‹ Le Patronage des LibérésChapitre 18 sur 37 · EL M · texte numérisé non relu

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brochures. Le {ract est une maladie protestante. On vous fourre partout des petits opuscules évangéliques. Ce système paraissant peu efficace, on a proposé de créer une publication périodique à l'usage des prisonniers.

Cette proposition date du Congrès pénitentiaire international de Rome, en 1885. Elle fut formulée par M. l’abbé de Humbourg, premier aumônier de la prison Saint-Lazare, par M"*° Concepcion Arenal et M! Lydia Poet, par M. de Holtzendorf et par le docteur Guillaume. Elle ne fut pas accueillie. Cependant, dix ans après, elle obtint un meilleur accueil au congrès pénitentiaire international de 1895 (Paris). On y adopta la résolution suivante :

«Il y a lieu de mettre entreles mains des détenus une publication hebdomadaire spéciale, dont la rédaction serait contrôlée par l’Administration. » Ce projet a reçu une application en Italie, où la Rivista di discipline carcerarie, publie chaque mois une troisième partie destinée à être distribuée aux prisonniers; la même œuvre fonctionne aux Etats- Unis et en Suisse (à Neuchâtel et à Lausanne).

En France, beaucoup de difficultés se présentent à la réalisation de ce dessein : on a à redouter l’iudignation du public qui s’imaginera que l’on ne fait cela que pour amuser les prisonniers, — et des conflits entre les rédacteurs de ce journal et les directeurs des prisons ; les questions des dépenses et de la distribution régulière de la publication sont aussi très embarrassantes.

M. Georges Vidal, en un rapport très complet sur

la question (1), a répondu à toutes ces objections et a fort bien démontré qu’il n’y avait aucune impossibilité à son accomplissement.

Mais le résultat que l’on peut attendre de ce moyen de moralisation, est-il en rapport avec les sacrifices de temps, d'activité et d’argent qu’il nécessiterait? Une publication, ouvertement patronnée ainsi par l'Administration, pourra-t-elle jamais être goûtée par les détenus et acquérir sur eux une sérieuse influence? Voilà, semble-t-il, la question que l’on doit se poser à la fin de ces quelques indications. On se la pose d’ailleurs, depuis cinq ans. Le journal des prisonniers n’est pas encore créé,

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