ÉVÊQUE
1s seuleoi, mais ’elle est France !
tout n’y de parce puissante rrande, je mais que s grande
“ que les rois de France et d'Angleterre, plus grande que “les deux puissantes nations du monde dont l’une, sauvée
“ par elle, ne la sauve pas; dont l'autre vaincue par elle ‘“ ne sait que la brûler vive ! ”
Peut-on trouver quelque chose de plus touchant que la pensée généreuse de l’humble orpheline de la Silésie ? Envahie de toutes parts par les armées françaises, la Silésie appelle ses fils sous les drapeaux. Mais lé trésor national est vide; qui va nourrir et entretenir cette armée? La guerre de sept ans a dévasté la campagne et vidé tous les greniers! Imitant l'exemple des dames romaines, les Silésiennes vendent leurs bijoux et achètent de leur produit, les provisions nécessaires aux soldats. Au milieu de cet “lan de patriotisme, une jeune orpheline qui ne possède d'autre fortune qu'une belle chevelure blonde et un grand cœur, verse des larmes amères, à la pensée qu'elle ne pourra rien faire pour sa patrie, qu'elle ne pourra contribuer à la défense du village natal, dans lequel repose la tombe bénie de sa mère, Mais, un jour, essuyant se: larmes, l'orpheline se rappelle que son amant lui a dit, dans un moment d'amoureuse expansion, au moment où il partait pour la guerre, que cette belle chevelure serait une noble parure pour la tête d’une reine; et, s’élançant sur la route de Breslau, elle va y échanger ce gracieux ornement pour quelques pièces d'argent qu’elle dépose, heureuse et fière, sur l'autel de la patrie. Cette humble obole fut sans doute bénie par Dieu du haut du Ciel, car la Silésie fut sauvée,
Prosternons-nous devant ces figures héroïques que l’histoire offre à notre admiration; contemplons-les avec respect et demandons-leur de faire descendre du haut de leur
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piédestal, jusqu'à nous, les vertus sublimes qui font Îles grands peuples et les grands citoyens.
Le Canada eut aussi ses patriotes, et dans une occasion comme celle-ci nous ne pouvons oublier nos frères qui nous ont devancés, en s'envolant vers une patrie meilleure. Rappelons Carillon, les Plaines d'Abraham, Chateauguay, St-Denis, St-Charles et St-Eustache; lieux sacrés où le sang des nôtres fut répandu pour la défense et le triomphe d'une cause sainte.
[lustres morts qui avez donné votre sang pour nous conserver le Canada Français; glorieuses victimes qui êtes montées sur l’échafaud avec le même courage que vous aviez pour courir au combat ; je v' us salue avec respect et amour. Et au nom de la grande famille canadienne si bien représentée ce soir dans cette vieille cité de Champlain, je prononce avec orgueil sur vos tombes vénérées les paroles
du poëte national que la France couronna, il y a deux ans: O Papineau, Viger, vous tous, vengeurs sublimes, Lorimier, Cardinal, Chénier, nobles victimes ! Qu’êtes-vous devenus ? héros cent fois bénis ? Vous qui sur l’échafaud portiez vos fronts sans tache, Vous qui teigniez de sang les murs de St-Eustache ! Vous qui tombiez à St-Denis !
Que ces jours étaient beaux ! Phalanges héroïques ! Ces soldats nés d'hier, ces orateurs stoiques, Comme ils le portaient haut l’étendard canadien ! Ceux-ci puissants tribuns, créaient des patriotes ; Ceux-là marchaient joyeux au-devant des despotes. Et mouraient en disant : c’est bien !
