‹ Le pâturage en forêtChapitre 5 sur 89 · LE RATS · texte numérisé non relu

LE RATS

Le tapis végétal a continué à s'enrichir de nombreuses espèces. A Fleurey, à Velars, à Plombières, nous notons : Viola canina, Viola collina, Thlaspi montanum, Anthyllis vulneraria, Coronilla émerus, Coronilla varia, Coronilla maxima, Hippocrepis comosa, Vicia ‘sepium, Genista pilosa, Fragaria vesca, Fragaria collina, Potentilla verna, Laserpitium latifolium, Laserpitium gallicum, Knautia arvensis, Hieracum murorum, Vincetoxicum officinale, Cynoglossum officinale. Orobanche rapum, Melampyrum cristatum, Betonica officinalis, Clinopodium vulgare, Ballota fœtida, Brunella grandiflora, Origanum vulgare, Teucrium montanum, Globularia vulgaris, Ruscus aculeatus, Cephalanthera rubra, Epipactis atro-rubeus, Acera antropophora, Orchis mascula, Ophrys aranifera, Ophrys arachnites, Carex præcox, Carex glauca, Phleum pratense (var. nodosum). Dactylis glomerata, Briza media, Brachypodium sylvaticum, Brachypodium pinnatum, Sesleria cærulea, Festuca duriuscula, Kœleria cristata.

Il est à remarquer que les plantes de la jachère ont entièrement disparu de la brosse ; celles de la lande armée y sont devenues rares, el, seules, celles de la lande de buis et de g'enévriers continuent à s’y mainlenir. Les légumineuses sont toujours prépondérantes sur la pelouse énergiquement pâturée, mais, partout où l’'ombrage a gagné, elles cèdent devant l'invasion des ETRmeEs et des végétaux d'introduction nouvelle.

Entre la brosse naissante, formée par des cepées de chène et d’alisier noyées au milieu d’un fourré encore vulnérant d'épines el de morts-bois, et la forêt définitive de chêne, de charme, de fruiliers et de hêtre, on peut observer tous les intermédiaires. La chaine est continue, comme est aussi continu l'effort de la nature. L'évolution ne dépend que de l’homme et de ses troupeaux. Interviennent-ils brutalement et abusivement, c’est le recul; profitentils sagement du gazon et du bois, c’est l’arrêt ; n’interviennent-ils que pour récoller les fruits mürs, c’est la marche indéfinie en avant.

Enfin, on peut facilement constater que la brosse, même avec une étendue moindre de gazon, offre au pâturage des ressources plus grandes que la lande. D'abord, le bois se trouve cantonné dans les parlies rocheuses ou stériles que fuit le bétail; ensuite la päture cst moins exposée à la sécheresse, mieux gardée des vents brülants qui fanent l'herbe ou même la tuent; elle est donc plus fraiche, plus riche en bonnes espèces, partant, plus animée et plus

vivante.

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Enconservant quelques chènes robustes, préalablement garnis d'un manchon d'épines, au milieu des herbages ; en créant des bouquets de hauts taillis, préservés de la dent du bétail par des cordons de rochers ou des ronces artificielles, on parviendrait à constituer facilement de riants prés-bois, dont le traitement serait aussi facile que le revenu profitable. Et qui empêche de veiller sur les noyers qui pointent, de greffer mahalebs, épines et sauvageons distribués sur le pourtour des lisières du taillis et en fermant l'entrée ? En agissant ainsi, on se ménagerait les ressources les plus variées, en allendant que la forêt, suprème parure de ces sols ingrats, ait définitivement conquis l’espace.

