‹ Le pastel, simplifié et perfectionné (volume 2)Chapitre 1 sur 6 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le mot paste/ de Titalien pasta qui veut dire pâte, s’applique à un genre de dessin ou peinture qui s’exécute avec des crayons de couleurs plus ou moins tendres; sur papier de couleur d’un certain grain, sur papier dit pumicif ou enduit de ponce, sur bois préparés de même, sur peau de vélin épidermé par le frottement , de manière à être rendu cotonneux, ou même sur canevas, enduit d’une préparation en détrempe, etc., etc. Le travail en est fort agréable par la promptitude et la facilité des résultats, n’occasionnant aucune odeur, se prêtant à tons les genres indifféremment, et procurant aux amateurs les plus séduisants délassements.

On peint au pastel en écrasant les couleurs tendres et en les frottant avec le doigt comme on verra plus loin. Le seul inconvénient du pastel est d’exiger beaucoup de soin pour la conservation des ouvrages. Il faut les encadrer et les mettre sous verre pour les préserver du frottement et des altérations (ju’y occasionnent la poussière, l’air et l’humidité, mais quelques précautions fort sim-

pies que nous indiquerons , suffiront pour leur assurer une fort longue durée.

En outre, il n’a pas, comme la peinture à l’huile, l’inconvénient de miroiter. Aucune manière de peindre ne se rapproche autant de la nature que le pastel. Les tons y sont vrais, brillants, pleins de fraîcheur, d’éclat et d'un velouté remarquable.

On tomberait dans une grande erreur, si l’on pensait pouvoir se livrer à l’étude du pastel avant que de savoir dessiner, car, pour faire de l’aquarelle , de la peinture à l’huile ou du pastel, une connaissance suffisante du dessin est une chose indispensable.

Ainsi, la personne qui voudrait commencer à peindre ou à manier les crayons-pastels, sans avoir consacré le temps nécessaire aux études du dessinateur, agirait comme un architecte qui voudrait élever un édifice quelconque sur des fondations insuffisantes et manquant de solidité.

La peinture à l’huile nous attache par des qualités énergiques et puissantes; l’aquarelle nous charme par sa transparence et sa finesse; le pastel nous plaît par son éclat, par son velouté, qui semble enlevé à l’aile du papillon et n’êtrc inventé que pour reproduire à nos yeux les riantes images des femmes et des fleurs.

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