Nous aimons notre patrie, messieurs, et nous avons raison de l'aimer, nous aimons nos institutions et nous
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avons raison de les aimer, nous aimons la langue française
se : et la religion sainte de nos pères, nous aimons tout ce qui constitue notre nationalité et nous avons raison de l'aimer,
Fortifions cet amour ; élevons-le, grandissons-le, cultivons-
le précieusement et n'oublions pas les paroles sublimes de
Lacordaire: “ Nul ne s’y trompe. Tout le monde sait que
‘ Ja patrie et l'Eglise, le sentiment national et le sentiment
[on | ‘ religieux, loin de s’exclure se fortifient l'un par l'autre ;
pus 1 ‘et que, touchant à la poitrine de chacun de nous, le ciel ire. À ‘et la terre y rendront ce cri célèbre: “ A tous les chœurs ay. À “ chrétiens que la patrie est chère.” \ le !
he | P 1 CE k L % ous j êtes à ‘ ‘ LME Le citoyen a des droits et des devoirs; et le patriotisme vous à . À permet de revendiquer ceux-là et commande de remplir ct € : 4 4 À + | ceux-ci. Il importe autant de connaître les uns que les bien | | autres.
ñn, JE : . » + A 1 . . , A les | ‘“ La sagesse qui préside à la vie humaine et l'empêche » 4 dise * d’errer au hasard, dit Lamennais, consiste dans la con- RTE À . . . . .
ï ‘* naissance et dans la pratique des vrais lois de l'humanité ; | ‘‘ et l'ensemble de ces lois dont se compose l’ordre moral
“est ce qu’on appelle droits et devoirs. Plusieurs ne vous | “ parlent que de vos devoirs, d’autres ne vous parlent que | ‘* de vos droits ; c'est séparer dangereusement ce qui de fait | ‘est inséparable. Il faut que vous connaissiez et vos droits
“et vos devoirs pour défendre ceux-ci, pour accomplir
‘“* ceux-là; jamais vous ne sortirez autrement de votre : ‘* misère. Le droit et le devoir sont comme deux palmiers | « qui ne portent point de fruit s'ils ne croisent à côté l'un | ‘de l’autre. Votre droit, c'est vous, votre vie, votre liberté,
t ‘ Est-ce que chacun n’a pas le droit d'exercer sans obsta-
‘“ cles et de développer ses facultés tant spirituelles que
1 ‘‘ corporelles ; afin de pourvoir à ses besoins, d'améliorer nous
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“ sa condition, de s'éloigner toujours plus de la brute, et “ de se rapprocher toujours plus de Dieu? Est-ce qu'on “ peut justement retenir un pauvre être humain dans son “ ignorance et dans sa misère, dans son dévouement et son ‘“ abaissement, lorsque ses efforts ne nuisent à personne, “ ou ne nuisent qu'à ceux qui fondent leur bien-être sur #“ l'iniquité, en le fondant sur le mal des autres ?
‘“ Or ce qui est vrai de chacun est vrai de tous; tous “ doivent vivre, tous doivent jouir d’une légitime liberté “ d'action, pour accomplir leurs fins en se développant et “ se perfectionnant sans cesse. On doit donc mutuellement “ respecter le droit les uns des autres et c'est là le com- ‘“ mencement du devoir, la justice.”
Notre condition politique nous impose souverainement cette manière de voir. Nous avons droit à notre existence nationale, comme race à part, et malheur à quiconque voudra nous enlever ce droit; mais nous ne devons rien faire pour molester nos frères d’origine ou de croyances étrangères, Nous devons revendiquer nos droits avec fermeté, mais sans agression; nous devons combattre avec énergie tout ce qui tend à détruire notre caractère national, mais nous devons respecter chez les autres les droits que nous réclamons pour nous. La lutte que nous avons à faire est toute pacifique; il ne s’agit plus de combattre des ennemis les armes à la main, mais de rivaliser comme race, avec des frères par l'instruction, le travail et la probité.
