‹ Le patriarche Saint BenoitChapitre 44 sur 102 · LX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

LX INTRODUCTION

de son vivant; mais cette œuvre consistait à former des disciples de la perfection évangélique, à établir » une école où l'on apprît à servir Dieu (1) », tout cela, rien que cela. Les moyens qu'il en a donnés ont été si vrais et si sages, que tous, laïques ou clercs, séculiers ou moines, y ont trouvé, peuvent y trouver encore, leur voie au travers des difficultés du siècle, mais parce qu'elle enseigne à chercher avant tout et par-dessus tout le salut éternel.

En n'acceptant pas pour notre saint Patriarche les pensées et les visées que lui prête l'esprit préoccupé de nos contemporains, ne lui enlevons nous pas une chance de popularité? N'allons nous pas le dépouiller d'un certain cachet piquant que lui donnerait l'actualité? Ce ne serait pour nous, avouons le, qu'un souci très léger ; mais nous ne croyons pas mériter ce reproche. A l'heure où de toutes parts on entend prôner les théories naturalistes, c'est œuvre d'actualité d'y opposer le spectacle d'une vie gouvernée purement par la doctrine surnaturelle de l'Eglise. C'en est une encore de présenter tel qu'il fut, et sans alliage moderne, le saint, le législateur, qui a été pour les peuples un bienfaiteur insigne dans l'ordre temporel, sans avoir eu d'autre dessein arrêté que de les mettre dans la voie du salut et de tourner vers les biens éternels les énergies de ceux qui se font ses disciples. Ne sera-ce pas un commentaire historique de la parole pontificale qui plusieurs fois a retenti? N'existe-t-elle plus nulle part la bruyante école d'économie politique, dénommée chrétienne, qui pourtant n'était pas loin de retourner la parole de l'Evangile, de professer qu'il

(1) Reg. S. Ben. Prolog.

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