Combien faut-il de temps à la nature non contrariée pour franchir toutes ces étapes ? Cela dépend du terrain et de la proximité plus ou moins grande des bois. En moyenne on peut compter:

Pour/la jachère : : .:.:. 10 ans Monriatandes frs, nr 95 RON IMDSsSer rentre 80 —

C’est en tout 65 ans, soit un peu plus d’un demi-siècle, pour arriver à la forêt de rapport. Mais, nous le répélons, les conditions sont très diverses, et nous avons maäintes fois trouvé des vignes abandonnées, transformées, après quinze ou vingt ans, en brosses touffues.

b) Lande montagnarde jurassienne et alpestre. — Si, quittant les régions de coteaux, on s'élève dans les pays de montagnes, sans sortir des roches massives du jurassique, on constate que la formation de la forêt exige un peu moins de temps. D'abord, la période de jachère n’exisle pas, l'homme ayant abandonné depuis longtemps la culture de ces terrains trop haut placés ; ensuite, les phases évolutives sont abrégées par l'humidité du climat favorable à la végétation ligneuse ; les essences robustes, constitutives de la forêt, s'installent souvent dès l’abord sur la pelouse et les essences délicates succédent avec plus de rapidité aux plantes de la lande.

La prairie naturelle des basses et hautes montagnes calcaires du Jura et des Alpes extérieures ou Préalpes comprend un assez grand nombre d'espèces.

Nous donnons en note les principales que nous avons classées en bonnes, médiocres et mauvaises (1).

(1} Ranunculus thora, Ranunculus bulbosus, Ranunculus acris, Anemone

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Dans les bonnes prairies du Jura méridional que nous avons visitées et qui étaient situées à une altitude de 700 à 800 mètres, le tapis végéta! comprenait environ moitié de graminées et une très forte proportion de légumineuses. Tout à côté, dans des pâturages

, , | . É communaux dégradés par un parcours abusif, le nombre des graininées et des légumineuses avait considérablement diminué ; la

gentiane jaune, le vêratre blanc, les euphorbes, les carlines, les centaurées, les scutellaires, toutes plantes vénéneuses ou mauvaises, avaient partout envahi le sol, et, déjà, se montraient, au voisinage des rochers, des rosiers, des troènes et des buissons très denses de buis. Un peu plus haut, des genévriers et des coudriers

avaient conquis la lande de buis, et, sur quelques hectares, la

brosse se formait en chène et en hêtre. Un vieux berger, drapé dans sa limousine et s’apitoyant sur les temps présents, nous racontait qu'il avait vu naître tout cela en trente ans! Il exagérait probablement, car, dans ces basses montagnes de l'Ain, la lande de

montana, Anemone alpina, Anemone narcissiflora, Trollius europœus, Helleborus fœtidus, Arabis hirsuta, Hutchinsia petræa, Viola biflora, POLYGALA CAL- CAREA, Dianthus carthusianorum, Saponaria ocymoïdes, Arenaria serpyllifolia, Linum tenuifolium, Linum alpinum, Hypericum perforatum, Genista sagittalis, Genista pilosa, Ononis repens, Ononis natrix; ANTHYLLIS MONTANA, MeprcAGo LUPULINA, MEDICAGO MINIMA, T'RIFOLIUM PRATENSE, T'RIFOLIUM SCABRUM, PRIFOLIUM MONTANUM, TRIFOLIUM REPENS, LOTUS CORNICULATUS, Coronilla varia, Coronilla minima, HiPPOCREPIS COMOSA, AILCHEMILLA VULGARIS, Dryas octopetala, Fragaria vesca, Potentilla verna, Poterium sanguisorba, Sedum acre, Sempervivum montanum, Eryngium campestre, Eryngium alpinum, PiMPINELLA MAGNA, PrMpi- NELLA SAXIFRAGA, Buplevrum falcatum, LIGUSTRUM MUTELLINA, Heracleum spondylum, Laserpitium latifolium, Laserpitium siler, GALIUM MOLLUGO, GALIUM TENUE, Centhranthus angustifolius, Valeriana tripteris, Valeriana montana, Aster alpinus, Aster amellus, Bellis perennis, Erigeron acris, Gnaphalium dioicum, Leucanthemum vulgare, Cirsium lanceolatum, Cirsium acaule, Carlina vulgaris, CENTAUREA JACEA, Centaurea calcitrapa, Picris pyrenaica, Leontodon hispidus,

TARAXACUM OFFICINALE, Hieracium pilosella, Hieracium murorum, PHYTEUMA ORBICULARE, Gentiana lutea, Gentiana grandiflora, Gentiaña acaulis, Géntianæ,

verna, Euphrasia officinalis, Euphrasia minima, Bartsia alpina, Veronica teucrium, Veronica alpina, Betonica officinalis, Scutellaria alpina, BRUNELLA ALPINA,