Nous devons surtout travailler à nous rendre dignes de la grande mission que nous sommes appelés à accomplir sur cette terre libre d'Amérique ; et pour cela nous devons nous inspirer des belles traditions de patriotisme des grands jours d'autrefois. Ce patriotisme doit être éclairé, sincère
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et généreux, mais il ne doit pas être exclusif; l'amour de son ‘on pays n'implique pas la haine des autres peuples; on peut son aimer sa patrie, sans haïr celle de son frère. On prouve son moins son patriotisme sur le champ de bataille, en tuant nc, ses semblables, en ruinant et dévastant, qu'on le prouve sur au sein de la paix, en encourageant la culture des arts, en à aidant l'œuvre si grande et si belle de la colonisation, en tous ; développant les ressources de l'agriculture, en améliorant berté 1 le sort du peuple, en lui donnant de bonnes lois, en soulant et À geant ses misères et en l'aidant à supporter les lourds ment | fardeaux de la vie. “ Le véritable patriotisme, a dit un com- homme d'Etat, consiste à enrichir son pays, plutôt qu'a ravager les pays voisins." ement Si les canadiens qui sont tombés sur le champ d'honneur ne ou qui sont morts sur l'échafaud sont dignes de notre | nique | admiration ; Si Papineau et Nelson ont droit à notre admi- | s rien | ration pour les luttes héroïques qu'ils ont faites dans l'intéyances 1 rêt de leurs concitoyens, les Laval, les Lafontaine, les ec dote Baldwin, les Morin et les Viger, et, ayons le courage de le A Ads dire, les Dorion et les Cartier, peuvent compter sur notre ational, | reconnaissance, parce qu'ils ont contribué par teur travail its que À et leur initiative intelligente, au progres et à l'agrandisseà faire 1 ment de notre patrie, à la conservation de nature nationalité te des À et au prestige de la race française en Amérique, Et n'outn GES blions pas que notre clergé, si distingué et si national, en bité, 1 fondant ces maisons d'éducation qu'on admire tant et dont | on a droit d’être fiers,a donné des preuves irrécusables d’un | ! véritable patriotisme, Ajoutons que les apôtres de la colo- \ nisation sont des patriotes; et qu'il faudrait bien des | ministres pour éclipser les services réels rendus au pays | ‘ par des hommes comme les pères Labelle et Lacasse, dont lignes dE {le dévouement sans borne démontre à l'évidence que le accomplir À prêtre reste citoyen et que la religion sert toutes les us devons #{ grandes causes.
les grands | L'u ré, sincère 4 ° |
Nous ne devons jamais oublier que notre ennemi le plus dangereux, c'est nous: les canadiens qui ne parlent pas notre langue ne sont pas des ennemis ; ils ne sont que des émules ; ils ont cessé d’être nos ennemis le jour où, obéissant aux lois de la civilisation, l'Angleterre, sous la noble inspiration d'une reine illustre, nous a conviés au banquet des libertés politiques. Dès ce jour-là nous sommes devenus tous solidaires et avons pris l'engagement solennel d’oublier les vieilles haines et de les sacrifier au profit des institutions nouvelles, gage précieux d’un avenir plus heureux, N'oublions jamais ces vérités si nous voulons ne pas voir disparaître le calme qui a suivi la tempête de 1837. Liées les unes aux autres, comme les branches d’un même arbre, les diverses races qui vivent au Canada doivent accepter cette solidarité de leur existence, que les circonstances plutôt que leur volonté leur ont imposée; elles doivent se nourir de la même sève, et notre sol est assez riche pour leur en fournir en abondance. Et puisque les unes sont forcées de renoncer à l'espoir de régner sur les ruines des autres, elles doivent toutes s'unir d’une manière sympathique, avec une noble et généreuse franchise, et travailler de concert à assurer les destinées que la Providence nous ménage. L'intérêt général du Canada, quiest notre patrie commune, doit dominer les intérêts de race et de caste; nous ne devons pas oublier, nous les habitants de ee pays, appelés à créer un grand peuple, que si nous sommes français, anglais, écossais ou irlandais, nous sommes aussi canadiens ; et que ce titre peut suffire à notre orgueil, comme il doit satisfaire notre légitime ambition. Nous descendons des plus fortes races du monde et nous sommes appelés, non à perpétuer sur ce continent des haïnes surannées, mais à y constituer une grande nation, dont les destinées sont belles dans les desseins providentiels.
