‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 42 sur 102 · LVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LVIII INTRODUCTION

point les miracles qui les ont produites ni augmentées d'aucune sorte; mais ils ont signalé au monde le vase d'élection auquel générations après générations viendraient s'abreuver.

Le miracle authentique est un mot de Dieu, il y a longtemps que saint Augustin l'a dit; et lorsque Dieu s'exprime avec insistance en multipliant cette sorte de paroles divines, c'est qu'il veut tourner notre attention vers celui qu'il signale ainsi au monde et dont il recommande par ce moyen l'enseignement. Il n'y a pas à douter que le livre des Dialogues, mettant en lumière le pouvoir de thaumaturge en saint Benoît, n'ait contribué dans la plus large mesure à introduire la Règle bénédictine dans tout l'Occident. A le lire, n'entendait-on pas Dieu dire encore une fois: « Voici mon bien- « aimé, en qui j'ai mis mes complaisances; écoutez- « le. » Et Dieu a été compris. Les xxxvni chapitres du IIe livre des Dialogues ont été le véhicule de ce seul et bref chapitre xxxvie où saint Grégoire mentionne en quelques lignes, éloquentes en leur concision, la Règle écrite par Benoit pour les moines. D'autres causes ont contribué à la faire adopter à l'exclusion de ses devancières; mais ce qui a d'abord attiré l'attention sur elle et lui a conquis le droit de cité, puis l'empire sans partage, c'est le récit des nombreux miracles opérés par le saint Législateur : sur le trône comme dans les cloîtres on comprit qu'il y avait là une recommandation spéciale de Dieu.

Puissions-nous aujourd'hui saisir de même l'utilité comme la raison des prodiges divers et nombreux que nous rencontrerons dans la vie du Patriarche. Mais prenons garde qu'ils sont faits pour

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