devant ay faict mention : ce
qu'ay dict icy de cest office de Muzarabe est superficielement tout ce qui se peult dire, qui en désire scavoir davantaige regarde les sus-alleguéz autheurs et principalement le docteur Francisco de Pisa en un sien traicté imprimé en langue espaingnole, por Pedra Rodriguez en Toledo l'an i$9}. Je cesseray donques avec cecy d'en
Epitaphe mis en dire davantaige, et avec l'ensuyvant epitaphe serreray l'église de Toledo. ce discours des choses remarcables qu'ay trouvé en ceste
saincte église, cest epitaphe ay trouvé entre plusieurs autres qui s'y voyent en une paroy touchant la mémoire que l'on y tient des Archevesques qu'il y a eu de ceste église, dont il y en avoit un grand nombre et en eust esté chose par trop prolixe d'en avoir tyré copie de tous; cestuy-cy estoit le dernier de tous, et pour toucher au ser"* Archiduc Albert d'Austrice nostre seigneur et prince par alliance de la ser°* Infante d'Espaingne, comme cy devant avons dict Tay bien voulu icy adjouster.
ALBERTVS. I. GARD. ARCH. AVSTRIiE MAXIMIL. FILIVS. FERD. ET CARO. V. NEPOS, ROM. LMP. FRATER, ELECT.TOL. BELGAR. REBELLIVM. GALLOR. HOSTIVM VIRIB. PROFLIGA. YSABELLA INF. CAST. DVCT. VXORE, BELGY DOMINATVM ADEP.RENVNCIAVIT, ARCHIEP. IX MEN. IVLY. M.D.XCVUI.
Et enbas estoient gravé ses armes, avec le capel de 1600
Cardinal.
Geste cité a renommée sur touttes autres, je pense de toutte la chrestienté des bonnes et belles feuilles d'espée que Ton y faict, et ne pense pas, que personne n'ignore cecy, et parce que Ton en est si curieux, et qu'il y en a souvent abus de les bien cognoistre ay grandement traveillé par moyen des plus vieux maistres de ce mestier d'en dresser icy un mémoire, contenant les noms, surnoms, marques et particularitéz de ceulx qui ont eu famé, et renom en cest art et science et les lieux de leur résidence, y observé le mieux que possible nous a esté Tanterieurité de leur succession, qui servira pour ceulx qui curieusement vouldront recognoistre les espées tolédanes, et autres qui se font en ce royaume et qui ne sont point contrefaictes comme il y en a aulcunes, et dont il y en a un grand abus parmy le monde.
I. En Cuellar, deve de haver çien anos, labravan très espaderos, que Uamavan la buena Junta, porque se juntavan todos très à hazer una espada muchas vezes, al uno Uamavan Antonius : este echava por su marca
una ^ri griega grande, Otro se Uamava Piero, y
echava por su marca una P crescida, y el terçero se Uamava Kataldo, y por su marca una K, crescida, y ninguno destos echava corona, y enlas mas de sus espadas ponian sus nombres, labravan todos corto, y anchuelo, y quando hazian espadas de junta echavan todos très cada uno su mano en Elias, y estos Uamavan de la buena junta.
i6oo
2. /''^T/ 1 2JLÎJÏAt^^ P^^^ ^^^^ ^" nombre en una canal mal hecha, con unos perfiles malsaccados, y
al remate destos perfiles ± y al principio X. ^
esta marca, de un lado y destro, son de taille anchas delgadas, y cortas. La que vi destas^ era una del Mayorazgo del Marques de Villanueva, guarnecida de oro, que todo su adreço con vayna y tyros valia mas de 3000. ducados, y nose sabe enque tiempo labro este maestre.
3. Anton de Bayena labro en Cordova deve de haver cosa de 80. anos y escrive su nombre en la canal,
pone por marca una ^.^ griega pequena, y algunas
vezes dos, très, y aun quatro : son sus espadas de medio talle, que quiere dezir un poquito mas anchita del ordinario y tiene el recasso Uano y de très mesas.
4. Luys de Nieva, labro en Toledo, escrive su nombre en la canal pone por marca una L y una S sobre la L y una corona ençima; son de recasso Uano todas las que labro.
5. El Ballestero de Badajoz, pone por marca al cabo delà canal una ballestilla de laton, y maUiecha, son sus espadas de corte y de medio talle, y de recasso Uano.
6. En ValladoUd labro Machin, echava por marca una Aguelilla, ponia su nombre en la canal ; son sus espadas delgadas y cortadoras.
7. Maestro Pedro, labrava en ValladoUd, echava por marca una P pequenita al rêvez y en algunas echava très o quatro P. labrador tambien delgadas y cortadoras.
8. Miguel Sanchez el tixerero en Toledo pone por i^oo marca una Tixera muy angostica y pequena en el recasso, y en la canal pone su nombre.