Disons avec Lamartine, en présence du noble représentant d’une de ces illustres races :
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“ C’est à l'union de ces deux peuples que nous devons “ ce jour de bénédiction dans les trois mondes; resserrons “ cette alliance dans les iiens de cette fraternité européenne “ dont vous êtes les missionnaires près de nous. Une poli- ‘“ tique mesquine et jalouse, une politique qui voudrait “ rétrécir le monde pour que personne n'y eut de place “ que nous, une politique qui prend pour inspiration les “ vieilles antipathies nationales, au lieu de s'inspirer des “ sympathies ; cette politique, messieurs, s'efforce en vain “ de briser ou de relâcher, par des tiraillements pénibles, “ les relations qui unissent l'Angleterre et la France, L'an- “ gleterre et la France resteront unies ; nous sommes à nous “* deux le piédestal des droits du genre humain. La liberté ‘“ du monde a un pied sur le sol britannique, un pied sur “ le sol français ; la liberté, la civilisation pacifique s'écrou. “ leraient une seconde fois dans les flots de sang si nous ‘“ nous séparions..…........
‘“ Quand les mêmes pensées se communiquent, se pénè- “ trent ainsi à travers les langues, les intérêts, les distances : “ quand les âmes de deux grands peuples sont d'intelli- “ gence par l'élite de leurs citoyens et commencent à com- “ prendre la mission de liberté, de civilisation, de dévelop- ‘“ pement que la Providence leur assigne en commun; “quand cette intelligence harmonie, cet accord, repo- “ sent sur la base de principes éternels aussi hauts que “ Dieu qui les inspire, aussi impérissables que la nature “ ces peuples échappent, par la hauteur de leurs instincts, “ par l'énergie de leur attraction, aux dissidences qui vou- ‘“ draient en vain les désunir, “ Leur amitié, leur sympathie, se rejoignent dans une “ sphère de pensées et de sentiments où les dissentiments “ politiques ne sauraient les atteindre. :
* + * Tous les hommes naissent égaux et libres, et s'ils ne peuvent conserver l'égalité sociale, ils ne perdent jamais le
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droit qu'ils ont à l'égalité politique; égalité qu'ils ont de: par la nature et qu’ils doivent conserver de par la loi. Notre premier droit est donc pour la liberté; et notre
premier devoir est de la garder intacte; de la défendre comme nous défendons notre vie, Pour cela, surveillons nos institutions politiques; regardons-les toujours d'ur œil jaloux; développons-les, perfectionnons-les, mais ne les détruisons pas. En elles nous avons pu trouver la liberté ; hors d'elles nous la perdrions, Méfions-nous de l'inconnu, vers lequel les peuples les plus sages se sentent entraînés comme s'ils étaient pris de vertige, et n'oublions pas que bien des peuples ont versé le plus pur de leur sang, pour yagner moins de libertés que nous en avons,
Avant le christianisme,la conquête d’un peuple était son esclavage. Pourquoi? Parce que ce peuple n'avait pas d'institutions politiques ; le so!, la terre était toute la patrie. Mais aujourd’hui que les institutions politiques sont devenues partie intégrante de la vie des peuples, la base «et la condition de leur existence et de leurs libertés ; la conquête n'a plus les mêmes conséquences, du moins à certains points de vue, Voyez ce qui est arrivé à nos pères. Vaincus sur les plaines d'Abraham, ils sont restés libres et français ; et après plus d’un siècle de domination, leurs descendants accourus de toutes les parties de l'Amérique, ont pu,il y a deux ans, réunis sur ce qui fut autrefois un champ de bataille, devenu un sanctuaire où notre nation s’agenouilla pour recevoir la bénédiction du prêtre, chanter les louanges de la patrie française, près de ces deux tombes ouvertes pour recevoir deux héros, sous la bouche des canons de la citadelle de la vieille cité de Champlain, à l'ombre de l’étendard royal que la mère et la fille nous ont appris à chérir, et dans cette belle langue que nous aimons tant, emblême de notre nationalité et monument impérissable de notre fidélité à la grande race qui nous a donné la vie.