BRUNELLA vuLGaRis, Teucrium botrys, Globularia vulgaris, PLANTAGO MEDIA,

PLANTAGO LANCEOLATA, PLANTAGO ALPINA, Euphorbia cyparissias, Galanthus

nivalis, Narcissus pseudo-narcissus, Narcissus poeticus, Orchis morio, Orchis

simia, Orchis globosa, Orchis sambucinaæ, Orchis maculata, Orchis pyramidalis,

Orchis albida, Ophrys aranifera, NiGRITELLA ANGUSTIFOLIA, A Ulium sphærocephalum, Phalangium liliago, Veratrum album, Carex humilis, Carex præcox,.

ANTHOXANTHUM ODORATUM, PHLEUM PRATENSE, PHLEUM ALPINUM, POA TRIVIALIS,

Sesleria cærulea, Agrostis vulgaris, Calamagrostis argentea, KŒLARIA CRISTATA; Briza MEDIA, Festica duriuscula, Festuca rubra, BRoMusS ERECTUS, BROMUS MOLLIS,

BRACHYPODIUM PINNATUM, NARDUS STRICTA.

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buis est singulièrement tenace, et nous n’avons guère vu que l'épicéa qui puisse en avoir facilement raison. Le sommet où nous nous trouvions était dépourvu de cette essence.

Dans le Jura septentrional, et en particulier dans la région du sapin pectiné, la lande n’a qu’une faible importance ; de gras herbages et des sapinières luxuriantes se succèdent alternativement. Sur quelques pâtures communales rocheuses, on constate cependant l’envahissement des genévriers et des épines ; des saules, des coudriers et des érables leur font d’abord cortège, et sont euxmêmes remplacés par le hêtre, puis le sapin. |

Par contre, la couronne forestière a presque entièrement disparu des hauts sommets des Préalpes, et le bois n’occupe plus la place que lui assigne une culture intelligente du sol. En nombre de

| points s’est édifiée une lande de busseroles officinales et de genévriers nains (Juniperus nana), et aussi, cà et là, une lande de myrtilles et de rhododendrons, qui s’est installée sur un humus acide, formé par la décomposition de détritus végétaux. Dans les conditions voulues d’abri et de repos, ces terrains commencent à se couvrir d’alisiers nains, de chèvrefeuilles bleuâtres et de haies qui préparent la venue de l’épicea, le plus grand boiseur de la montagne. D’autres fois, la forêt débute simplement par l'apparition de touffes isolées, puis affluentes, de framboisiers.

Dans ces sols à base calcaire, la lande de rhododendrons est peu tenace et Le bétail en a vite raison, pour peu qu’il la hante régulie-

rement. Il n’en est pas de même de la lande de busseroles et de genévriers: celle-là, le berger peut la poursuivre par le fer et par le feu ; elle résistera à tous ses efforts et n’a qu'un seul ennemi: l'arbre. Cela apparaît mieux encore et avec une netteté saisissante dans les Alpes de Savoie, où les Lapiaz (mers de rochers) urgoniens et néocomiens couvrent des milliers d'hectares. Là élaient des forêts claires d’épicéa, de pin de montagne et de pin mugho, avec des alisiers et des sorbiers, protégeant de petites cuvettes fraiches et garnies d’un gazon fin, serré et succulent de nard raide, troué au premier printemps par les fleurs si gracieuses des soldanelles et des crocus; là ne sont plus que des landes à jamais stériles de busseroles, de genévriers nains, de rhododendrons, de myrtilles et d’arbouses. Le pasteur a détruit l’arbre qui protégeait et gardait la pelouse; il n’a récolté que l’inutile arbuste, que la soif, Le torrent et la tempête. Et ces déprédations continuent sous l’œil indifférent de l’État, qui consacre annuellement trois millions pour le reboisement des montagnes !!

