‹ Le pâturage en forêtChapitre 4 sur 89 · PM D · texte numérisé non relu

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. sa carrière. La chèvre et le mouton en sont les pires ennemis. Dans

la Combe à la Serpent, de Corcelles-lez-Dijon, dans les friches de la première chaine du Jura, dans les coteaux du Rhône, dans les rocailles du Bas-Bugey, nous en avons maintes fois constaté les méfaits, toujours les mêmés. Avec leur sabot, ils déchaussent le plant ; avec leur corps, ils éclatent le buisson, en usent, en liment el en défeuillent les rameaux. Une ou deux branches sèchent d’abord, puis la cepée tout entière disparait, emportant avec elle le gazon de gramen, la touffe jaunâtre de flouve ou de brachypode qui garnissait son pied et rayonnait à l’entour. La terre mise à nu est entrainée par le ruissellement. Le tapis végétal est appauvri en bonnes espèces, et la trame en est surtout conslituée par les plantes dé-

daignées du bétail, qui peuvent fleurir et mürir leurs semences.

Ainsi s’opère, le plus souvent, un incessant retour de la lande de buis vers la lande armée, puis de la lande armée vers la lande rase. Cependant, dans des conditions exceptionnelles de repos ou dans des terrains difficilement abordables, la lande de genévriers ou de buis continue à évoluer, donnant naissance à une brosse. La brosse est l’'ébauche de la forêt. Voici comment elle s’édifie. % Au milieu des buissons écrasés de genévriers, au travers des

touffes vieillies de buis, sur un léger duvet de mousse et sur le ter-

reau résultant de la décomposition des feuilles, des aiguilles et des herbes qui ont disparu, tuées par l’ombrage, se développe un plant de cornouiller mâle, de nerprun des Alpes, de coudrier ou de chène. À l’entour de cette Louffe, le groseillier épineux, le cerisier mahaleb, l’épine-vinette, le prunellier, l’églantier, décrivent un cercle d’épines ou de piquants, puis l’ensemble est encore resserré par les liens de la clématite. Peu à peu l’ombre s'étend, la population végétale s’augmente de viornes, de saules-marsaults, d’amélanchiers, d’alisiers blancs, puis, tardivement, de charmes et de hêtres. La rareté du charme, dans ces jeunes brosses, tient sans doute à la germination bisannuelle de sa graine, très exposée ainsi à être détruite par les rongeurs. \ Dans celle brosse, les arbres longéevifs qui composent la forêt sont rares et noyés au milieu de végétaux bacciformes, dont la propagation s’est évidemment faile par les oiseaux : grives, geais, pies ou corbeaux; ces derniers, très friands de noix, propagent ce fruit à de grandes distances, et il n’est pas rare de rencontrer, ça et là, dans la brosse, de jeunes noyers, qui finissent malheureusement par disparaitre devant la concurrence d’autres plantes,

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