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J'ai parlé de la langue française, arrétons-nous un instant pour la saluer avec respect et amour, C'est par elle que la foi a été enseignée sur les rives de nos fleuves et dans la solitude de nos bois, aux sauvages que Dieu avait jetés crrants sur ce continent, c'est par elle que nos ancètres ont défendu leurs droits, c'est par elle que nous avons conquis nos libertés, et c’est par elle que la France, après cent ans d'oubli, reconnut ses fils du dix-huitième siècle, en couronnant, sous les voutes du plus auguste sanctuaire des lettres, le poëte distingué qui a su immortaliser son nom en chantant des hymnes à la patrie.
Ce reflet de gloire qui nous arrive du vieux monde, nous impose de nouveaux devoirs; au premier desquels nous devons placer la nécessité de tirer le peuple de sa léthargie et de faire parvenir jusqu’à lui les bienfaits le l'instruction. L'ignorance, c'est la misère, l'instruction c'£it la fortune ; l'ignorance, c'est l'esclavage, l'instruction, c’est la liberté, La mère doit son lait à l'enfant qu'elle a ris au monde; le père lui doit le pain; la société lui doit l'instruction. Et ce peuple que nous devons instruire, c'est le vrai peuple ; celui qui travaille; laboureurs et artisans: les pères nourriciers du genre humain, ceux qui construisent, ceux qui sèment, mais qui, hélas! ne récoltent pas toujours. Ouvrons à ceuxlà, et à deux battants, les portes du temple qui répand sa lumière bienfaisante sur le monde; assurons-nous que cette lumière pénètre jusqu'aux plus humbles chaumières; et avec elle fesons y arriver ces paroles de Lamennais: “ Hommes de travail, prenez donc courage, ne vous man- “quez point à vous-mêmes et Dieu ne vous manquera “ point, Chacun de vos efforts produira son fruit, amènera “ dans votre sort une amélioration, d’où successivement en sortiront d’autres plus grandes, et de celles-ci d'autres encore, jusqu’au jour où la terre, pleinement renouvelée, sera comme un champ dont une même famille recueille et partage en paix la moisson.”
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Si l'amour des nôtres n'est pas assez puissant pour nous engager à travailler à leur instruction, souvenons-nous que . . A LA 4 à 7.4 » »
celui qui est maître de l'éducation, suivant la pensée de
Leibnitz, peut changer la face du monde; et peut-être que, 3 provoqué subitement, notre intérêt nous fera voir ce que le ‘à
devoir seul n'aura pu nous indiquer. Un homme d'Etat le disait dans une mémorable circonstance: “ C'est l'instruction et non plus le canon qui désormais sera l'arbitre des destinées du monde ;” et, Emile de Gérardin a proclamé une grande vérité quand il a dit que “ dès qu'un peuple connaît ses droits, il n'y a plus qu'un moyen de le gouverner, c'est de l'instruire? Et pourquoi? parce que, dit le
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même écrivain, si l'instruction des peuples met en danger
les gouvernements absolus, leur ignorance, au contraire, ; met en péril les gouvernements représentatifs... Oui, L
nous ne le dirons jamais assez, notre condition politique 1 nous a rendu l'instruction obligatoire, dans ce sens qu'elle est indispensable. Autrefois un homme seul était appelé à +. gouverner les peuples ; dans ce temps-là toutes les richesses de la nation étaient prodiguées à faire de cet être unique, une espèce de demi dieu, à l’orner de tous les dons de l'intelligence et du cœur. Aujourd'hui, c'est le peuple qui vouverne ; son instruction est donc une nécessité, une conséquence même du système politique qu'il s’est donné.