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pans À: yen 2. — Terrains argilo-calcaires.

a) Lande des Préalpes savoyardes et dauphinoises. — Des calcaires

massifs, On passe par transition ménagée aux calcaires marneux du jurassique et du crétacé représentés surtout, dans le Jura méridional et dans les Alpes, par les calcaires du Berrias et du Valenginien el par les marnes de l’Hauterivien. Les premiers, toujours superficiels, arides et facilement entamés par les eaux, ont été déboisés sur de grandes surfaces dans toute la région des Préalpes savoyardes et dauphinoises ; ils constituent des landes improduclives, abandonnées aux chèvres et aux moutons, et que guettent la

ruine et le torrent. Entre Chambéry et Grenoble, les monticules

adossés au massif bastionné de la Chartreuse sont couverts d’un gazon rare, grêle et peu nutritif de: Ranunculus nemorosus, Helianthemum vulgare, Polygala calcarea, Polygala chamæbuzæus, Lotus corniculatus, Anthyllis vulneraria, Trifolium repens, Potentilla verna, Gahum mollugo, Inula salicina, Centaurea calcitrapa, Centaurea jacea, Hieracium pilosella, Campanula glomerata, Campanula rotundifolia, Chlora perfoliata, Gentiana ciliata, Odontites rubra, Brunella vulgaris, Brunella grandiflora, Teucrium chameædris, Globularia vulgaris, Plantago major, Euphorbia cyparissias, Carex præcox, Carex humilis, Calamagrostis argentea, Briza media, Anthoxantum odoratum. Sesleria cœrulea. |

Ces pacages verdoient rapidement au premier printemps, mais se fanent avec plus de rapidité encore dès les premières chaleurs. Toutes les plantes délicates émigrent de ces terrains desséchés par les vents brülants ou glacés par le hâle, et il ne reste plus, finalement, que des végétaux grossiers, semi-ligneux et sans valeur nutritive. Faute d’abri, faute d'ombrage qui les vivifie, ces pacages ne constituent qu’une ressource illusoire pour les habitants, et leur reboisement offre un intérêt considérable dans une région viticole, ventée et grêlée, d’où l'oiseau a presque entièrement disparu.

Au. mois de septembre 1898, assis avec quelques amis sur le mur d'une élégante villa de Montbonnot, près Grenoble, nous admirions, sans pouvoir nous en lasser, et la riche plaine du Gré-. sivaudan, qui serpentait à nos pieds, et les montagnes graniliques et encore bien boisées qui, d'étage en étage, s'élevaient vis-à-vis de nous jusqu’au pic de Belledonne. Malheureusement, cette belle nature élait morte; on n’entendait, on ne voyait aucun oiseau. Et

il en est ainsi dans presque toute la vallée. Vraiment, l’homme a , tort de se plaindre si sa semence ne germe pas et si ses récoltes sont détruites aussitôt que nées. Par le désert de l’air, il prépare le désert de la terre et recueille le fruit de son imprévoyance.

Et cependant, il faudrait bien peu de chose pour changer la face de ces coteaux et de ces montagnes : simplement laisser agir la nature. Déjà, dans les prés de fauche, plus haut placés, de Saint- Baldoph et d’Apremont, boisés par des buissons de chêne rouvre, d'érable et de cytise, le tapis végétal se montre plus dru et plus frais, comme rénové. On y trouve abondamment Coronilla montana; Orobus tuberosus, Lathyrus silvestris, Laserpitium gallicum, Laserpitium latifolium, Astrantia major, Leucanthemum atratum, Phleum pratensis, Alopecurus agrestis, Agrostis vulgaris, elc. C’est qu’en effet la pâture est loin d’être immuable ; elle se transforme incessamment. Sur le sommet tondu et pelé du mont Charvais, commune de Saint- Baldoph, l’appauvrissement progressif du tapis végétal, son desséchement prématuré en ontéloigné le bétail, depuis quelques années, durant l’été et l'automne. Cela a suffi pour que des genévriers, des rosiers et des buis aient pris possession de quelques ares de terrain. Alors sont venus le tremble toruleux, étendant au ras du sol ses rameaux noués par la saperde, puis l’'amélanchier et le coudrier. Supprimez entièrement le pâlurage, c’est la brosse édifiée en vingt ans, c’est la forêt créée en moins d’un demi-siècle. Et avec la forêt, c’est l'herbe parfumée revenue dans les vides et les clairières des peuplements défensables ; c’est l’eau rendue à des malheureux qui, pendant les sécheresses, usent leurs nuits pour aller récolter quelques tonneaux d’eau corrompue et homicide dans les marais situés au fond de la vallée. Pour conserver un lieu de promenade à quelques vaches rachitiques et souffreteuses, on laisse le goitre déprimer l’homme et la diphtérie exercer parmi l'enfance ses incessants ravages. Est-ce là le progrès ? Le progrès, nous persistons à le voir dans ces landes de buis et de busseroles qui, jusqu'a 950 mètres, marquent le premier effort de la végélation ligneuse, le premier pas vers l'enrichissement, le verdissement et l’animalisation de la contrée. Comme toujours, à la lande de buis succède la brosse de cornouiller mâle, de coudrier, de viorne, d'amélanchier, de cotoneaster, de groseillier des Alpes, de troène, de cerisier mahaleb et de nerprun, puis la forêt claire de houx, de cytise, d’alisier blanc, d’érables champêtre et de Montpel-

