‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 41 sur 102 · INTRODUCTION LVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LVII

gnés aux Dialogues, nous entrevoyons elairement que par-delà ce cercle, le Patriarche du Cassin fut connu comme prophète et thaumaturge, et qu'il y eut donc bien des faits, ignorés de nous pour toujours, dont beaucoup auraient pu témoigner qui notaient pas moines, s'ils avaient connu saint Grégoire.

Ce qui nous reste suffit pourtant pour faire comprendre, et avec une clarté plus grande qu'aux contemporains de saint Benoit, le but que Dieu a voulu atteindre en entourant le Patriarche de la gloire des miracles. Sainte Brigitte, qui voyait ces choses dans la lumière divine, en juge ainsi : « Benoît, dit-elle, aurait pu se sanctifier dans le « monde; mais le Seigneur l'appela sur la montagne « afin d'exciter d'autres hommes à la perfection par -on exemple. Pour qu'il devînt un foyer, la Providence entoura Benoît de nombreux compact gnons: il leur écrivit une Règle qui guidait cha- " cun selon sa disposition, fût-il confesseur, ermite, « docteur, ou même martyr; de sorte que plusieurs « moines devinrent parfaits à l'égal de leur « Père 1 . » Voilà bien, en effet, l'œuvre capitale, à laquelle tout en saint Benoît se rapporte : la Règle et l'enseignement de la perfection. Il en fut, il en demeure, pour tout chrétien, et surtout pour les moines, un maître si éminent qu'un théologien tel que saint Grégoire a pu le proclamer « rempli de l'esprit de tous les justes, » c'est-à-dire de l'Espritnt qui fait fleurir dans toutes les âmes justes les vertus les plus variées. Cette suréminence de mérites, cette surabondance de sagesse, ce ne sont

(1) Révél. iii,20, 21.

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