‹ Le Pater [microforme]Chapitre 5 sur 10 · MLLE ROSE, JACQUES LEROUX · texte numérisé non relu

MLLE ROSE, JACQUES LEROUX

JACQUES LEROUX, d'une voix défaillante Asile !

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JACQUES LEROUX

Voulez-vous me cacher ? Oh ! par grâce !

J'ai pu leur échapper, ils ont perdu ma trace. Personne ne m'a vu lorsque je suis entré, Voulez-vous me donner asile ?

MLLE ROSE, à part

Un fédéré !

Ici! chez moi!

JACQUES LEROUX

Je suis un vaincu qui se sauve | Pitié ! Je suis traqué comme une bête fauve, Avec ces Versaillais toujours sur mes talons. S'ils me prennent, portant cette veste à galons, Tout est dit. On me colle au mur, on me fusille. Mais en fuyant, j'ai vu ce jardin, cette grille. Je me suis jeté là. Les femmes ont bon cœur, Et vous me cacherez, n'est-ce pas? Oh ! j'ai peur Que des crimes d’hier votre esprit me soupçonne. Je n'ai pas mis le feu, ni fusillé personne.

Donnez-moi quelque coin où je reste terré, Pour un jour, un seul !.. Oui, demain, je partirai.… Je ne suis qu’un obscur combattant, sur mon âme ! Et si vous me chassez, je suis mort... Oh ! madame, Un homme vous est cher, père, fils, frère, époux. Je vous prie, oh ! les deux mains jointes, à genoux, Sauvez le fugitif, le vaincu de la guerre, Au nom de ce mari, de ce fils, de ce frère !

MLLE ROSE

De mon frère !…. Debout ! l’homme ! Ecoute et conclus. Un frère ? j'en avais un, mais je ne l'ai plus,

Et son nom va rejoindre à tout ton bavardage.

C'était l'abbé Morel, fusillé comme otage.

JACQUES LEROUX

Livre #4 Mour Je suis perdu ! Fuyons ! Sache Je su MLLE ROSE, /{ barrant Le Lassage Oui, Perdu, tu l'as dit.

Perdu !.. Sors, si tu veux, de la maison, bandit ! Vous Je ne te quitte Pas, je te suis dans Ja rue,

J'appelle et je te montre à la foule ac Et demi-morte, avec ton couteau da Je te suivrais encor, criant :

courue, ns le sein, “A l'assassin !”

JACQUES LEROUX Mais je n’en suis Pas Un ! J'étais aux barricades Et je me suis battu co

mme les camarades.

(Ces crimes, c'est affreux ! mais j'en suis innocent ! Grâce !

MLLE ROSE

(Prenant La Soutane ct la lui montrant. ) Jusqu'à ce haïllon, tiens, Par mon frère porté, Alors qu'il Prodiguait l'or de sa charité, À vous, les gueux, à vous assassins que vous êtes ! Te faire grâce, moi ! Tu veux rire !

JACQU2S LEROUX, se redressant Les

Eh bien ! faites,

Livrez-moi, car j'ai trop supplié. J'avais tort. Mourons en brave ! Et vous que réjouit ma mort, Sachez donc jusqu'où va votre bonne fortune.

Je suis Jacques Leroux, membre de la Commune.

ge MLLE ROSE dit, indit ! Vous !

— JACQUES LEROUX in, ; ” Je n'ai pas voté les lois de sang. Parbleu !

Je haïssais d’instinct les mangeurs de bon Dieu. Pourtant, j'ai repoussé la loi des représailles d Et je me suis battu contre ceux de Versailles. 1des À Voilà tout ! Mais je sais à présent ce que vaut L'hypocrite bonté du prêtre et du dévot.

ocent | Femme sans cœur, il faut qu'au moins je vous le dise. # Ceux-là qui font semblant, d’adorer dans l'église " L'innocent mis en croix qu’ils nomment Jésus-Christ, Ignorent le pardon et livrent un proscrit.

sang; à MLLE ROSE, à part vivre ! { Ada hé © Ces paroles! C'était presque la même chose | Que disait le curé:

mn chef !

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