Je vous ai déjà parlé de l’exclusivisme comme d’un grand ennemi du patriotisme ; laissez-moi vous en dénoncer un autre, qui n’est pas moins dangereux, mais qui est plus rare: c'est l'égoïsme. L'un est le fanatisme du patriotisme, l'égoïsme en est la négation. Par celui-là l’homme bannit de son cœur tout ce qui n’est pas du pays; par celui-ci il en rejette tout le genre humain pour se complaire et s'abimer
ous s que > de que, que le tat le struc-
e des bclamé peuple
rouverdit le danger bntraire, .. Oui, bolitique s qu'elle appelé à richesses unique, s de l'inuple qui ne conséné.
ime d'un 1 dénoncer ui est plus atriotisme, > bannit de lui-ci il en et s'abimer
en lui-même, L’égoïste est un être froid, vil et méprisable, il ne pense qu'à lui, ne songe qu’à ses intérêts. Insensible à l'amour, il ne le tolère que comme nécessité et ne voit qu'un fardeau désagréable dans les joies de la famille et que sacrifices inutiles et stériles dans le dévouement à la chose publique. L'égoiïste est généralement avare ; son argent est son dieu ; ses compatriotes ne sont pour lui que des êtres à exploiter et quand il fait de la politique, ce n'est pas pour les servir, c'est uniquement pour avoir des honneurs qu'il ne mérite pas et des salaires qu'il ne gagne pas.
Son cœur racourci ignore toutes les pures voloutés d'un noble sentiment. Et ce qu'il y a de plus regrettable, pour les vrais amis du pays, cet égoïste a donné naissance à un esprit de parti qui menace de tuer pour toujours cet esprit de patriotisme qui pourrait faire de nous de grands citoyens. L'esprit de parti nous fait voir des ennemis là où il n'y a que des adversaires, des génies et des rosières chez tous ceux qui sont de notre camp ; des imbéciles et des scélérats chez tous ceux qui n’en sont pas. On s’insulte avec plaisir, on se traîne dans la boue avec bonheur, et quand on à mis en lambeaux la réputation de tous nos hommes publics, quand on a amoncelé ruines sur ruines, on est étonné de voir notre prestige national diminuer et notre race perdre la légitime influence à laquelle elle à droit. Cessons ces luttes fratricides,respectons nos adversaires et leurs opinions, et si nous ne pouvons partager celles-ci, combattons-les avec modération et courtoisie ; et si le sentiment national n'est pas assez fort chez nous pour amener ce résultat désirable, élevons-nous jusqu’à la pensée de la grande famille humaine qui doit être placée au-dessus de la patrie, non dans nos affections, mais dans notre raison. Sans songer à la république universelle, utopie que je laisse aux rêveurs, il est permis, il est nécessaire même de se souvenir que les peuples ont entre eux les mêmes relations que Îles familles ont entre elles, et sont soumis aux mêmes règles,
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guidés par les mêmes principes. Les hommes ne doivent jamais oublier qu'ils ont eu le même jardin pour berceau et la même femme pour mère.
Dispersés à travers le monde, séparés par les océans et les continents, ils ont des mœurs et des lois différentes, mais non hostiles ; et quand les intérêts de la grande famille humaine sont en danger, ils doivent les appuyer et les soutenir, comme des frères appuient et soutiennent les intérêts de leurs frères.
Comme le demande Lamartine :
“ Est-ce que l'héritage des enfants de Dieu sur la terre “ ressemble à cet héritage borné du père de famille, où les “ fils ont une part d'autant moins large qu'ils en donnent “une part plus grande à leurs frères? Non, vous le savez “ bien ; le domaine du père commun des hommes est sans “ bornes ; il s'étend avec la civilisation et avec le travail, à “ mesure que des races nouvelles se présentent pour le cul- “tiver; c'est l'infini en espace, en droits, en facultés, en “ développements; c'est ie champ de Dieu. Celui qui le norne, et qui dit aux autres, “ vous n'y entrerez pas,” celui-ix n'empiète pas seulement sur l’homme, il empiète sur Dieu lui-même ; il n’est pas seulement dur et cruel, il est blasphémateur et insensé.”