lier, de chêne, de charme et de hêtre,

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!, Mais, s’il faut près de cinquante ans pour édifier cette forêt, L quelques années suffisent, en revanche, pour la détruire. En 1899, la commune d’Apremont (Savoie) demanda et obtint la distraction du régime forestier de deux parcelles situées, l’une au canton de # | Boissonnay, l’autre au canton de Combe Vernaz.

Boissonnay était, dans le bas, à l’état de lande rase, déjà éraillée par les eaux ; dans la partie médiane, à l’état de lande de buis parsemée de fougères et de rares buissons d’épines et de coudriers ; dans le haut, enfin, à l’élat de brosse de chêne, de hêtre, alisier, cytise, châtaignier, amélanchier et érable. Bien que déprimé par la serpette des chercheurs de litière et distendu par le parcours des moutons, tout cela serait parti bien vite, si on l’avait mis à ban.

Combe Vernaz, située plus haut, à 880 mètres, se montrait plus riante encore. Sur un terrain bien consolidé de marno-calcaires du Valenginien, recouverts de 015 à 0"40 de diluvium siliceux et glaciaire, on observait un mélange intime, des plus rares et des plus À curieux, de plantes nettement calcicoles et d’autres calcifuges. | C'était, parmi les herbes, Anthoxantum odoratum, Agrostis vulgaris, Carex humilis, Gentiana lutea, Gentiana ciliata, Coronilla minima, Coronilla maxima, Trifolium rubens, Clinopodiuwm vulgaris, Elleborus fœtidus, Origanum vulgare, Brunella vulgaris, Helianthenum vulgare ; parmi les arbrisseaux el les morts-bois, Buxus sempervirens, CALLuNA vuLGaRis, Arctostaphylos officinalis, GENISTA anGLica, Coronilla emerus. Un taillis simple, évide, mais bien venant, de saule, coudrier, cylise, alisier blanc, érable, chène, charme et châtaignier, surmontait cette végétation basse. Brochant sur le tout, quelques semis naturels d'épicéa pleureur (Picea pendula, Christ.) et de pin à sylvestre trahissaient le voisinage immédiat de la haute montagne. | | Tel quel, ce pré-bois offrait des ressources sérieuses au parcours, et défendait le sol de toute érosion.

En 1896 et 1898, nous voulûmes revoir ces deux cantons abandonnés. Quel changement ! Boissonnay n'offrait plus qu’un sol effrilé et garni d’un court gazon. Par mille plaies béantes les eaux suintaient et donnaient à l’ensemble un aspect ruiniforme lamentable. Ces terres décollées, minées et sans liaison, sont à la merci des grandes pluies, et s’en iront un jour, comme.le firent, en 1878, celles voisines des Côtes, colmater les quais de Chambéry. .

Quant à Combe Vernaz, elle avait mieux résislé ; mais elle avait déjà perdu son manteau forestier, et les arbustes sociaux, cessant d'être refoulés par le couvert, s'étaient mullipliés à l’envi : la

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