CHAPITRE PREMIER
Progrès du Patronage.
Nous avons jaissé pour la fin de cette étude un des plus grands obstacles qui s'offrent encore au Patronage. Nous voulons parler de l'indifférence du public.
A côté des objections théoriques que nous croyons avoir réfutées, se présente l’attitude de ceux quise contentent simplement de nier l'efficacité du Patronage. En fait, disent ces gens-là, le Patronage des libérés n’aboutit à aucun résultat pratique. L’œuvre n’a aucune vie. C’est une œuvre languissante, pour ne pas dire morte.
Il est facile, au lendemain du Congrès de Patronage, de répondre victorieusement à cette objection.
Nous avons déjà vu dans l’exposé historique com ment le Patronage s'était développé partout. Ce développement est loin d’être arrêté ; il augmente encore tous les jours. En 1893, le nombre des œuvres de Patronage en pleine activité ne dépassait pas 40,
and prétant, sous des formes diverses, leur appui à 9,873 patronnés.…. Aujourd’hui, le nombre des œuvres étroitementgeroupées autourdu Bureau centrals’élève à 103. Nous en donnons la liste à la fin de ce travail.
Le nombre des Sociétés de Patronage a donc doublé en dix ans. Et encore la liste que nous donnons, exacte au moment où nous écrivons ces lignes, ne sera plus complète très probablement, au moment où paraîtra cette étude.
On se rend mieux compte, à l’heure actuelle, de la nécessité de cette œuvre de reclassement.
Ce n’est pas seulement en France que cette ardeur se manifeste: c’est dans tous les pays, même dans ceux-là où l’on avait longtemps méconnu ou ignoré le Patronage.
Certainesnations ont même, pour cette œuvre, des ressources énormes qui leur permettent d'agir sur une bien plus graude échelle: ainsi, l'Angleterre, dont la Société Royale a un budget de 115 à 160,000 francs. k . Et ce ne sont pas seulement de nouvelles Sociétés qui se fondent: ce sont aussi les anciennes sociétés qui augmentent leur influence : ainsi, la Société de Patronage des Jeunes-Adultes a quitté tout dernièrement son atelier de la rue Saint-Maur, pour un vaste local d’une superficie de 112 mètres carrés, situé rue Pétion, 12, et prospère de plus en plus. L'œuvre du vestiaire des libérés, dont nous avons déjà parlé, a tenu sa deuxième assemblée générale le 15 mai dernier : elle aussi marche très-bien, si bien même qu'elle va maintenant s'occuper de fonder une bibliothèque pour les libérés.
Pour nous résumer sur cette extension du patrorage, nous rappellerons nos principales conclu- SIONS : ;
1° La fondation d’une Société de Patronage doit être opérée par l'initiative privée.
2° Il est nécessaire de faire appel à toutes les classes de la Société, sans aucune distinction confessionnelle ou politique.